Le deuil philosophique une approche différente pour aborder la perte

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deuil philosophique

Terrain de la psychologie d’ordinaire, le deuil peut être également abordé sous d’autres prismes. Deuil philosophie, deuil sociologique, des approches diverses pour permettre de différencier l’essentielle question du deuil avec celle de la mort.

Le deuil philosophique peut être abordé comme la perte d’un être proche. En psychologie du deuil, nous n’abordons pas cette question sous le terme d’une perte. Or en philosophie on peut le voir comme une expérience humaine remettant en question notre façon de nous présenter à nous-mêmes et aux autres.

C’est la grande épreuve de la souffrance, thème bien connu en philosophie. Elle consiste en la manière d’observer et d’interroger le monde tout en ayant un vrai sens critique et une distance réflexive.

Le deuil philosophique nous amène des questions très égoïste au sens premier du terme « l’égo ». JE perds un proche, donc quel sens je donne à MA vie. Mes relations avec autrui, avec moi-même, quelle est ma continuité ? quid du souvenir et de la persistance de la mémoire ? Cette souffrance m’attaque, MOI en tant qu’être dans une douleur interne que je peine à contrôler.

En sociologie le deuil rejoint le thème de la mort, car il interroge sur la notion de rite, de passage d’un état à un autre et de la manière dont la société se sent responsable d’un décès et comment elle aide les personnes endeuillées. En sociologie nous interrogeons surtout la société sur sa responsabilité tel que Durkheim et la question du suicide par exemple.

Si le deuil philosophique est si peu abordé on peut y émettre des hypothèses, en philosophie nous nous questionnons sur le langage, et la pensées rationnelle, or la souffrance qui émane de la perte d’un être cher échappe à ces deux prismes de compréhension. Le deuil est ainsi l’angle mort de la philosophie. De plus si en sociologie nous partons de champs ou de concepts pour comprendre un phénomène sociétal ici en quoi la souffrance pourrait nous amener à comprendre la réelle portée existentielle d’un être ? Cela n’entre dans aucune définition conceptuelle de la philosophie. Il faudrait une théorie quasi scientifique qui mettrait en corrélation la douleur avec les variations émotionnelles pour définir ce que l’être humain en souffrance pourrait potentiellement devenir.

Le deuil, la souffrance, c’est quoi ? C’est l’épreuve du déchirement, de la rupture (que l’on peut parfaitement étudier d’un point de vue sociologique ici). Le deuil philosophie reviendrait donc à la notion d’identité. Le soi avant et après cette déchirure, cette partie manquante, ce stigmate sociologique.  Le soi qui, quoique l’on fasse reste terriblement relié à l’Autre. Derrière le non-sens que peut produire la souffrance, il y a une véritable quête existentielle sur le devenir humain et sa continuité.

Le deuil philosophique nous amène aussi à la question de l’absurde et aussi du caractère irrémédiable, quoique l’on dise et quoique l’on fasse nous ne pourrons jamais revenir en arrière. L’Autre nous manque, mais le fait même qu’il nous manque parce qu’il est mort nous rappelle qu’à lui on ne peut pas manquer. On se retrouve donc fichtrement seul avec notre absurde souffrance.

 

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