L’Ankou : ma charrette tu entendras, de vie à trépas tu passeras

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Ankou
GWENDAL LEMERCIER http://gwen-crea.blogspot.fr/2011/02/ankou.html

L’Ankou – Ankoù en breton – est la personnification de la mort en Bretagne. Prenez garde si vous entendez le bruit grinçant de sa charrette, vos jours sont comptés.

Ainsi tu me reconnaîtras

On le décrit comme un vieil homme un peu voûté, très grand et très maigre avec de longs cheveux blancs. Vêtu d’une longue veste noire et de braies nouées au-dessus du genou, il ankou1 L’Ankou : ma charrette tu entendras, de vie à trépas tu passerasporte un feutre noir qui cache une partie de son visage décrit comme particulièrement hideux. Il est considéré sans âge distinct. Même si certaines représentations le décrivent comme un être squelettique la plupart du temps il diffère des autres car il est fait de chaire, puisqu’il a été homme autrefois.

S’il est la personnification de la mort, contrairement à sa collègue la faucheuse, l’Ankou n’est pas l’allégorie de la mort, mais, est considéré davantage comme son serviteur, oberour ar maro textuellement, l’ouvrier de la mort.

Sa particularité est sa faux, contrairement aux autres représentations de la mort, l’Ankou porte sa faux à tranchant tourné vers l’extérieur afin de pouvoir la lancer sur ses victimes. On dit de lui qu’il l’aiguise avec des os humains.

Il sillonne les campagnes les nuits de pleine lune, en faisant pivoter sa tête à sa guise autour de sa colonne vertébrale, de cette manière rien ne lui échappe.

Ainsi tu m’entendras

Il se déplace la nuit, debout dans sa charrette en bois – karriguel aan Ankou-, tirée par deux chevaux , aussi maigres que lui et dont la crinière est si longue qu’elle traîne jusqu’à terre. C’est dans cette charrette qu’il emporte les nouveaux défunts. Les essieux en sont si mal graissés que l’on peut parfois entendre un grincement glaçant.

La légende veut que quiconque perçoit cet affreux grincement, entrevoit l’Ankou ou ressent un étrange frôlement, apprend avec effroi que son décès ou celui d’un proche est sur le point de se produire.

Ainsi tu me comprendras

En Basse-Bretagne, sur le littoral on parle de barque au lieu de charrette -bag noz, la barque de nuit – où il transporte l’âme des défunts à l’instar de Charon dans la mythologie grecque. Tandis qu’à l’intérieur des terres, il se déplace en charrette. Même si sa légende vient de la Basse-Bretagne on retrouve des traces de son passage en Haute-Bretagne : charyo d’la mort

On dit de lui qu’il tient ses quartiers dans le domaine des Monts d’Arrée – Menez Are -. Un massif montagneux armoricain où il règne en maître entourées de ses âmes qui peuplent les marais

Ainsi tu ne m’oublieras pas

Effrayant, il est pourtant de celui qui aide les vivants en les prévenant de leur mort prochaine. Il représente davantage le jugement dernier celui dont chaque mortel ne peut se soustraire. Il met en garde contre la présomption de l’Homme à se croire immortel. L’Eglise est partie prenant de cette représentation, ainsi nous pouvant lire sous les différentes Eglises ou ossuaires ces sentences : « Je vous tue tous » (Brasparts et La Roche-Maurice), « Souviens-toi homme que tu es poussière » (La Roche-Maurice).

Autre particularité de l’Ankou, lui-même est soumis à une mouvance puisque dans chaque paroisse, le dernier mort de l’année devient alors l’Ankou pour l’année suivante.

Pour les Bretons, la nuit de Noël s’intitule « nuit des merveilles ». On dit alors que l’Ankou frôle de sa cape tous ceux qui mourront avant la fin de l’année.

Pour les Bretons la mort est très importante, crainte et respectée. A l’extrême Est, c’est pourtant avec beaucoup d’amour que je me rends sur la côté bretonne lors de mes vacances, c’est sur la côté d’émeraude que je me sens le mieux, suffisamment éloignée de l’Ankou, suffisamment proche de sa légende.

Et puis évidemment, on se fait plaisir avec une petite vidéo de Kaamelott sur l’Ankou pour bien débuter son week-end.

https://www.6play.fr/kaamelott-p_888/l-ankou-c_11254739

« Maro han barn ifern ien, Pa ho soign den e tle crena » « La mort, le jugement, l’enfer froid, quand l’homme y songe, il doit trembler ». La Martyre.

Illustration : http://gwen-crea.blogspot.fr/2011/02/ankou.html

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