Interview, Ska, un éditeur différent

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Créateurs, en 2003 de la maison d’éditions Krakoen, Max OBIONE et Jeanne DESAUBRY ont transmis leur « bébé », en 2012, à un éditeur classique qui n’a pas pu ou su faire fructifier l’entreprise.

1-logo-ska-blanc-EDITEUR-300x295 Interview, Ska, un éditeur différentKrakoen, c’était une maison d’éditions originale basé sur le système coopératif, privilégiant les auteurs qui participaient à la conception de leurs ouvrages, la ligne éditoriale était axée principalement sur les polars et romans noirs. Mais arrêter l’édition, la création, l’écriture quand on a le virus en soi, c’est mission impossible. Alors nos deux compères vont créer une nouvelle maison d’éditions en 2013…

Mais cette fois encore, ils vont jouer les précurseurs, plutôt que de faire comme la plupart des copains, c’est-à-dire cracher sur le numérique, Jeanne et Max vont eux, faire une boite d’édition tout numérique : Ska éditeur1.

Max et Jeanne sont aussi de grands nouvellistes ; il faut savoir qu’en France, la nouvelle n’a pas la part belle auprès des lecteurs, chose étrange, outre-manche, aux USA, etc. c’est un genre qui marche très bien, chez nous le recueil de nouvelles ne se vend pas aussi bien qu’il le mériterait et c’est bien dommage.

Partant de l’idée que si le recueil ne se vend pas bien, pourquoi ne pas vendre la nouvelle à l’unité… A un prix dérisoire. Une nouvelle, c’est vite lu, le temps d’attente chez un toubib, dans les transports en commun, le midi pendant la pause. A l’heure des smartphones, liseuses et autres tablettes, ils ont tenté le pari, et l’on relevé de belle manière !

Le public est au rendez-vous, et les auteurs aussi, des pointures telles que Franck Thilliez, Paul Colize, Didier Daeninckx, Marie Vindy, Marc Villard, Elena Piacentini, Gérard Streiff, Maxime Gillio, Jean-Marc Demetz, Hafed Benotman et tant d’autres, mais aussi de jeunes auteurs inconnus comme Sullivan Rabastens2.

couv-vu-den-face-copie-2-200x300 Interview, Ska, un éditeur différentEt surtout, les collections, car le secret d’une bonne maison d’édition, c’est la teneur des collections, jugez par vous-même :

  • Noir Sœur : Des polars et des romans noirs sous forme de romans ou de nouvelles.

  • Noir de Suite : Sous la direction de Bernard Vitiello rassemble des novellas noires
    signées d’auteurs différents s’inspirant des mêmes personnages et du même fond d’intrigues criminelles sur le modèle du Poulpe.

  • Perles Noires : Des classiques du polar et du roman noir préfacés par des écrivains contemporains.

  • Perles Roses : des classiques de la littérature érotique préfacés par des écrivains contemporains.

  • Culissime : des nouvelles et des romans érotiques à haute teneur en littérature.
    Dans la grande tradition du genre. Collection destinée à un public averti et consentant, à partir de 18 ans.

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Max et Jeanne

Bref des bonnes lectures en perspective, noires ou roses, selon l’humeur et l’envie, à découvrir rapidement…

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Rencontre avec les compères du noir et du rose.

Sébastien MOUSSE : Bonjour Jeanne, Bonjour Max, comment vous est venue l’idée de ce concept ?

Jeanne Desaubry : La création d’une maison d’édition tout numérique s’inscrit dans une pratique professionnelle établie depuis plusieurs années au fur et à mesure de l’envahissement des écrans dans la vie quotidienne, donc il ne s’agit d’un concept nouveau.

Max Obione : Au lieu de se lamenter au sein du chœur des éditeurs traditionnels devant l’émergence du numérique, on a tout bonnement sauté dans le train en marche de l’édition numérique au lieu de le regarder passer, car nous avions subi les difficultés d’une petite maison d’édition papier et nous avions toujours le virus comme tu l’as dit. Mais nous ne concevions pas l’édition de livres numériques sans éditeur. C’est sans doute cette exigence que tu évoques dans l’idée de concept. L’auto-édition individuelle sur le Web est ultra facile mais dans la quasi totalité des cas, c’est un leurre pour l’auteur, car cette production atomisée disparait dans le « bruit de la toile », et n’offre de surcroît aucune garantie de qualité aux lecteurs.

