Jim Jones et le Temple du Peuple, suicide collectif au paradis

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La dérive religieuse la plus connue de l’histoire est le fait du révérend Jim Jones, qui voulut combiner religion, communisme, utopie et folie furieuse.

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Jim Jones au milieu d’enfants, photographie extraite d’une brochure du temple

Jonestown

En novembre 1978, le représentant Leo Ryan est envoyé mener une enquête dans la communauté du Temple du Peuple à la suite de plaintes déposées par des proches de membres du Temple, concernant des conditions de vie enfreignant potentiellement les Droits de l’homme et en particulier à cause du fait que le village serait géré comme un camp disciplinaire.

Fondée en 1977, cette communauté religieuse est établie dans la jungle de la République coopérative du Guyana, petit pays localisé au nord de l’équateur mais dans les tropiques. Elle est l’œuvre du Révérend Jim Jones, pasteur protestant et militant communiste. Créant une communauté ouverte tant aux blancs qu’aux noirs, à l’heure ou la ségrégation raciale fait rage, il attire l’attention et la sympathie de nombreux politiques, au nombre desquels Rosalynn Carter, épouse du président Carter.

L’explication tenait peut être aussi aux grosses sommes d’argent que le révérend Jones donnait aux politiques qui le soutenaient lors de campagnes électorales.

C’est lors d’un contrôle fiscal, en 1977, que Jones et les membres de sa secte quittent les Etats-Unis pour le Guyana. Des signes inquiétants commencent déjà à apparaître : Jones commence à cette époque à affirmer qu’il est l’incarnation de Jésus, d’Akhénaton, de Bouddha ou de Lénine et il accomplit de prétendus miracles pour attirer de nouveaux disciples.

Le Temple du Peuple se veut une communauté autarcique et auto-suffisante, toute entière dédiée aux valeurs du communisme et de la Bible tout à la fois, et placée sous l’autorité exclusive de Jim Jones.

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Leo Ryan

L’enquête de Ryan

Le 15 novembre 1978, Leo Ryan arrive sur les lieux accompagné de reporters de NBC et du Time et d’un cameraman. Il passe alors trois jours à interviewer les résidents. Certains membres de la communauté expriment le souhait de ne plus y rester et forment alors ce qui fut appelé « le groupe de Ryan ».

Le matin du samedi 18 novembre, le groupe de Ryan cherche à quitter les lieux lorsqu’un homme de la communauté agresse et blesse Leo Ryan avec un couteau.

Le groupe de Ryan, composé de quinze membres de la communauté ayant demandé à l’accompagner, se précipite alors vers l’avion dans une tentative de fuite. D’autres membres de la communauté fidèles à Jones prennent alors un camion pour rejoindre le lieu du décollage et ouvrent le feu sur le groupe qui commence à prendre place dans l’avion, tuant aussitôt Leo Ryan et 5 autres personnes, avant de retourner au village.

Le massacre de Jonestown

L’avion prend la fuite, et donne l’alerte. Des troupes sont envoyées sur place, et progressent jusqu’à la communauté. Lorsqu’ils arrivent sur place, ce qu’ils découvrent est effroyable : 908 membres de la communauté, dont 300 enfants,sont morts.

La majeure partie des membres a ingurgité un mélange mortel de jus de raisin mélangé à du cyanure et des somnifères. Les enfants se seraient fait injecter le poison en premier. Selon certaines sources, le suicide collectif aurait même été préparé de longue date au cours de simulations appelées « nuits blanches ».

Cependant, un nombre important de corps auraient été découverts tués par arme à feu ou flèches, ce qui laisse planer le doute sur le suicide collectif.

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La cassette contenant le dernier discours de Jim Jones

La cassette de Jones

Jones est retrouvé mort assis sur une chaise, une balle dans la tête, le pistolet à quelques pas de lui sans qu’il ait pu être déterminé s’il s’agissait d’un meurtre ou d’un suicide. Une cassette audio est découverte, semblent être un enregistrement du dernier discours de Jim Jones. Sur la bande audio, Jones dit aux membres de sa communauté que l’Union soviétique, avec laquelle il avait préalablement négocié un exil, ne les accueillerait plus à cause de l’assassinat de Ryan. La perspective était de voir des hommes « parachutés » et « tuer les enfants innocents » ou « torturer les membres de la communauté, les plus âgés ». Dans ces conditions, Jones et d’autres membres de la communauté déclarèrent qu’ils devaient commettre un « suicide révolutionnaire » en buvant un breuvage au cyanure mêlé à des somnifères. Une adepte de la communauté, exprime son désaccord au début de la bande. D’autres membres se mettent à pleurer. Jones leur déclare : « arrêtez cette hystérie, ce n’est pas ainsi que les socialistes et les communistes meurent. Nous devons mourir avec dignité ». Il ajoute alors : « N’ayez pas peur de mourir, la mort est juste le passage vers un autre plan, la mort est une amie ». À la fin de la bande, Jones conclut : « nous commettons un acte de suicide révolutionnaire en protestation contre les conditions de ce monde inhumain »

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En raison de l’état de décomposition avancé des corps quand ils ont finalement été récupérés, de l’impossibilité d’identifier certains d’entre eux et du fait que les familles, par pauvreté ou par honte, ne sont pas venu les réclamer, 408 d’entre eux furent enterrés dans une fosse commune au cimetière d’Evergreen à Oakland.

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