La (mauvaise) humeur : et si on euthanasiait l’euthanasie ?

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representant-peuple-konk La (mauvaise) humeur : et si on euthanasiait l'euthanasie ? L’euthanasie, en France, c’est un peu le Monstre du Loch Ness : on en parle régulièrement, mais personne ne se décide à dire une fois pour toute que ça n’existe pas. Le président de la république en a encore fait la preuve…

Après qu’un rapport lui ait été remis, hier, pas le Comité consultatif d’éthique, recommande de ne pas légaliser ni l’euthanasie, ni le suicide assisté. Le Président de la République a pris acte, ajoutant qu’après le débat, une loi serait proposée, à la fin de l’année.

Il est permis de poser, à ce propos, quelques questions :

Quel débat ?

Le débat sur la légalisation ou non de l’euthanasie fait vendre du papier depuis trente ans en France. Mais un débat formel, débouchant sur une proposition de loi, soumise au vote, n’est pas actuellement en cours. Qui va y prendre part, et surtout, quel sera le pouvoir de décision du peuple ?

A la fin de l’année ?

Sachant que la fin de l’année se situe un peu avant la trêve des confiseurs, qu’aucun débat digne de ce nom ne peut avoir lieu en juillet-août, que la rentrée sera obnubilée par… la rentrée, cela laisse trois mois, de mi septembre à mi décembre, pour débattre, élaborer une loi et la présenter au parlement. Trois mois pour résoudre un problème que l’on pose depuis trente ans sans que personne n’ai eut le cran de trancher. Le tout, sans se doper…

Une loi, pour quoi faire ?

Et, à ce propos, pourquoi une loi ? Il y a déjà la loi Leonetti, excellente et complète au demeurant, qui trouve un juste milieu en interdisant l’euthanasie active tout en réglant le problème de l’acharnement thérapeutique. Le problème, c’est que les patients ne la connaissent pas, et que les médecins ne l’appliquent pas. D’ou cette double question : pourquoi ne pas faire appliquer la loi Léonetti, et, second corollaire, si on n’en est pas capable, pourquoi voter une autre loi, que l’on ne sera pas capable non plus de faire appliquer ?

Pourquoi s’offusquer ?

Cette petite montée de colère est bien légitime : l’on sait qu’à la rentrée, du temps de parole, du temps d’occupation du personnel politique sera mobilisé, pour une loi qui n’est pas urgente, puisque, répétons-le, la loi Léonetti est tout à fait bien conçue, son seul problème étant que personne ne sait ce qu’il y a dedans sous prétexte que personne ne sait qu’elle existe. Alors que les budgets explosent, que le chômage bat chaque jour un nouveau record, que le pays se paupérise, il y a peut-être plus urgent à faire.

Si, comme je le crains, le président le plus impopulaire de la Cinquième République compte sur ce débat pour détourner l’attention des sujets brûlants, c’est peut être son mandat qu’il faudrait songer à euthanasier.

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