Le contrôle technique des corbillards

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Chaque mois, Michel Chazottes, directeur de Funéraires de France, nous donne son expertise sur les normes appliquées aux pompes funèbres et aux moyens de les respecter. Aujourd’hui, les véhicules funéraires.

« Le contrôle technique des véhicules funéraires comporte un gros volet, celui de la cellule réfrigérée, spécifique aux Transports sans Cercueils » explique Michel Chazottes. La cellule réfrigérée fera d’ailleurs l’objet d’un article à elle seule.

Les papiers

« Le contrôle d’un véhicule commence, c’est logique, par les papiers ». Michel Chazottes précise : « on contrôle que les numéros d’habilitation correspondent bien aux équipements. Surtout, sur la carte grise, on vérifie que figurent les mentions VASP, en J1, et FG FUNER en J3. VASP est un acronyme qui signifie  »Véhicules à Aménagements Spéciaux », comme les camping-cars, par exemple ».

L’inspecteur vérifiera bien entendu également que la carte grise correspond bien au véhicule qu’on lui présente.

La carrosserie

L’inspecteur vérifie ensuite que la carrosserie est en conformité avec la législation « La question que l’on me pose souvent, c’est celle sur la couleur blanche. La législation est claire là-dessus : le blanc est interdit pour les véhicules avant mise en bière et mixtes. ». Même si certains essaient de contourner la loi « Il arrive qu’on voie des fourgons couverts de motifs destinés à masquer la peinture blanche. C’est bien tenté, mais ça ne marche pas » s’amuse Michel Chazottes.

Sur les inscriptions, d’ailleurs, la loi est bien spécifique : « On a le droit à trois marquages maximums, chacun d’une surface de dix décimètres carrés, ce qui représente environ 33 par 33 centimètres chaque maximum ».

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Compartiments

L’inspection des compartiments est une étape importante « Il y a plusieurs points essentiels. Le premier, c’est l’isolation du catafalque du poste de conduite : on vérifie l’étanchéité. Ensuite, il y a un contrôles des ouvrants : la porte du compartiment doit pouvoir se bloquer en position ouverte lorsqu’on manipule le cercueil. Enfin, on vérifie la présence et la fonctionnalité du bloque-cercueil. C’est un tout petit détail, mais parfois, on s’en sert comme pièce détachée sur un autre véhicule, on oublie de le remplacer… Son absence est absolument rédhibitoire ».

Enfin, le contrôleur technique vérifie le bon état général et la propreté. « L’absence de rouille, par exemple, ou bien la propreté générale. Le véhicule funéraire doit être fonctionnel, mais aussi digne ». La propreté est subjective, non ? « Oui, mais il y a propreté et propreté. C’est rare, mais je peu vous garantir que j’ai vu des choses à tomber de sa chaise ».

Fréquence

« Le contrôle technique des équipements d’un véhicules funéraire, c’est tous les trois ans en standard » explique Michel Chazottes « Mais il est systématique en cas de cession du véhicule, et de renouvellement d’habilitation. Il reste valable six mois : si on sait qu’on a son habilitation à renouveler, ou qu’on a l’intention de le revendre, c’est un calcul à faire  ».

D’une manière générale, l’échec d’un contrôle tient dans les détails « Souvent rien de méchant » souligne Michel Chazottes.

Propos recueillis par Guillaume Bailly

Le site web de Funéraires de France : www.funeraires-de-france.fr/
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2 COMMENTAIRES

  1. Le contrôle des installations : mal nécessaire – Impôt supplémentaire.

    Pour ma part, j’ai fait contrôler une chambre funéraire et 2 véhicules.
    Bilan : 800€ H.T. pour 1h de travail sur place et 4h de trajet pour l’opérateur.

    Et dire que les pompes funèbres sont des voleurs…

    Si la chambre funéraire est aux normes à sa construction et que les normes ne changent pas, je trouve que c’est abusé. Idem pour des transports de corps exclusivement APRES mise en bière.
    Mais je dis ça, je dis rien.
    Une charge supplémentaire. Ne pourrait-il pas y avoir sur les devis types une ligne pour les charges superflues (taxe à l’ameublement sur les cercueils, contrôle APAVE, Veritas et consort, retenues de certains organismes payeurs de contrats obsèques…).

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