Interview, Lizzie Saint Septembre, modèle sombre et chocolat lumineux

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Le coeur en chocolat selon Lizzie Saint Septembre
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Lizzie Saint Septembre, autoportrait en rose

Bonjour, mon nom est Lizzie Saint-Septembre et je navigue dans le milieu de l’art depuis toujours avec une nette préférence pour le côté étrange, sombre, ou différent, des choses. Voir funeste, d’ou ma présence dans le journal du funéraire.

Vous êtes modèle et actrice, d’un côté, et chocolatière, de l’autre. Est-ce une double casquette, ou considérez-vous ces activités différentes comme un art global ?

Même si les thèmes peuvent se révéler proches, ce sont toutes des activités différentes. Chocolatière est avant tout mon métier, donc la majeure partie du temps une contrainte et non un art, mais j’aime réaliser mes propres créations, comme par exemple des crânes, poupées, dents, oreilles, miroirs, etc… tout en chocolat blanc, noir, et au lait. Ou blanc coloré, si nécessaire. Je suis également photographe, principalement autoportraitiste, à mes heures. Et apprentie pianiste.

Vos photos sont sombres, font parfois référence à l’univers du fétichisme, hautement chargées en symbolique. Qu’est-ce qui vous fascine, dans le côté obscur ?

Tout. L’esthétique, la symbolique, les croyances, le mystère. L’absence d’informations concrètes concernant l’au-delà a permis au monde depuis des siècles d’imaginer, d’inventer, de créer des œuvres de toutes sortes sur le sujet. Et de la sont nées des merveilles, toutes plus incroyables les unes que les autres. Fantômes, magie vaudou, danses macabres, les ressources sont inépuisables. La beauté noire de l’univers fétichiste est pour moi une véritable source d’inspiration également, et de fascination.

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Lizzie Saint Septembre, une plastique de rêve dans un univers sombre

On peut y retrouver des similitudes, oui, mais sans aller jusqu’à le qualifier de « gothique ». Je ne revendique aucune appartenance à un mouvement. Je me contente d’être.

Votre univers se rapproche assez des mouvements darkwave, vos photos pourraient illustrer des albums de Das Ich, Sopor Aeternus… Vous vous en inspirez ?

Pas directement, mais peut-être un peu inconsciemment ? Quoi qu’il en soit, ce sont des musiques proches de mon univers, je ne peux nier des points communs, ni mon gout pour le darkwave. D’ailleurs, j’ai failli poser pour une couverture d’album de Sopor.

Vous êtes à la ville très timide, et dans le même temps, vos photos sont parfois dénudées, d’un érotisme troublant. Vous vous faites violence, ou la pose suscite-t-telle un état d’esprit différent ?

Pour moi la timidité et la pudeur sont deux choses parfaitement dissociables. Je ne me transforme pas devant un objectif, je reste moi-même. Simplement, la nudité ne me pose aucun problème et ne me mets pas mal à l’aise (tant que cela reste dans le domaine de l’art, bien entendu), alors que je suis incapable de faire des choses comme prendre la parole en publique, ou même discuter tranquillement au téléphone.

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Lizzie Saint Septembre : Cranes en chocolat

Vous faites également des créations en chocolat, magnifiques d’ailleurs. Est-ce un support qui vous plaît pour des considérations uniquement esthétique, ou est-ce que Lizzie Saint Septembre serait gourmande ?

Je suis chocolatière de profession, et en tant que telle, la première question que l’on me pose est toujours « Tu n’es pas dégoutée du chocolat ? » -Non. Pourquoi ? Je ne connais aucun chocolatier qui n’aime pas le chocolat, nous sommes tous gourmands (d’autant plus que nous avons la chance de déguster quotidiennement du chocolat de qualité, ce qui n’est pas donné à tout le monde). Et ne parlons pas de ceux qui me décrètent anorexique. Mais j’avoue avoir choisi ce métier principalement pour son côté artistique et esthétique.

Comment faites vous, entre l’idée du chocolat et sa concrétisation ? Il doit y avoir une création de moules j’imagine ?

Parfois, le moule existe déjà (trouvé dans le commerce, ou les salons professionnels), mais la plupart du temps je pars d’un objet déjà existant que je modifie plus ou moins pour ensuite créer un moule en silicone. Aussi, un de mes amis qui est sculpteur m’a modelé un cœur humain stylisé (et a moulé mes oreilles-voir photos). Je peux aussi m’amuser à mouler des objets non prévus initialement à cet effet, comme des moules à glaçons (de dentier, de crânes etc…), lorsqu’il m’en tombe un sous la main, je ne peux résister à l’envie d’essayer d’en faire des chocolats.

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Le coeur en chocolat selon Lizzie Saint Septembre

Certaines créations chocolatées sont impressionnantes de solennité, d’autres semblent dégager une certaine ironie… Vous aimez l’humour noir, par exemple ?

J’aime beaucoup l’humour noir. Pour vous donner une idée, ce cœur humain en chocolat évoqué ci-dessus était une création originale spéciale Saint valentin. C’est d’ailleurs mon gout pour l’humour noir qui m’a fait découvrir la page de Funéraire Info, par ces petites images amusantes qui y sont régulièrement diffusées.

Vous jouez également dans des courts-métrages, et des clips vidéo. Quelle est votre actualité en la matière, quels sont vos projets ?

Pas de projets particuliers en vidéo pour le moment, mais le court-métrage « Shelter » réalisé par Jethro Massey devrait être prochainement visible, ou le film « Dégâts des Os » (voir la bande-annonce sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=A5LUrwHCM_o), mais je ne suis pas actrice. Juste amatrice.

Avant-dernière question, justement, quelle question ne vous ai-je pas posée à laquelle vous auriez aimé répondre ?

Je viens de m’apercevoir que j’ai omis d’évoquer mon livre des morts, alors qu’il n’y a rien de plus proche du sujet. Il s’agit d’un petit recueil de photographies réalisées par mes soins, mettant en scènes un certain nombre de mes amis et connaissances, à la manière des photos post-mortem de la fin du XIXeme siècle (encore un sujet passionnant). Edité en novembre 2010, édition limitée, stock épuisé.

Comme de coutume, le mot de la fin est pour vous : que souhaiteriez-vous dire aux lecteurs de Funéraire Info ?

Profitez de la vie.

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