La cérémonie d’obsèques civiles, espace de création (1/2)

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Tout ce qui évoquera le souvenir du défunt devient un atout pour le Maître de Cérémonies
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Tout ce qui évoquera le souvenir du défunt devient un atout pour le Maître de Cérémonies

Maître de Cérémonies est un vrai métier, rendu difficile, lors des hommages civils, par l’absence de référent religieux. Et si ce manque devenait un atout ?

Une question de références

Le rôle de l’officiant religieux, quelque soit le culte, est extrêmement simple : toutes les religions sont basées sur le postulat d’une vie après la mort, que ce soit à un paradis ou la réincarnation, et le discours convenu est le placement de la foi dans l’accès du défunt au meilleur de cette après-vie. Sans formuler aucunement la possibilité que ce ne soit pas le cas. On attend d’un prêtre qu’il dise « Seigneur, accueille le près de toi », mais l’on s’offusquerait d’entendre « Seigneur, ne le laisse pas croupir trop longtemps au purgatoire ».

Tout est donc convenu : l’on prie pour que le défunt ait accès, non seulement à une après vie, mais à une après-vie agréable et joyeuse, même si l’on ne sait pas exactement en quoi elle consiste. Difficile de s’imaginer que le Paradis n’est qu’un lieu semblable à celui ou nous vivons, à la seule différence qu’on ne s’ennuie pas le dimanche après-midi.

L’inconvénient vient surtout du fait qu’il est difficile de se renouveler. De nombreux Maîtres de Cérémonies avec convoi religieux s’amusent à réciter, au fond de l’église, les mots des prêtres avant même que ces derniers les aient prononcés. Pour beaucoup, ils savent à la minute près combien de temps durera la cérémonie.

En langage moins diplomatique : c’est toujours la même chose.

Liberté, j’écris ton nom sur une page blanche

Le Maître de Cérémonies civile n’a pas cette contrainte. Certains le voient comme un avantage, d’autres comme un inconvénient. Balayons d’emblée les textes pour cérémonies établis par certaines sociétés de pompes funèbres avec un blanc pour le nom du défunt : les « maîtres de cérémonies » qui s’en servent ne méritent pas leur titre. Si les familles s’éloignent du carcan de la cérémonie religieuse, immuable, toujours identique à la précédente, ce n’est pas pour qu’on leur propose une cérémonie civile immuable et identique à toutes les autres.

Il appartient au Maître de Cérémonies de donner tout son sens à celle-ci, en la personnalisant au maximum et en offrant à la famille un résultat réellement évocateur du défunt.

De l’art d’encadrer une cérémonie

Quel est le point commun entre un tableau classique, disons La Joconde, et une toile contemporaine, au hasard, Guernica ? La couleur, les détails ? Non, non et non : le cadre. Tous les deux sont exposés dans un cadre, simplement parce que le public, lorsqu’il va dans un musée, s’attend à voir le tableau encadré.

Une cérémonie civile, aussi, doit avoir un cadre. Il est constitué des éléments indispensables. Dans beaucoup de régions, le défunt fait son entrée dans la salle après le public, et en ressort avant, par l’ascenseur du crématorium, par exemple, ou par une cloison escamotable. Ceux qui ont eu l’occasion de comparer cette pratique avec celle qui consiste à laisser le cercueil dans la salle jusqu’à ce que le public soit sorti en conviendront : l’assistance met beaucoup moins de temps à sortir dans le premier cas, et ce qui s’ensuit (crémation ou inhumation) a beaucoup moins de chances de prendre du retard.

C’est l’étape de contrainte : avant de recevoir la famille, de définir avec elle le contenu de la cérémonie, de planifier des interventions ou des événements originaux, il faut se pencher sur le planning, prendre ses renseignements, pour savoir précisément de combien de temps et de quelles infrastructures on dispose. Il n’y a rien de pire que de proposer quelque chose pour devoir expliquer ensuite que finalement, on ne peut pas, ou qu’un directeur de crématorium qui entre dans la salle pour dire, discrètement, au Maître de Cérémonies que c’est trop long, qu’il a besoin de la salle ou que l’on a pris trop de retard et que la crémation est reportée au lendemain. Le directeur de crématorium est parfaitement dans son rôle à ce moment là : il a d’autres familles qui attendent derrière, et ce n’est pas à elles de subir si le Maître de Cérémonies a mal fait son travail.

Enfin, il fait faire la nuance entre proposer quelque chose de personnalisé, donc original, et bousculer pour bousculer. Si l’assistance a l’habitude de voir le cercueil entrer après elle, il est inutile de l’exposer avant, afin que le défunt les accueille : cela risque de choquer, manquera de solennité, et surtout, ne servira à rien d’autre qu’à déstabiliser pour déstabiliser.

Une fois ce cadre déterminé, c’est la créativité du Maître de Cérémonies qui prend le relais. On peut déterminer l’élaboration de la cérémonie par ces étapes : écouter – se fixer des objectifs – établir le plan.

Ces étapes, nous les détaillerons dans la seconde partie de cet article, demain après-midi, sur Funéraire Info.

1 commentaire

  1. […] La première partie de l’article est ICI #Cérémonie #civile #Crématorium #Défunt #hommage #Maître de cérémonies #Obsèques #personnalisé Tweet Share Related PostsL’urne de pépé est au chaud sur la cheminée, la (mauvaise) humeur du Week-end interview : Homimage, réalisateurs d’hommage Pierre Mauroy, le coeur à gauche et son âme à Dieu Cimetières : ossuaires et exhumations […]

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