SM : On croise chez vous Thilliez et Rabastens, déjà deux univers différents, c’est une chose, mais surtout, Franck tout le monde connait, Rabastens, à part ses potes… Pas grand monde. Vous donnez leur chance à des petits nouveaux, et pas un ou deux, il y en a plusieurs, skaéditions se veut découvreur de talents, de nouvelles plumes ?

JD : C’est mon job de direction littéraire de détecter les nouveaux talents, de les accoucher dans bien des cas, car je sens sous la maladresse parfois un vrai tempérament littéraire. De les faire retravailler au besoin, de les révéler comme le font les maisons d’édition en temps normal.

MO : Si l’on est particulièrement fier d’inscrire à notre catalogue des auteurs aux talents reconnus comme tu le soulignes, on est aussi fier de publier de jeunes auteurs qui seront peut être les grands de demain. C’était déjà notre ambition du temps de Krakoen. En tout cas, on leur donne une lisibilité au sein d’un collectif, un vrai gang où s’expriment des solidarités entre auteurs.

SM : Peut-on envisager, un jour, de trouver un recueil du best-off, le noir et le rose, des meilleurs téléchargements en livre papier ?

JD : Nous connaissant, tout est possible dès lors que ça correspond à un besoin. Mais ce ne pourrait pas être SKA le maitre d’œuvre, mais plutôt, dans ce cas Les éditions du Horsain, l’autre maison d’édition strictement papier, créée par l’amicale des anciens de Krakoen (AMIK). Déjà nous effectuons des sorties conjointes du même titre, chez SKA et chez Horsain. Par exemple pour la collection Noir de suiTe. http://horsain.wordpress.com

MO : Nous sommes partisan de la coexistence du numérique et du papier, une juxtaposition complémentaire en fonction de l’usage. Aujourd’hui la concurrence du livre numérique vient bouleverser le paysage éditorial, et c’est la grande peur ou la panique chez certains. Oh là ! gardons notre sang froid ! Nous sommes en train de vivre les premières années de transition, l’étoile de Gutenberg pâlit peu à peu, celle de Jobs brille de plus en plus, alors autant être acteur que spectateur.
A l’avenir, deux supports de lecture vont coexister, le support papier et le support numérique, correspondant à deux pratiques différentes de lecture en fonction des préférences des lecteurs, pouvant au demeurant utiliser alternativement les deux supports en fonction des lieux et des circonstances. En réalité, il s’agit d’une addition des possibles et non l’irrémédiable mort du papier que nous ne souhaitons pas.

SM : Pensez-vous que le concept de Ska, va faire connaitre, vraiment, le genre de la nouvelle en France et le réconcilier avec le lectorat ?

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JD : La nouvelle est un genre qui mériterait une meilleure place dans notre pays, en effet, des initiatives variées sont prises cependant pour la faire connaitre et la valoriser. On s’inscrit dans ce mouvement. Cette prévention à l’égard de la nouvelle est culturelle face à la prééminence du roman long, vanté par les universitaires, les critiques et les marchands. On cite souvent la ritournelle des libraires : « Vous savez, la nouvelle, ça ne se vend pas ! Alors, hein !? » Or c’est le genre roi visant à faciliter l’approche littéraire des écrivains en herbe et des lecteurs ayant un petit appétit de lecture.

MO : Il est indéniable que le format court, donc vite lu, c’est plus confortable à lire sur écran, petit parfois, dans des situations les plus diverses (métro, voiture, avion, plage, etc.), en ce sens la nouvelle se prête parfaitement à ce mode de lecture. SKA est un vecteur parmi d’autres pour promouvoir la nouvelle, mais nous proposons également des romans et des textes inclassables.

SM : Je vous remercie et souhaite longue vie à Ska éditeur numérique !

1 http://skaediteur.net/ et librairie en ligne pour télécharger http://ska-librairie.net

Nos ebooks sont accessibles également sur tous les portails de téléchargement sur Internet.

2 Sullivan est un ami, si vous avez plus de 18 ans, je vous conseille la lecture de sa nouvelle : Vue d’en face, à paraitre en juin. Moi, vous m’connaissez ? Ben j’ai rougi…

Sébastien-MOUSSE-©Selene-de-Condat-252x300 Interview, Ska, un éditeur différent
Sébastien MOUSSE ©Selene de Condat

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