Le décès du conjoint : À la Vie… à l’Amour pour la Saint-Valentin

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Saint valentin et décès, décès du conjoint

Affronter la mort de la personne que l’on aime après cinq mois, cinq ans ou 50 ans de vie commune est d’une douleur inqualifiable. Un jour une dame m’a dit à propos du décès de son mari «le cœur se serre, il fait froid partout, dehors, mais dedans aussi »

Le double deuil

Un couple c’est « toi, moi et nous ». Le deuil du conjoint c’est faire le deuil non seulement de la personne en tant que tel mais aussi du couple et de l’amour tel qu’on l’a connu. Plus personne n’est le témoin de cette intimité qui disparaît. Il faut réapprendre à vivre au quotidien, retrouver des gestes ritualisés ceux-là même que l’on a mis des années à mettre en place, ceux-là même qui ont créé le couple.

Lorsque la mort vient séparer un jeune couple, elle est souvent violente, brutale, acide, elle résonne comme une injustice et le trop plein d’amour de notre cœur devient totalement inutile. Les 365 premiers jours Chaque première fois, qu’il s’agisse des fêtes annuelles ou de n’importe quel geste quotidien vient rouvrir cette blessure. Qui nous regarde ? Qui nous aime ? Qui nous protège et nous désire ? Le deuil de l’autre est une blessure narcissique au sens où lui/elle, mort(e), n’existe plus et que moi, vivant(e) je l’aime encore.

Que faire de mon amour ?

C’est une épreuve non seulement douloureuse mais humiliante, elle nous jette à terre en nous rappelant au passage que ni nous, ni notre amour que l’on croyait tout-puissant n’est éternel. Comme dans toutes attaques, nous nous défendons, par les cris, les larmes, le mutisme, le voyage et c’est en luttant que nous permettons de créer une voie propice au souvenir.

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Le demeurant

On dit souvent qu’après le décès de l’être aimé, on peine à se souvenir des bons moments, seul quelques détails de disputes infantiles reviennent marteler notre conscience dans un moment où l’on cherche la poésie.

Il y a cet étrange sentiment que l’Autre a arraché nos souvenirs et les a emporté. Pourtant il reste son shampoing, sa musique, son restaurant, son bureau. Il reste ses enfants, nos enfants, notre trésor. Il reste « moi », quelqu’un de meilleur, quelqu’un qui aime et donc qui s’aime. Et un jour, on se remet à sourire, le sillon tracé sur notre joue par les larmes n’est plus. L’optimisme vient tracer la frontière entre ce qui est d’un côté le réel, le violent, le rapide, et de l’autre l’indicible, le précieux, l’invisible. Le deuil de l’Autre c’est réconcilier les mondes et accepter de devenir soi-même une partie du souvenir.

Par Sarah Paquentin

La petite gomme est une maison d’édition qui accompagne l’enfant dans des périodes complexes de sa vie, comme le décès d’un proche ou le divorce de ses parents.

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