Jack l’Eventreur démasqué par l’ADN ? Encore raté

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Un détective millionnaire vient de décréter avoir découvert l’identité de Jack l’Eventreur. Bravo à lui : c’était bien essayé. Mais c’est un four. Démontage en règle.

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L’assassin de cinq, ou quatre, ou sept prostituées à Londres en 1888 aurait été démasqué : Russell Edwards, aidé par l’expert en analyse génétique Jari Louhelainen, a mené une enquête de sept ans, partant d’un foulard.

Plus précisément un foulard appartenant à Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Eventreur. Ce châle, récupéré par un policier sur place, est resté dans la famille de ce dernier, bien conservé et jamais lavé, jusqu’à ce que Edwards le rachète, en 2007.

Sur le tissu, les deux apprentis détectives Edwards et Louhelainen trouvent des traces de semence humaine, dont ils parviennent à isoler l’ADN. Ils découvrent également des traces de rien humain, appartenant à la victime. Démarre alors une quête auprès de 127 descendants d’autant de suspects, pour les convaincre de se soumettre à une comparaison.

Et le test « matche » : une correspondance est trouvée entre l’ADN du sperme masculin et celui d’un descendant d’Aaron Kosminski : ce dernier est donc, selon Edwards, Jack l’Eventreur. Formidable. Probablement faux, mais formidable.

Pourquoi ce n’est peut être pas lui

Aaron Kosminski a toujours figuré sur les listes de suspects : artisan barbier dans le quartier, d’un profil psychologique « sensible », il a fini en asile psychiatrique, il connaissait très probablement certaines victimes. Ca peut donc être lui.

Comme ça peut ne pas être lui. Il y a 127 « clients » sur la liste des suspects au rôle de Jack l’Eventreur, tous très solides. Il est un parmi d’autres, sans certitude que Jack soit dans la liste.

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Mais, et l’ADN, me demanderez-vous ?

Comme nous le signalait une lectrice, 30 ans après l’affaire Gregory, l’ADN était tellement corrompu qu’on n’a pas pu identifier l’assassin. Alors, 127 ans plus tard…

De surcroit, rien ne permet de situer précisément le châle sur la scène de crime, sauf la parole du policier qui l’a subtilisé. Il a été en contact, à un moment ou à un autre, avec le rein de Catherine Eddowes, soit.

Sur aucune scène de crime, il n’a été fait mention de semence humaine… Quoique, on en a probablement trouvé, les victimes exerçant la profession de prostituée, qui se pratiquait, dans le Londres de 1888, debout contre un mur dans des ruelles sordides. Kosminski était il un client de prostituées ? Certainement. A-t-il été client de Catherine Eddowes ? Tout à fait possible. De là à conclure que c’était lui, Jack l’Eventreur, c’est un bond assez énorme.

D’autant plus que Jack l’Eventreur a déjà été identifié par son ADN par la romancière Patricia Cornwell. Malheureusement, pour elle, aucun doute, c’est Walther Sickert. Si l’ADN a parlé, l’histoire aussi : il n’était pas présent à Londres lors de la plupart des meurtres.

Pendant que Edwards et Cornwell règlent leur différent, rappelons nous que la collecte des preuves ADN fait l’objet, aujourd’hui, d’un protocole très strict, sous crainte qu’elles soient faussées. Alors en 1888, 70 ans avant la découverte de cet ADN…

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