La mort selon les religions : les catholiques

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Connaître les religions est indispensable à l’exercice du métier des pompes funèbres : Que l’on partage ou non les croyances du défunt dont l’on s’occupe et de ses proches, il n’est pas possible de respecter leurs volontés sans un minimum de savoir préalable. Nous nous lançons, cette série d’été pour approfondir ces connaissances, en expliquant la mort, et ce qui se passe après, du point de vue des religions majeures. Au pire, si vous ne trouvez pas d’utilité à tout cela d’un point de vue professionnel, cela enrichira votre culture générale. Aujourd’hui, les catholiques et la mort.

34524632dieu-jesus-et-l-esprit-saint-jpg-272x300 La mort selon les religions : les catholiquesSelon la conception catholique de la mort, l’individu est constitué de deux choses : le corps, qui est mortel, et l’âme, qui ne l’est pas. Au décès, l’âme rejoint directement Dieu. Le corps, quand à lui, ressuscitera à la fin des temps, victoire de la vie, et donc de Dieu.

L’âme se trouve immédiatement mise en présence de Dieu, et le voit tel qu’il est. Contrairement à la théologie médiévale, il n’est pas question ici de Saint Pierre qui garderait la porte du Paradis et ferait office de videur à l’entrée, pas plus que d’une hypothétique sentence.

Dans la théologie catholique pure, l’âme se trouve en présence de Dieu, et elle choisit elle-même son sort. Trois choix sont possibles : soit l’âme est pure, et dans ce cas, elle choisit de rester auprès de Dieu pour attendre le jugement dernier. Soit l’âme est tourmentée et se trouve indigne de rester auprès de la pureté absolue de Dieu : dans ce cas, elle se retire d’elle-même au purgatoire. Le purgatoire est un lieu abstrait, ou l’âme est privée de la vision de Dieu et de sa pureté., ce pour quoi elle ressent manque et regret. Elle se livre là à une autocritique et une expiation, jusqu’à ce qu’elle soit assez pure pour retrouver Dieu.

Enfin, une âme peut avoir une aversion pour Dieu, le poids de ses péchés en tant que mortel ne lui permettant pas d’accepter Dieu et la pureté. Elle choisit alors de rejeter Dieu pour ne pas renier le mal qu’elle a commis. Cette âme se trouve alors en enfer, non pas un lieu, mais un état d’esprit, si l’on ose dire, ou elle se retrouve pour l’éternité, ressassant le mal qu’elle a pu faire et le plaisir ou le bénéfice qu’elle a pu en tirer. Le mal vient du fait que l’âme choisit de renoncer à Dieu, en dehors de toute ignorance ou incompréhension terrestre, qui peuvent être purgées au purgatoire. L’on peut le définir par la nuance : « Je regrette de ne pas voir su que Dieu existe » qui mène au purgatoire, puis au paradis, et « Je regrette que Dieu existe » qui mène à l’enfer.

L’eschatologie catholique est la branche de la théologie qui étudie les morts. Les morts ? Oui, parce qu’il en existe de trois sortes : les morts d’individus, les morts de civilisations, et le jugement dernier, la mort du dernier homme sur terre. C’est l’eschatologie qui fait évoluer la perception que l’église a de la mort, en confrontant la science et la philosophie à l’interprétation des écritures.

La mort selon les catholiques n’est donc pas une chose si terrible que cela, pour toute personne décidée à faire humblement son autocritique.

Mais, et le jugement dernier ? Loin d’être la vision d’apocalypse donnée au moyen âge, il prendrait, d’après les dernières recherches théologiques, la forme d’une réunion collective ou Dieu en personne proclamerait les mérites et bienfaits de chacun.

La semaine prochaine : la mort chez les Juifs.

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