L’arctique est leur cimetière : l’expédition Franklin (1/2)

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En 1845, deux navires commandés par le capitaine John Franklin, quittent l’Angleterre à la recherche du « passage du Nord-Ouest » en Arctique. Depuis 170 ans, une question reste posée : où sont passés les deux navires ?
640px-John_Franklin-268x300 L'arctique est leur cimetière : l'expédition Franklin (1/2)
Sir John Franklin
Le Commandant Franklin

Sir John Franklin est un véritable héros de l’Empire britannique. Né en 1786, il commence sa carrière maritime en 1800, comme mousse. Brillant, audacieux, il ne lui faut que quelques années pour passer lieutenant et s’illustrer, en 1805, à la bataille de Trafalgar. Le Grand Nord le fascine: il va en devenir un spécialiste.

De 1819 à 1827, il explore l’Arctique canadien au nom de Sa Majesté. Avec George Vancouver, c’est lui qui a cartographié la plus grande partie de la côte arctique. A la voile, bien sûr, mais aussi à pied, longeant les fleuves jusqu’aux mers glacées. Un explorateur hors de pair. A une époque où le mot n’était pas encore galvaudé, toujours synonyme de monde inconnu, de danger et de gloire. De drame, parfois. En 1822, seuls quatre marins accompagnent encore Franklin à la fin d’une mission. Au départ, ils étaient 22.

En 1829, l’Empire reconnaît sa dette: l’ancien mousse, devenu commandant, est anobli. On l’appelle désormais sir John. La région polaire n’a pourtant pas livré tous ses secrets. En 1844, les Britanniques décident de s’attaquer une fois encore au fameux passage du Nord-Ouest.

Le passage du Nord Ouest

Le passage du Nord-Ouest est le passage maritime nord, d’environ 1 500 km de long, qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en passant entre les îles arctiques du grand Nord Canadien. Les diverses îles de l’arctique canadien sont séparées les unes des autres et du continent américain par une série de chenaux, plus ou moins profonds, collectivement appelés passage du Nord-Ouest. Ce passage n’est praticable que pendant le court été arctique car pris par les glaces le reste de l’année.

C’est en 1490 que le navigateur Jean Cabot émet l’hypothèse d’un passage vers l’Orient par cette voie. Durant près de trois cents ans, plusieurs explorateurs vont chercher ce passage au prix de pertes humaines et de naufrages, mais ces expéditions permirent de connaître les îles arctiques. C’est le Norvégien Roald Amundsen qui fut le premier à franchir le passage entre 1903 et 1906.

Erebus_and_the_Terror_in_New_Zealand_August_1841_by_John_Wilson_Carmichael-300x201 L'arctique est leur cimetière : l'expédition Franklin (1/2)Les bateaux

L’expédition est composée de deux bateaux, le HMS Erebus, commandé par Franklin, et le HMS Terror dont le capitaine est le commandant en second de l’expédition, le Capitaine Crozier. Le HMS Erebus de 378 tonnes et le HMS Terror de 331 tonnes, qui avaient déjà montré leur capacité à naviguer dans le pack, sont renforcés et équipés des dernières inventions disponibles. Le moteur à vapeur de l’Erebus vient de la ligne de chemin de fer entre Londres et Greenwich et celui du Terror vient probablement de la ligne entre Londres et Birmingham. Ils permettent aux navires de faire du 4 nœuds sans l’aide du vent.

Les autres technologies de pointe mises à disposition incluent des renforts pour la coque sous forme de lourdes poutres et de plaques de fer, d’un dispositif interne de chauffage à vapeur pour le confort de l’équipage, de gouvernes de direction à hélices métalliques qui peuvent être protégées des dommages de la glace, d’une bibliothèque de plus de 1 000 livres par navire, et d’environ trois ans de conserves alimentaires.

Ces dernières sont fournies par un marchand ayant largement cassé ses prix, Stephen Goldner, qui a obtenu le contrat le 1er avril 1845, c’est-à-dire seulement sept semaines avant le départ de expédition. Goldner travaille dans la précipitation pour produire les 8 000 boîtes de conserve, dont il sera plus tard prouvé qu’elles ont été soudées au plomb et présentaient « des soudures épaisses et mal faites, qui avaient coulé à l’intérieur comme de la cire fondue ».

Départ

Le 19 mai 1845, le HMS Erebus et le HMS Terror quittent l’Angleterre pour un voyage de trois ans en quête du Passage du Nord Ouest. A leur bord, 110 hommes d’équipage et 24 officiers. Deux hommes quittent l’équipage en abordant côte Ouest du Groenland.

L’expédition est vue pour la dernière fois par des Européens, au début d’août 1845, lorsque les capitaines Dannett et Robert Martin des baleiniers Prince of Wales et Enterprise rencontrent l’Erebus et le Terror en mer de Baffin, qui attendaient de bonnes conditions pour traverser le détroit de Lancaster.

(à suivre)

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