L’affaire Maëlys et Alexia Duval, et si la prochaine fois, c’était nous ?

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Avant on avait la torture, et je sais que certains auraient envie de la rétablir ou alors de la pratiquer eux-mêmes. Ça c’est les réseaux sociaux, aujourd’hui on a la science et le travail des enquêteurs. Et c’est cette combinaison qui a fait parler les suspects dans l’affaire d’Alexia Duval et de la petite Maëlys. Pourquoi cela fascine tant ?

L’affaire Maëlys

C’est la trace d’une goutte de sang dans la voiture de Nordahl Lelandais qui a permis de déclencher les aveux du suspect mis en examen pour meurtre depuis le 3 septembre 2017.

J’ai lu plusieurs fois le commentaire « ils n’auraient pas pu voir ça avant » ? En réalité le suspect avait été filmé nettoyant sa voiture avec un produit si puissant que même les chiens ne pouvaient rien détecter. Les enquêteurs ont donc décidé de désosser le véhicule, du suspect afin de trouver des traces, notamment dans des endroits parfaitement inaccessibles. Et comme on n’est pas dans NCIS, il a fallu du temps pour scanner tous les éléments et faire ressortir un ADN.  Quelques bribes seulement du corps de l’enfant ont été retrouvés, comme le crâne, mais des recherches vont être menées afin de retrouver l’ensemble du corps pour comprendre ce qui a pu se passer.

Alexia Daval

Pour Alexia, c’était un peu différent, dans la mesure où le corps a été retrouvé fin octobre. Celui-ci était en partie brûlé. Le mari, était suspecté suite au témoignage d’un voisin du couple qui a entendu la voiture de fonction du mari quitter le domicile la nuit de la disparition d’Alexia. Là encore, le véhicule, grâce un dispositif de traçage, a permis de confirmer que la voiture avait roulé cette nuit là et les traces sur les pneus révélaient une similitude avec celles trouvées près de l’endroit où Alexia a été retrouvé et c’est à ce moment là, acculé, que le suspect a fini par avouer le meurtre  » par accident « .

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Le meurtre…par accident ?

C’est inscrit dans la loi, homicide volontaire ou homicide involontaire. Seulement ces deux affaires d’une tristesse infinie et les mensonges éhontés et médiatisés des suspects finissent par un « accident ». L’homicide involontaire se définit comme suit : L’homicide involontaire est un meurtre commis sans l’avoir voulu, « par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement » (article 221-6 du Code pénal). On parle aussi d’homicide accidentel, même si ce terme n’est pas un terme juridique.

Nous sommes d’accord qu’on en est loin par ici. Ensuite il y a la différence entre le meurtre (tuer sans préméditation) et assassinat (tuer avec intention et préméditation). Tuer par « accident » mais brûler, mentir, cacher, sont loin d’être synonymes d’imprévus.

Des faits divers à dimensions nationales

Toute la France a suivi les deux affaires. Tout le monde a suivi les rebondissements de l’enquête au fur et à mesure jusqu’aux terribles aveux. Les articles qui traitent de ces affaires sont beaucoup plus lus que n’importe quel article. L’identification y est pour beaucoup. Ce sont des gens comme nous, des couples, des parents, ça c’est pour le côté victime. Mais il en est de même du côté coupable. La virulence des propos le démontre « monstre » « guillotine » « va crever » etc. Le truc c’est qu’eux aussi sont des gens « normaux », il ne s’agit pas d’une figure nazie identifiable. Il s’agit d’un mari par exemple, et ça, ça terrifie. En plus ces termes là, entres vous, font consensus, vous êtes d’accord, et pourtant c’est loin d’être toujours le cas. L’atrocité à sa manière resserre les liens sociaux.

Les faits divers sont locaux, ils font battre le cœur de la vie et des habitants. Ça parle à chacun contrairement aux faits plus nationaux qui sont souvent plus intellectualisés. Une chose assez sordide finalement ressort c’est que l’atrocité des autres, resserre nos liens à nous. C’est le bonheur par comparaison. « Ma vie est finalement bien mieux » c’est ça que beaucoup se sont dit. La gravité d’une situation introduit paradoxalement de la sérénité.

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Pour d’autres c’est l’inverse, comme pour moi par exemple, qui, si je ne faisais pas ce métier, ne me serais sans doute pas renseignée sur cette affaire. Maëlys est le prénom d’une petite fille dans la classe de mon fils, tout comme « Yanis » et cette histoire du beau père qui a battu à mort le jeune garçon l’an dernier pour un pipi au lit, et qui, en plus avait l’âge de mon fils. En tant que parents nous pouvons vite tomber dans la psychose, nous savons que tout est possible. Nous l’oublions parfois dans une dispute, un ras le bol, ou au contraire un trop plein de bonheur, mais l’équilibre est fragile et en une seconde, on peut nous enlever ce qu’on a de plus précieux que ça soit la vie de nos enfants, ou la notre. On se dit parfois qu’il a vraiment « des monstres » sur terre, mais on oublie que dans toutes ces histoires c’était surtout des êtres humains, des mères infanticides, des directeurs de centres scolaires, des oncles, etc. avant d’être des meurtriers.

Dupont de Ligonnès, le petit Grégory, l’affaire Yanis, Francis Heaulme, les évènements sont suivis comme une horrible série policière où l’histoire va être suivie jusqu’au procès. Et ça, ça ne date pas d’hier, les enquêtes criminelles fascinent l’Homme a des degrés différents et pour des raisons différentes qui sont en corrélation avec les valeurs de l’époque des faits.

Rappelons quand même que dans n’importe quel journal, la rubrique la plus lue est : la nécrologie, suivie de près par « Faits divers ».

 

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