L’art et la mort, Le Jugement Dernier de van der Weyden

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Polyptyque ouvert
Le jugement dernier, l’apocalypse, la fin du monde, des thèmes frais et sautillants qui ont toujours été porteurs dans l’art.retour sur un chef d’œuvre du genre, Le Jugement Dernier de Rogier van der Weyden.
L’oeuvre et son contexte

Le Jugement dernier est un retable sous la forme d’un polyptyque en quinze panneaux du peintre flamand Rogier van der Weyden, peint entre 1443 et 1452 pour l’Hôtel-Dieu de Beaune sur commande de son fondateur le chancelier de l’État bourguignon Nicolas Rolin. Représentation du thème chrétien du Jour du jugement, il est à l’origine exposé au-dessus de l’autel de la chapelle de la grande salle des malades pauvres, pour que les malades puissent le voir de leur lit pendant les offices ; le retable était fermé les jours de semaine et ouvert les dimanches et jours de fêtes solennelles. L’oeuvre est classée aux monuments historiques depuis le 10 octobre 1891.

À l’intérieur, la représentation du Jour du jugement, si elle fait appel à la tradition iconographique de ce thème chrétien populaire à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, laisse une grande place à l’imagination de son auteur, ce qui en fait l’originalité.

Au centre, le Juge suprême, assis sur un arc-en-ciel, surveille saint Michel rendant son jugement, avec immédiatement de part et d’autre la Vierge et saint Jean le Baptiste. Saints et apôtres sont posés sur des nuages et forment une cour céleste. À terre, les morts se relèvent et saint Michel pèse leurs bonnes et mauvaises actions. Jésus bénit de sa main droite les justes et de sa main gauche, près de l’épée, maudit les damnés. Les uns sont précipités dans le feu éternel (à droite), tandis que les autres sont accueillis par un ange à la porte des cieux (à gauche). L’absence de démons exerçant une contrainte physique sur les pécheurs, la force de la conscience se suffisant à elle-même, fait de cette œuvre un cas unique dans les représentations du Jugement dernier.

Retable-fermé L'art et la mort, Le Jugement Dernier de van der Weyden

L’auteur

Né Rogier de La Pasture (Tournai, 1399/1400 – Bruxelles, 18 juin 1464) , il fit traduire littéralement son nom en « Van der Weyden » lors de son installation à Bruxelles en 1435. La dénomination de Rogier van der Weyden retenue actuellement provient d’un acte notarié signé par le peintre. Il est dénommé en outre « Rogier van Brugghe » par Carel van Mander dans son ouvrage Schilder-boeck, premier dictionnaire biographique de référence sur les peintres néerlandais, flamands et allemands.

En 1836, cette œuvre magistrale, un des chefs-d’œuvres absolus de l’âge d’or de la peinture néerlandaise, est découverte entièrement recouverte de badigeon à l’Hôtel-Dieu de Beaune. En 1875 les administrateurs des lieux décident de faire restaurer à neuf le panneau le plus abîmé, celui de l’Enfer, par le Musée du Louvre de Paris, suivi du restant du retable, travail achevé en 1878. Les panneaux du retable ont été sciés dans leur épaisseur pour en exposer à la fois l’envers et l’endroit.

En 1975, il est exposé dans une salle aménagée du musée à température et degré hygrométrique constants, pour éviter les détériorations dues aux 350 000 visiteurs annuels des lieux. Il est un rare exemple, avec L’Agneau mystique des frères Hubert et Jan van Eyck, d’une œuvre demeurée sur les lieux d’origine.

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