Il y a 60 ans au Mans, la course de la mort

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(capture Youtube)

C’est l’un des plus effroyables accidents du sport automobile. Il y a 60 ans ce 11 juin, 84 personnes perdaient la vie sur le circuit des 24 Heures du Mans, lorsqu’une collision entre bolides avait envoyé des débris dans la foule. 120 blessés étaient aussi à déplorer.

Cette année-là, les écuries Jaguar et Mercedes sont favorites. La lutte est acharnée. Déjà quatre heures de course. A 18h25, la Jaguar de Mike Hawthorn devance de peu la Mercedes du légendaire Juan Manuel Fangio. Les deux voitures se suivent. Hawthorn dépasse une Austin attardée, puis lui coupe brutalement la route pour rentrer aux stands ravitailler. La manœuvre surprend le pilote de l’Austin, qui fait un écart. Le pilote français Pierre Levegh, sur une autre Mercedes, a un tour de retard.  Il arrive derrière et ne peut éviter l’Austin, qui va faire office de tremplin. Fangio, lui, passe miraculeusement au travers.

La Mercedes de Levegh décolle, heurte le talus qui contient les spectateurs, explose, et disperse vers les tribunes ses pièces mécaniques et son moteur. Un carnage dans une boule de feu.

Un spectateur témoignera dans « Paris-Match » du vacarme assourdissant, des cris, des gens projetés au sol, les autres qui courent. Quand il se relève, sa chemise en sang, il doit retirer un morceau de cervelle de ses lunettes. Son voisin regardait la course aux jumelles. Elles sont encore autour de ce qui a été son cou. La tête manque. Infirmiers, pompiers et prêtres s’affairent dans le chaos.

Malgré la catastrophe, la direction de course décide de poursuivre l’épreuve. Car l’urgence est de permettre aux secours d’accéder au circuit. Tout stopper aurait eu pour conséquence une fuite désordonnée de la foule, et des routes saturées. Difficile décision.

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Pierre Levegh n’a pas non plus survécu au crash. A 49 ans, il était l’invité de dernière minute, au sein du team Mercedes. La direction avait apprécié son numéro de l’année 1952, ici même. Sur une Talbot, il avait dominé la marque allemande pendant quasiment toute la course, avant finalement de s’incliner sur une casse moteur. Il est enterré au Père-Lachaise, à Paris.

Bien qu’en tête de l’épreuve 1955, l’écurie Mercedes endeuillée a décide de se retirer, laissant la victoire à la Jaguar de Mike Hawthorn. La marque ne reviendra sur un circuit qu’en 2010, en tant que constructeur de Formule 1.

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