Le chrysanthème, star de la Toussaint

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Pas de Toussaint sans chrysanthèmes. Une tradition née voici bientôt un siècle, quand le Président français Raymond Poincaré ordonna en novembre 1919, premier anniversaire de l’Armistice, qu’on fleurisse tous les monuments aux morts et les tombes des soldats. Espèce automnale, fleur vénérée symbole de bonheur au Japon et en Chine depuis des siècles, le chrysanthème tira le gros lot… et une réputation chez nous de fleur des morts.

A grosse tête, à petites fleurs (Les « pomponettes« ), violette, rouge, jaune ou blanche, cette plante d’ornement demeure de loin l’espèce la plus achetée pour venir fleurir sépultures et jardins du souvenir. Il s’en vend près de 22 millions de pots à ce moment de l’année, soit 95 % de la production. De quoi rapporter quelque 170 millions d’euros aux 200 producteurs français, et cela même si d’autres variétés (les cyclamens notamment) tentent ces dernières années de grignoter des parts de marché.

Direction les Pays-de-la-Loire, deuxième producteur de chrysanthèmes derrière la région Nord-Pas-de-Calais. Aux Ponts-de-Cé, près d’Angers, l’horticulteur Xavier Froger (société HBF) met en jeu ces jours-ci, par exemple, 30% de son chiffre d’affaires annuel. Six mois à produire des plantes écoulées en trois semaines vers la grande distribution, les pompes funèbres et les marbriers. « C’est du produit frais, explique t-il, et avec le réchauffement climatique la météo change, les cycles raccourcissent. » Il saura le 2 novembre si le cru 2014 est bon… ou non. « D’autant que les gens se rendent de moins en moins au cimetière », précise t-il.

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Alors Xavier Froger, comme d’autres horticulteurs, tente aussi d’imposer le chrysanthème ailleurs, dans les jardins, sur les terrasses, les balcons, et sur une période plus longue, d’août à octobre. Avec un choix élargi. « Depuis quatre à cinq ans, nous essayons aussi de multiplier les couleurs et de travailler sur la forme des fleurs dans les pots ».

Olivier Pelladeau

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