La vie funéraire au pays de Dracula, voyage en Roumanie (2/2)

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Image : copyright SimonDaval.fr

Seconde et dernière partie de l’exploration des pratiques funéraires Roumaines par notre correspondante Marie, qui es rentrée saine, sauve et enthousiaste au pays. La première partie se trouve Ici.

Roumanie-2-copyright-SimonDaval.fr_-300x199 La vie funéraire au pays de Dracula, voyage en Roumanie (2/2)
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Les rites funéraires roumains sont imprégnés des cultures religieuses Orthodoxe et Catholique. En Roumanie, la religion Orthodoxe tient la plus grande place. Les orthodoxes roumains, lors d’un décès, veillent durant 3 jours (jours et nuits) le corps de leur défunt. Le défunt ne doit pas rester seul jusqu’à l’enterrement. Le corps peut rester à domicile ou être placé en chambre funéraire. Cependant, dans les grandes villes, l’administration interdit de garder le corps d’un défunt à domicile dans les HLM, ainsi que dans les maisons mitoyennes. Le corps doit alors être déposé en chapelle ou en chambre funéraire.

Les défunts sont souvent présentés dans leur cercueil ouvert, parfois recouvert d’un voile transparent. Les rites funéraires sont très précis, et souvent observés. Les vêtements du défunt doivent toujours être neufs, et souvent noirs. Les chaussures sont obligatoires. Des tissus spécifiques sont aussi mis en place sous le cercueil. Le prêtre vient célébrer une première messe, à laquelle tout le monde peut participer, dès que le corps du défunt est mis en bière.

Lors de la veillée, la famille et les proches du défunt apportent des collations pour les personnes qui viennent se recueillir. A la campagne, des boissons alcoolisées accompagnent ces collations.

Le jour de l’enterrement une messe est célébrée à l’Eglise, ou bien dans la chapelle du cimetière, ou même au cimetière, à côté de la tombe. Des gestes sont réalisés, comme placer dans ses mains une bougie recouverte d’un mouchoir et d’un essuie-mains. Cela représente le partage, l’espoir, et le lien toujours présent avec le défunt. A la sortie du cimetière, les familles orthodoxes offrent aux personnes présentes des petits pains ronds (la « Coliva »), réalisés avec du blé mélangé à des arômes, recouverts de poudre noire ; ainsi qu’un gobelet dans lequel est placé des portions de pain. Ce partage de la « Coliva » dure plusieurs semaines.

Après les obsèques, le prêtre, la famille et les proches sont invités à un repas convivial. Cela représente souvent entre cinquante et cent personnes. Lors de ce repas, les discussions sont centrées sur la vie du défunt, ses joies et ses peines. Et il est naturel de parler du défunt tel qu’il était, et donc aussi de ses défauts. La mort n’oblige pas à faire l’éloge de la vie du défunt.

Les catholiques roumains demandent souvent les soins de conservation, et préfèrent placer le corps de leur défunt en chambre funéraire durant plusieurs jours. Par contre, les familles voient le corps de leur défunt le jour de l’enterrement. Les catholiques roumains ne pratiquent pas autant que les orthodoxes roumains la convivialité durant les obsèques. Les rites orthodoxes permettent de dire « au-revoir » aux défunts de façon triste, certes, mais chaleureuse.

Il est à noter que, dans l’Ouest de la Roumanie, la crémation n’a pas sa place. En effet, on en dénombre une à cinq par an. Cela s’explique par le fait que la crémation est perçue comme une façon de jeter un défunt dans l’oubli.

En Roumanie, les sociétés de Pompes Funèbres, appelées « Servicii Funerare Complete », ou « Servicii Funerare », ou encore parfois « Pompe Funebre », sont organisées de la même manière qu’en France. Elles proposent les services funéraires tels que nous les connaissons. Seules les plaques funéraires n’existent pas. A tel point qu’il est possible de rentrer dans un magasin de Pompes Funèbres sans trouver ni plaques, ni fleurs, ni présentations de cercueils. Bref… uniquement quatre murs, des dossiers et un bureau.

Les chambres funéraires se développent. Leur disposition rappelle les rites funéraires : au moins une salle de préparation ; un salon de présentation ; une pièce avec une grande table permettant le partage de la « Coliva », des sanitaires, et parfois même une petite cuisine.

L’Etat roumain accorde une aide importante pour financer les obsèques d’un défunt qui avait une retraite assurée.

Mais la législation funéraire roumaine doit encore être travaillée pour mieux s’adapter aux exigences de sécurité, d’hygiène, et de respect envers chaque profession des services funéraires. Pour porter des projets de lois, aider le Législateur, et apporter des explications aux familles en deuil, l’ « Asociatia Funerara Romana » et « Axys Tanatopraxie », notamment, sont activement présentes. Ce voyage en Roumanie a donc été un enrichissement professionnel, principalement grâce à Violeta et Dan Ardelean, qui nous ont permis de découvrir une grande part de la vie funéraire roumaine, ainsi que leur approche humaine et technique des soins de conservation. Et les nombreuses rencontres, toujours chaleureuses, qui ont rythmé notre parcours, nous ont aussi enrichi personnellement. Je leur adresse nos remerciements : multumesc mult !

Marie Nouaille-Degorce

Thanatopracteur

Vous pouvez poursuivre le voyage grâce à la galerie de photos de Simon Daval : http://www.simondaval.fr/fr/portfolio-8120-0-66-derniers-hommages.html

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