La mort et l’art : La pie sur le gibet

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Pieter Bruegel l’Ancien est une des quatre grandes figures de l’école Hollandaise. La Pie sur le Gibet est une oeuvre-testament, qu’il légua d’ailleurs à sa femme, peint un an avant sa mort.
L’oeuvre et son contexte

Bruegel peint un extraordinaire paysage où le monde infini se fond dans les subtiles nuances de l’atmosphère. Il suit en cela la voie ouverte quelques dizaines d’années plus tôt par Joachim Patenier ( 1480-1524). Celui-ci, premier à se poser comme spécialiste du paysage, donne priorité à la nature sur la scène religieuse. Mais à la différence de Patenier, Bruegel ne traite pas le paysage de façon analytique.

La pie représentait les mauvaises langues, bonnes pour le gibet.
Bruegel a peut-être pensé aux délateurs encouragés par le duc d’Albe dans son édit de 1566, afin qu’ils dénoncent les « prédicants » enseignant le protestantisme dans le pays.

La petite taille des villageois donne l’échelle et renforce l’effet grandiose du paysage. C’est le détail qui valorise l’ensemble. Le peintre a déjà utilisé ce procédé : La Tour de Babel en est un bon exemple.

L’auteur

Pieter Bruegel l’Ancien (Brueghel, près de Breda, v. 1525 – Bruxelles, 1569) est un peintre flamand. La biographie de Pieter Brueghel l’ancien est extrêmement lacunaire et en l’absence de sources écrites, les historiens en sont souvent réduits aux hypothèses..
La première date connue avec certitude est 1551, lorsque le nom de « Peeter Brueghels » apparaît dans les liggeren (registres) de la Guilde de Saint-Luc à Anvers où il a été reçu comme maître. Il fut l’élève de Pieter Coecke van Ælst, artiste cultivé, doyen de la guilde des artistes, à la fois peintre et architecte. En 1552, il fit un voyage en Italie, poussant jusqu’à Rome où il est possible qu’il ait travaillé avec le miniaturiste Giulio Clovio. Le Port de Naples, le décor de La Chute d’Icare et du Suicide de Saül ainsi que quelques dessins témoignent de son périple.
Entre 1555 et 1563, il est établi à Anvers et travaille pour l’éditeur Jérôme Cock. A partir de 1559, il simplifie son patronyme, signant ses œuvres Bruegel au lieu de Brueghel. À Anvers, il fréquente un cercle d’artistes et d’érudits humanistes notamment le mécène Nicolas Jonghelinck qui possédait seize de ses œuvres.

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En 1562 il s’installe à Bruxelles et c’est à l’église Notre Dame de la Chapelle qu’il épouse en 1563 « Mayken cocks », fille de son maître Pieter Coecke van Ælst.
En 1564 naît le premier de ses fils, Pieter Bruegel le Jeune, dit Bruegel d’Enfer. La situation politique et religieuse en Flandres se dégrade. En 1567 le Duc d’Albe entreprend une campagne de répression sanglante contre les rebelles, et c’est l’année même de l’exécution des comtes d’Egmont et de Horn que naît en 1568 son second fils, Jan, dit Bruegel de Velours. Il semble certain que Bruegel l’Ancien ait reçu la protection du gouverneur des Pays-Bas espagnols, Perrenot de Granvelle, collectionneur de ses œuvres.
Il meurt en 1569 et est enseveli à Notre Dame de la Chapelle à Bruxelles

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Ou voir l’oeuvre ?

Le tableau est conservé au Musée régional de la Hesse à Darmstadt en Allemagne.

Hessisches Landesmuseum Darmstadt
Friedensplatz 1
64283 Darmstadt

Site internet du musée : www.hlmd.de/

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