Le cercueil, du sarcophage des origines à nos jours

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Le cercueil : élément indispensable du funéraire, obligatoire en France, il a traversé l’histoire. Ses origines remontent quasiment aux premières velléités de civilisations humaines. Petit voyage dans le temps avec une boîte multiforme.

Avant le cercueil

On retrouve les premières traces de ce qui deviendrait le cercueil dans les proto-civilisations qui vivaient dans les zones boisées. Un arbre était abattu et évidé pour ensuite y déposer le corps du défunt, qui était inhumé.

Mais ce sont les romains, en occident, qui ont systématisé l’enfermement du corps dans un réceptacle. Ce dernier se trouve baptisé « sarcophage », de « sarco », chair, et « phage », manger. Le sarcophage romain est en effet destiné, dans l’esprit des familles, à accélérer la décomposition, contrairement, par exemple, au sarcophage égyptien, qui était lui destiné à conserver au contraire les momies.

Les sarcophages étaient fabriqués en pierre, de différente nature selon la région. Bien entendu, seules les familles romaines aisées avaient les moyens de s’en offrir un. Les autres devaient se contenter d’inhumer le corps dans un linceul.

Après la chute de l’empire romain, les francs conservent, pur les familles aisées, la tradition du sarcophage, mais réalisé an plâtre moulé. Restant assez lourd et assez onéreux, les sarcophages, par contre totalement hermétiques, sont disposés dans les basiliques, et en certains endroits, le long de la route, et construits directement sur le lieu d’inhumation. Les obsèques sont réalisées avec le corps en linceul.

Les premiers cercueils

A travers l’Europe, les prêtres, qui officiaient lors des obsèques, remarquèrent que les expressions de douleurs des familles, jugées indécentes, étaient atténuées lorsque le corps était invisible. Ils prescrivirent donc un système de sarcophage léger et transportable. Il apparut que le bois semblait être le matériaux le plus à même de remplir cet office. L’apparition des premiers cercueils fut datée de l’après l’an 1000, probablement entre 1030 et 1060 d’après les archives.

Là encore, un distinguo était fait entre riches et pauvres. Les riches étaient inhumés dans le cercueil, les pauvres en étaient sortis et inhumés dans un simple linceul, la bière resservant pour les autres défunts.

C’est Napoléon, toujours lui, qui encouragea à la démocratisation des tombes individuelles, la solution jusqu’alors privilégiée était, sauf pour les défunts aisés, la fosse commune. Le prix du cercueil baissa en suivant directement le coût de son élément essentiel : le clou. Fabriqué à la main et onéreux au moyen-âge, il devint facilement accessible lors de la révolution industrielle.

La vieille habitue des sarcophages perdura, puisque, jusque assez tard au XIXème siècle, le cercueil de bois servait d’emballage à un cercueil de plomb même pour les inhumations locales.

Les cercueils étaient généralement fabriqué par les menuisiers locaux. Lorsque les communes obtinrent le monopole du funéraire, les régies des plus grandes villes embauchèrent leurs propres menuisiers. Le monopole était d’ailleurs axé sur le bois. Même si les familles pouvaient faire appel à un opérateur autre que le municipal, celui-ci était le seul à pouvoir vendre le cercueil.

Aujourd’hui : l’accélération

Les cercueils d’aujourd’hui ne ressemblent plus du tout aux bière rustiques, ou au contraires gravées, de la période médiévale. De formes et de tailles diverses, il fait l’objet de recherches, menant sur des offres multipliant les matériaux variés : bois, carton, avec des enveloppes métalliques…

Il fait partie des prestations obligatoires définies par l’article L2223-192 du code général des collectivités territoriales. La fermeture du cercueil est autorisée par la commune sur présentation du certificat médical du décès et après les formalités de déclaration de décès. Lors d’un transport de corps effectué en cercueil à l’extérieur de la commune de fermeture du cercueil, en zone rurale, un policier municipal ou un garde champêtre vient vérifier l’identité du défunt, et après fermeture du cercueil, il appose des scellés sur les vis de tête et de pied. En zone urbaine, cette tâche revient à la police nationale.

Le cercueil est garni d’un capiton, qui n’est pas obligatoire, réminiscence des copeaux de bois qui étaient disposés dans son fond pour absorber les fluides du défunt lors de la présentation à la famille.

La tendance actuelle est à la personnalisation. De purement utilitaire çà ses débuts, le cercueil est devenu un accessoire incontournable de la pompe funèbre, dans le sens premier du terme.

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