Jules Bonnot et sa bande, les débuts du crime motorisé

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Jules Bonnot

Jules Joseph Bonnot, anarchiste qui a mené un groupe de délinquants, a fait la Une des journaux du début du XXème siècle. Retour sur la Bande à Bonnot, une épopée qui ouvrait le crime à la modernité.

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La bande à Bonnot, caricature

Les débuts d’un criminel

Il est né le 14 octobre 1876 à Pont de Roide dans le Doubs. Son père est forgeron, sa mère décède alors qu’il n’a que dix ans et plus tard son frère aîné se suicide. Le père assume donc seul l’éducation de son fils. Elève paresseux, indiscipliné et insolent, Jules Bonnot abandonne vite l’école. Il entre en apprentissage. Peu motivé par un travail pénible, il se heurte souvent à ses patrons. Son père affaibli par un travail exténuant et de mauvaises conditions d’existence vit au jour le jour. Jules Bonnot ne peut rêver d’un meilleur avenir. A quinze ans, il est déjà condamné pour pêche avec engin prohibé, et en 1895 pour une bagarre dans un bal.

En 1901, après son service militaire, il épouse une jeune couturière. Il trouve un emploi aux chemins de fer à Bellegarde. Il commence à fréquenter les milieux anarchistes, ce qui le fait renvoyer. Connu de tous les employeurs de la région, il ne peut retrouver un emploi : c’est le chômage et la misère.

Il part en Suisse avec son épouse et trouve un emploi de mécanicien à Genève. Ils ont un enfant qui meurt quelques jours après sa naissance. Toujours militant anarchiste, il se fait expulser de Suisse. Il retrouve un emploi à Lyon chez un constructeur d’automobile. En 1904, ils ont un second enfant. Menant des grèves, il doit quitter Lyon et s’installe à Saint Etienne où il retrouve un emploi de mécanicien. Il loge avec sa famille chez le secrétaire de son syndicat qui devient l’amant de sa femme et s’enfuit en Suisse avec elle et son enfant. Jules Bonnot perd une nouvelle fois son emploi. Il part quelques années en Angleterre, mener une carrière de chauffeur, et revient en France en 1910.

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Raymond Callemin, dit « Raymond la science »

Le début de la bande

Il forme peu à peu un un groupe avec des sympathisants anarchistes (dont le belge Raymond Callemin, dit « Raymond la science », et le français Octave Garnier). Tous ont déjà commis des actes de délinquance dans le passé.

Le 21 décembre 1911, Bonnot, Callemin et Garnier braquent un encaisseur de la Société Nationale pour lui dérober sa sacoche et s’enfuient en voiture. Gros coup de théâtre pour la police et la société, car c’était la première fois qu’on utilisait une voiture pour commettre un délit. En outre, Garnier avait tiré sur l’encaisseur qui a été grièvement blessé. Tout ça pour un butin qui s’est avéré bien maigre.

La bande à Bonnot est activement recherchée par la police qui arrête plusieurs complices de la bande, notamment Victor Serge. Ces arrestations provoquent la colère d’autres anarchistes qui rejoignent alors la bande à Bonnot.

La bande enchaîne les braquages de banques, vols de voitures… Tout en tuant des policiers ou civils qui tentent de résister. Le nombre des morts et blessés graves augmentent au fur et à mesure des braquages. Mais à partir du 30 mars 1912 et tout le long du mois d’avril, les arrestations des membres de la bande se multiplient à une vitesse impressionnante. Raymond Callemin lui-même est arrêté le 7 avril.

La fin de Bonnot

Le 24 avril 1912, M. Jouin, chef-adjoint de la Sûreté, découvre Bonnot caché dans une chambre lors d’une perquisition et se fait abattre. Néanmoins, il a eu le temps de blesser son adversaire avant de mourir et Jules est contraint d’aller se faire soigner chez un pharmacien. Celui-ci ne croit pas les mensonges de Bonnot et s’empresse d’alerter la police. Traqué de partout, Jules se cache dans une maison de Choisy-Le-Roi. La police encercle sa cachette. L’armée elle-même s’en mêle et un troupeau de curieux viennent assister au spectacle de la fusillade. De temps en temps, Bonnot tente de leur tirer dessus, mais ils sont trop nombreux et ils ripostent en conséquence. Par miracle, il n’est d’abord pas touché. Il profite d’ailleurs d’une accalmie pour rédiger son testament.

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Finalement, les policiers décident de faire sauter la maison. Grièvement blessé par l’explosion à la dynamite, Jules parvient tout de même à résister à coup de revolver mais il tombe sous les balles des policiers. Il décède peu de temps après son entrée à l’hôpital le 28 avril 1912, à l’âge de 36 ans.

Après la mort de Bonnot, les seuls membres de sa bande en liberté sont Valet et Garnier. Ils meurent de la même manière que leur leader, encerclés par la police dans une ultime bataille.

Dans la bande, Callemin, Monnier, Soudy et Dieudonné sont condamnés à la guillotine, mais Dieudonné a vu sa peine se commuer en travaux forcés à perpétuité. Victor Serge, lui, est condamné à 5 ans d’emprisonnement.

 

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Sir Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes, eut Bonnot comme chauffeur

L’anecdote

En 1925, Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes, visite à Lyon le musée du crime ouvert par Raymond Locart, grand criminologiste. Passant devant une photo, Conan Doyle s’exclame « Mais, c’est Jules, mon chauffeur ! ». L’anarchiste conduisit la voiture de l’écrivain durant l’année 1909.

 

 

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