La mort et l’art : La Porte du Cimetière

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Pour entrer quelque part, il faut passer par la porte, ou le portail. Quoi de mieux pour entrer dans notre nouvelle série « la mort dans l’art » que le Portail du Cimetière de Caspar David Friedrich ? Rien, assurément.
L’oeuvre et son contexte

Ce tableau représente l’entrée du cimetière Trinitatis de Dresde. Sur les piliers de l’entrée, on peut apercevoir un couple éploré, et, plus loin, une tombe ouverte qui semble de taille réduite. L’oeuvre évoque le deuil des parents après la mort d’un enfant. Les parents se tiennent à l’extérieur du cimetière, la tombe contenant le corps de leur enfant à l’intérieur : la mort sépare et le terrain du cimetière n’est pas pour les vivants. On notera également les piliers, qui écrasent complètement les silhouettes des parents : la stature de l’inéluctable domine les vivants.

Le tableau serait une œuvre inachevée. Friedrich a alors une maladie cérébrale qui l’emportera. C’est à cette époque que le thème des cimetières apparaît sans son œuvre.

L’auteur

Caspar David Friedrich, né en 1774 en Allemagne, est un peintre emblématique du romantisme allemand du XIXe siècle. Touché par la mort de plusieurs membres de sa famille alors qu’il est encore très jeune – sa mère et sa soeur en 1781, son frère en 1787 et sa seconde soeur en 1791 -, il se lance dans la peinture comme exutoire de ces sombres années, lors desquelles la mort apparaît comme l’un des thèmes les plus présents au sein de son oeuvre.

Caspar David Friedrich étudie tout d’abord de 1794 à 1798 à l’Académie royale de Copenhague, où il est très fortement influencé par la mythologie nordique dans ses travaux. Par la suite, il devient paysagiste à Dresde. Mais la simple étude de la nature ne l’intéresse pas, et il essaie d’insuffler à ses tableaux une signification spirituelle et mystique. Le peintre approfondit ses recherches à travers une correspondance abondante avec le philosophe Goethe, qui l’inspire grâce à son « Traité des couleurs » publié en 1810. Son tableau le plus connu est « Le Voyageur contemplant une mer de nuages », daté de 1818, représentant un homme en costume de ville, vu de dos, qui se tient au sommet d’un rocher face à un vaste paysage brumeux et montagneux.

Caspar David Friedrich devient membre de l’Académie de Berlin, et rencontre dans cette ville un grand succès, bien que de courte durée. Il tombe malade en 1824, et son état ne fera que s’aggraver, faisant du peintre un grand solitaire. Ses thèmes de prédilection, la nature et la mort, lui resteront jusqu’à sa propre fin en 1840.

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Ou voir l’oeuvre ?

A la Galerie Neue Meister (galerie des nouveaux maîtres) à Dresde en Allemagne

Galerie Neue Meisters

Staatliche Kunstsammlungen Dresden
Residenzschloss
Taschenberg 2
D-01067 Dresden

Site du musée : www.skd.museum

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