La Marque des Anges, en Grangé les critiques

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"Eh, Gégé, ils paraît qu'ils parlent de nous dans Funéraire Info" "D'accord, mon petit Joey, on ira jeter un oeil après le déjeuner"

la-marque-des-anges-miserere-26-06-2013-1-g La Marque des Anges, en Grangé les critiquesEntre deux films de zombies ou une poignée de polars sordides, notre service culture a parfois le temps de voir un film français. Rapport circonstancié.

20503559anges-300x196 La Marque des Anges, en Grangé les critiques
"Eh, Gégé, ils paraît qu'ils parlent de nous dans Funéraire Info" "D'accord, mon petit Joey, on ira jeter un oeil après le déjeuner"

Et Grangé, une histoire

On n’a pas de mal, lorsqu’on se pique d’écrire à son petit niveau, à imaginer les séances de brainstorming que le romancier Jean-Christophe Grangé s’impose pour écrire une nouvelle histoire. Il faut des méchants « Bon, alors, il me faut un truc que les gens aiment pas et qu’ils reconnaissent tout de suite. Tiens, les nazis, c’est bien, ça, les gens aiment pas les nazis, beurk, parfait », des gentilles victimes « ensuite, ils aiment quoi, les gens ? Les enfants ? Ben oui, tout le monde aime bien les enfants, c’est parfait, les enfants » et des gentils sauveurs « des flics, c’est parfait, ça, des flics, les gens aiment bien les flics quand ils mettent pas des PV. Alors, tiens, on va mettre un vieux sage mais têtu, et un jeune foufou mais qui admire la sagesse, finalement. Au début ils s’aimeront pas trop, mais à la fin ils seront copains. » Reste plus ensuite qu’à mettre en forme « Ca devrait être torché en une semaine, ça ». Et voilà, un best-seller du patron du thriller à la française, soit frilleur, ce qui est un tantinet ridicule.

En même temps, ne jetons pas la pierre à Grangé : son métier est plus près de celui de l’animateur Arthur que de Victor Hugo. Il fabrique du divertissement à la chaîne, sans se soucier de littérature. C’est pour des gens comme lui qu’on a inventé la tablette numérique : lorsqu’on abat un arbre pour imprimer un bouquin de Grangé, mon cœur se serre.

En Grangé, des millions

En plus de ses droits d’auteurs substantiels sur ses ventes colossales, Jean-Christophe Grangé accepte régulièrement de toucher un gros chèque en échange de l’adaptation d’un de ses livres au cinéma. C’est le cas de Miserere, rebaptisé « La marque des anges », un film de Sylvain White, réalisateur français repéré par les américains, qui lui ont confié le troisième épisode de la franchise « Souviens-toi l’été dernier », une parfaite école pour larbins de producteurs. Il se retrouve donc à la tête de cette coproduction franco-belge, dont on se demande si c’est Depardieu qui a insisté pour y associer le Plat Pays, avec donc notre Gérard ex-national, mais aussi JoeyStarr, rappeur turbulent dans la vie devenu policier à l’écran. Comme quoi, hein.

Quelques guests font leur apparition. Thierry Lhermite vient y compléter ses points de retraite, et, bien consciencieux, essaie désespérément de sauver un rôle mal écrit, Héléna Noguerra y tient le rôle de la jolie fille de service, Marthe Keller y déploie son élégance naturelle, et Monsieur Richard, de la publicité Renault, s’y retrouve brièvement en prêtre trucidé. A noter la présence de Claire Chazal, en présentatrice du journal télévisé, au cachet bien amorti par les nombreuses présences à l’écran.

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"Ta's vu,n Gégé, ils n'y vont pas de main morte, à Funéraire Info, quand même !" "T'inquiètes, mon petit Joey, ils disent que nous on est bon, le reste, on s'en fout. Allez, viens, on ve prendre l'apéro"

Bon, mais ça donne quoi ?

Cette histoire de secte nazie protégée par les plus grands gouvernements de la planète contre laquelle se battent un vieux flic à la retraite qui ne se remet pas de son veuvage et un plus jeune flic d’Interpol traumatisé par une enfance difficile se laisse voir sans peine, si l’on passe outre les nombreuses incohérences du scénario, dues au bouquin de Grangé.

Depardieu montre que, lorsqu’il se décide à être sobre, du point de vue de l’interprétation, bien entendu, il est un grand acteur à la réputation méritée, et JoeyStarr que ce que l’on soupçonnait depuis Polisse : les rôles de policier à la limite du point de rupture qui rumine toute la noirceur du monde lui vont comme un gant. Les acteurs y sont tous très bon, comme la réalisation, tout le monde semblant essayer de faire son maximum pour faire tenir la guignolerie de Grangé. Claire Chazal, dont le JT tient lieu de Deus Ex Machina explicatif, semble s’amuser comme une folle.

Bref, on passe un bon moment devant cette Marque des Anges, un film parfait pour meubler des après-midi pluvieuses ou de mornes soirées.

Actuellement au cinéma

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