L’anthropoplastie galvanique, une thanatopraxie métallique ?

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Visage d'une vierge en cuivre
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Visage d'une vierge en cuivre

L’anthropoplastie galvanique du grec « Anthrôpo » signifiant « l’homme » au sens de l’être humain et du terme « plastie » du grec « Plassein » qui signifie « façonner » consistait à faire migrer des ions métalliques de nickel sous l’effet d’un champ magnétique (par électrolyse) sur un corps humain préalablement préparé pour la circonstance afin de lui donner l’aspect d’une statue de cuivre que l’on pouvait qualifier de « momification métallique »

Cette méthode inventée par le Docteur Variot en 1890 fut très controversée eut égard au caractère mutilante de cette opération car elle causait de nombreuses dilacérations internes et ne respectait pas assez la dépouille en tant que telle.

Le procédé galvanoplastique de conservation des cadavres fut expérimenté la première fois sur le corps d’un enfant en 1854 et consistait donc en l’immersion du corps dans un bain galvanique de cuivre.

Mais avant de plonger le corps dans ce bain galvanique, le cadavre recevait un traitement interne à l’aide d’acide phénique, plus communément appelé phénol et qui s’utilise de nos jours dans certains cautérisants utilisés en thanatopraxie.

Ensuite, l’on pratiquait une injection via le système vasculaire d’un mélange de chlorure de zinc étant donné que sa propriété principale réside dans le fait que c’est un excellent absorbeur d’humidité de l’air (on parlera de sel hygroscopique) ainsi que de glycérine (ou glycérol) sous forme d’une pâte visqueuse, transparente, incolore et parfaitement inodore et qui avait pour mission de retarder le phénomène de décomposition interne des organes.

Comme le stipulent Mélanie Lemonnier et Karine Pesquera dans leur livre consacré à la thanatopraxie (Éditions Sauramps Médical), « le préparateur enduisait les globes oculaires de paraffine de manière à maintenir leur convexité » et du mastic (ciment fait de craie pulvérisée et de lin) était introduit dans les orifices naturels afin d’éviter les écoulements et les pertes de matières ou de gaz ».

La peau était ensuite enduite de nitrate d’argent (AgND3) qui pénétrait les différentes strates cutanées ( que l’on retrouve aussi sous le nom d’ azotate d’argent, de cristal de lune ou encore de pierre infernale) et ses vertus étaient d’une part antiseptiques mais d’autre part, ce sel est parfaitement soluble dans l’eau et demeure un excellent conducteur…

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Quelques temps plus tard, il se forme une couche de poudre blanche qui porte le nom de sel d’argent (que les photographes utilisent encore dans le développement des photographies argentiques) et le Docteur Variot y ajoutait du phosphore blanc dont la principale caractéristique est qu’il émet une lumière visible dans l’obscurité quand il est à l’air libre et qui est aussi un excellent conducteur électrique; lequel était dissout dans du sulfure de carbone (CS2).

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La Statue de la Liberté, plus célèbre sculpture en cuivre du monde...

Mais cette première étape chimique n’était que le commencement d’un processus long, fastidieux et terriblement mutilant puisque le corps était « empalé » sur une tige métallique creuse ( de manière à laisser s’échapper les liquides corporels et les gaz) introduite par les voies naturelles basses et poussée « tout le long de l’abdomen jusqu’à ce qu’elle vienne butter contre la voûte crânienne »; de cette façon le corps était immobilisé et immergé dans le bain galvanique de nitrate d’argent durant environ une semaine.

Sous l’effet du champ électrique et donc de l’électrolyse, le corps se couvrait petit à petit d’une fine couche de cuivre bleuté d’à peine un millimètre d’épaisseur et le cadavre devenait une statue métallisée parfaitement imputrescible…

Mais cette méthode avait ses limites et du fait de la haute technicité qu’elle revêtait et des actes mutilants qu’elle causait, il était alors inconcevable de généraliser une telle pratique; en revanche, même si le procédé est moins compliqué qu’en 1890, l’électrolyse reste utilisée de nos jours pour recouvrir d’or (et plus rarement d’argent) certaines pièces métalliques que l’on trouve sur les circuits imprimés qui équipent notamment les appareils radiophoniques car il n’existe pas meilleur conducteur que l’or.

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Paul Clerc me faisait part à travers un mail daté du 4 juillet 2007, du mémoire de Doctorat réalisé par Madame Christiane Vitani, alors Médecin Légiste à Lyon et qui traitait de ce sujet d’anthropoplastie galvanique.

Leurs chemins se croisèrent et il eut le privilège de la rencontrer dans les années 60, il imaginait tel l’ « homme de Goldfinger », un corps entièrement traité de la sorte….

Régis Narabutin, Artisan thanatopracteur

Bibliographie et sources :

www.wikipédia.com

« Manuel à l’usage des thanatopracteurs » de Paul Clerc aux Éditions Sauramps, année 2001

« Thanatopraxie, technique, histoire et pratique au quotidien » M. Lemonnier et K. Pesquera aux Éditions Sauramps médical,

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