Introduction, transition et conclusion en cérémonie civile

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le crématorium du Pech Bleu, salle de cérémonie 2
le crématorium du Pech Bleu, salle de cérémonie 2

Il n’est pas toujours aisé, pour les jeunes Maîtres de Cérémonie, de s’approprier les formules toutes faites pour certaines parties de la cérémonie. L’objet de cet article est de fournir quelques idées, et les moyens de s’en passer. Paradoxal ? Pas tant que ça…

Appropriation

L’idée que doit retenir avant toute chose un Maître de Cérémonies débutant, c’est que s’il applique la méthode « Inscrivez ici le nom du défunt », il aura raté sa carrière. Lire un texte pré-établi qui ressert d’un défunt sur l’autre pendant trente ans, ce n’est pas faire de la Maîtrise de Cérémonie, c’est faire de la lecture. Un enfant de huit ans est censé y arriver…

A contrario, il n’est pas non plus indispensable d’avoir toute la cérémonie en tête. Si certains n’ont besoin que d’un post-it sur un coin du pupitre, d’autres sont rassurés à l’idée d’avoir un texte sous les yeux, même sans s’en servir.

Mais l’objectif pour un Maître de Cérémonie débutant, c’est d’acquérir l’aisance. Et l’aisance, c’est de maîtriser les articulations de la cérémonie, l’introduction et les transitions. Pas en les connaissant par cœur et en les ressortant sans hésiter, ça, c’est la récitation (les enfants de sept ans le font…) mais en les connaissant assez bien pour pouvoir les modifier à votre guise, voire vous en passer.

Dès le début, il faut se mettre en quête, non pas de choses originales à dire, mais d’une façon différente de les dire. L’idéal est de vous inspirer des anciens, qui sont toujours utiles. Si vous n’en avez pas un sous la main, voici quelques pistes de recherche.

L’introduction

Le standard de l’introduction, c’est :

« Mesdames, messieurs, vous voici tous ici réunis pour les obsèques de Monsieur XXX, qui était un ami, un père, un époux, un grand père » et cetera.

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Il n’existe pas tellement de manières différentes de le dire. Une solution simple, c’est juste d’inverser la présentation :

« Mesdames, messieurs, ses amis, ses enfants, son épouse, ses petits enfants, voisins, collègues, proches, êtes la preuve de l’importance que Monsieur XXX avait dans vos vie. Ensemble, aujourd’hui, à travers les mots, les gestes, la musique, vous êtes venus le lui dire au moment de la séparation… »

Sur papier, ça ne semble pas parfait, pourtant, en cérémonie, ça fonctionne. Mais si cela ne vous plaît pas, tant mieux : l’idée, c’est justement de ne pas apprendre par cœur des formules et de les replacer, mais de chercher les vôtre.

Les transitions

Deux questions que l’on pose, c’est « comment introduire les musiques ? » et « comment introduire les textes ? ». Encore une fois, chacun y trouvera sa réponse. La mienne, sur la musique, est simple : une introduction, pour quoi faire ? Personne, jamais, dans l’assistance, ne s’est rué acheter le CD en sortant de cérémonie. Dans votre introduction, si vraiment le défunt était un collectionneur ou un passionné, vous pourrez dire « Ce sont des chansons de Johnny qui accompagneront Monsieur XXX aujourd’hui, lui qui l’aimait tant » ou quelque chose d’approchant. Mais il ne sert à rien, surtout juste après avoir dit quelque chose de joli ou de profond, de dire « Et maintenant,  »allumer le feu », la chanson de Johnny que XXX aimait tant ». Vous êtes Maître de Cérémonie aux pompes funèbres, pas animateur sur Chérie FM. Ce sont deux métiers aussi estimables l’un que l’autre, mais totalement différents.

Les textes, par contre, peuvent être introduits de façon soignée. Déjà, parce que c’est un moyen discret et efficace d’appeler le lecteur ou la lectrice, ensuite parce qu’ils sont pleins de mots et d’idées, et c’est précisément ce dont vous avez besoin.

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« Et maintenant, Annabelle va lire  »la pièce d’à côté », un texte qui parle de… » est la solution retenue par beaucoup de cérémonies « inscrivez le nom du défunt ici ».

Pourquoi n’essaieriez-vous pas « Nous espérons tous que la mort ne soit rien, juste un bref passage. C’est ce que souhaite dire Annabelle ». Plus élégant, non ? Ne cherchez pas un moyen de décourager la famille de choisir « La pièce d’à côté ». Ce texte fait le désespoir des Maîtres de Cérémonies depuis des décennies.

La conclusion

La conclusion est le moment le plus important et le plus difficile à trouver. Ce sera la dernière phrase marquante, celle qui marquera les familles, imposera votre style, et conclura votre cérémonie réussie.

C’est à vous de la trouver, en vous inspirant de choses entendues ici et là. Tout cela ne se fait pas en une fois, mais en essayant, tâtonnant, écrivant, raturant, adaptant et évoluant. Comme les familles ne sont pas des cobayes, et les obsèques des laboratoires, préparez-vous à passer des heures devant votre miroir et à harceler votre entourage.

Je vous livre ici la mienne :

« La fin de cet hommage n’est pas la fin du chemin. Vous aurez désormais à faire votre deuil. Il ne faut pas en avoir peur : faire son deuil, ce n’est pas remplacer la douleur par l’oubli. Faire son deuil, c’est remplacer la tristesse de l’avoir perdu par la joie de l’avoir connu ».

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