La Toussaint chinoise : entre tradition et technologie

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Effigie en papier Lamborghini - Capture écran thestar.com

Le 4 avril dernier en Chine se tenait la fête des morts : Qing Ming. Comme notre fête des morts française, c’est l’occasion de rendre hommage aux défunts mais aussi de faire l’entretien de leurs tombes. Dans ce pays aux traditions ancestrales, la technologie s’est immiscée dans la mort.

Entre tradition et technologie

La Chine, c’est d’énormes problèmes de places dans les cimetières, et ailleurs. En constante quête de terrains pour l’agriculture et la construction, la Chine préfère que ces terres ne soient pas consacrées à l’inhumation des défunts. A tel point que le gouvernement a rendu obligatoire la crémation comme mode de sépulture en ville.  Elle avait d’abord été encouragée en  1956, à l’appel du fondateur du pays communiste Mao Tsé-toung.

Si la pratique s’est généralisée, elle s’est aussi peu à peu imposée dans les campagnes, où des personnes âgées sont allées jusqu’à se suicider avant que ne passent des décrets obligeant la crémation dans leurs bourgades.

Avant, les urnes rejoignaient un cimetière, disposées sous un monument cinéraire. Mais depuis peu, les autorités prônent également l’absence totale de tombe, offrant aux familles une plaque avec un QR code, leur permettant de se recueillir sur un espace virtuel. Les cendres sont alors inhumées dans une urne biodégradable.

Ces cimetières virtuels, tout comme les services en ligne aux familles explosent depuis peu. Entre la « location » de pleureuses, parfois mal vues ; et les services d’entretiens de tombes à distance, la Chine oscille entre traditions funéraires ancestrales et nouvelles technologies.

Avec l’écologie en toile de fond

Les funérailles chinoises sont de plus en plus règlementées, et par souci écologique, le Parti Communiste entend bien encourager ces mémoriaux en ligne.

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C’est que le Qing Ming pollue ! En effet dans la tradition chinoise, on brûle de l’encens et du papier à l’effigie d’objets du quotidien sur les tombes afin de s’attirer la bonne fortune. Ces répliques en papier dont les aspects ont également évolués, tendant eux-aussi vers la technologie : ils représentent des téléphones portables ou des tablettes, des CD, des montres … Les plus fortunés en commandent de très grands et personnalisés : Lamborghini taille réelle (photo de une), yatch …

papier-brûler-bbc-.com-image-capture-écran La Toussaint chinoise : entre tradition et technologie
Papier à brûler – image capture écran bbc .com

Mais ces hommages polluent  l’air durant la semaine de la fête des morts et provoquent des retombées de cendres. A tel point qu’un temple bouddhiste de Singapour a interdit que soient brûlés les répliques de papiers de type « coffre aux trésors » : de grandes boîtes en papier, contenant des répliques en papier…

A l’inverse de la France où la destination des urnes a été récemment revue, la Chine encourage les mémoriaux virtuels, la conservation de l’urne au domicile, ou la dispersion partout tant qu’il n’y a plus de lieu de recueillement physique. Si les jeunes générations familières d’internet semblent propices à un nouveau deuil virtuel, les plus anciennes bloquent. Mais le gouvernement saura faire plier tout le monde : on le soupçonne à demi-mots d’avoir fait détruire 400 000 tombes en 2012 dans le centre du pays.

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