L’art et la mort : « Le Corbeau » d’Edgar Allan Poe

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"Le Corbeau" illustré par Gustave Doré
C’est aujourd’hui le 166éme anniversaire de la mort d’Edgar Allan Poe. L’occasion de nous pencher sur une de ses pièces les plus célèbres, « Le Corbeau », poème qui l’a rendu célèbre.
L’oeuvre et son contexte

Le corbeau raconte l’histoire du narrateur, une nuit lugubre et glaciale de décembre, lisant un livre d’une « vieille doctrine » en s’assoupissant pour essayer d’oublier la mort de son amour Lenore, quand il entend quelqu’un qui frappe doucement à sa porte. Ce bruit l’effraie, et pour se calmer, il se dit que ce n’est sûrement qu’un visiteur, et rien de plus. Après s’être excusé à haute voix de ne pas avoir entendu le frappement à la porte, il l’ouvre et n’y trouve rien ni personne. Il essaye d’appeler Lenore, mais à part son écho, rien ne lui répond.

Pensant que ce n’est sûrement que le vent, et essayant de surmonter ses peurs, il va ouvrir la fenêtre pour « découvrir ce mystère ». Quand il ouvre la fenêtre, un corbeau majestueux, sans faire attention à lui, rentre dans sa chambre d’un battement d’aile et s’installe au-dessus de la porte, sur un buste de Pallas. La stature sérieuse et droite du corbeau fait sourire le narrateur qui lui demande son nom. Le corbeau répond : « Jamais plus ».

Le narrateur se dit que « Jamais plus » est le seul mot que le corbeau connaît, appris très probablement d’un ancien maître malheureux. Il s’assied en face de lui, essayant de deviner ce que « Jamais plus » veut dire.

Finalement, il demande au corbeau s’il reverra Lénore au Paradis. Lorsque le corbeau lui répond « Jamais plus », il crie et ordonne au corbeau de retourner à son « rivage plutonien », qui pourtant ne bouge pas. Le narrateur doit se résigner à ce que son âme soit emprisonnée sous l’ombre du corbeau et ne pourra « jamais plus » s’élever.

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L’auteur
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Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe (1809 – 1849) est connu surtout pour ses contes, il a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et est considéré comme l’inventeur du roman policier (« Double assassinat dans la rue Morgue »). Nombre de ses récits préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique.

Né à Boston, Edgar Allan Poe perd ses parents, David Poe Jr. et Elizabeth Arnold, dans sa petite enfance ; il est recueilli par John et Frances Allan de Richmond, en Virginie, où il passe l’essentiel de ses jeunes années, si l’on excepte un séjour en Angleterre et en Écosse, dans une aisance relative. Après un bref passage à l’Université de Virginie et des tentatives de carrière militaire, Poe quitte les Allan. Sa carrière littéraire débute humblement par la publication anonyme d’un recueil de poèmes intitulés Tamerlan et autres poèmes (1827), signés seulement « par un Bostonien ». Poe s’installe à Baltimore, où il vit auprès de sa famille paternelle et abandonne quelque peu la poésie pour la prose.

Après l’échec de son roman Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, Poe réalise son premier recueil d’histoires, les Contes du Grotesque et de l’Arabesque, en 1839. La même année, il devient rédacteur au Burton’s Gentleman’s Magazine, puis au Graham’s Magazine à Philadelphie. C’est à Philadelphie que nombre de ses œuvres parmi les plus connues ont été publiées.

En janvier 1845, Poe publie Le Corbeau, qui connaît un succès immédiat. Mais, deux ans plus tard, son épouse Virginia meurt de la tuberculose le 30 janvier 1847. Poe envisage de se remarier, mais aucun projet ne se réalisera. Le 7 octobre 1849, Poe meurt à l’âge de 40 ans à Baltimore. Les causes de sa mort n’ont pas pu être déterminées et ont été attribuées diversement à l’alcool, à une drogue, au choléra, à la rage, à une maladie du cœur, à une congestion cérébrale…

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L’influence de Poe a été et demeure importante, aux États-Unis comme dans l’ensemble du monde, non seulement sur la littérature, mais également sur d’autres domaines artistiques tels le cinéma et la musique, ou encore dans des domaines scientifiques. Bien qu’auteur américain, il a d’abord été reconnu et défendu par des auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête. La critique contemporaine le situe parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du XIXe siècle.

Extrait

Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !

(Traduction : Charles Baudelaire)

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