Le deuil sur Facebook et les réseaux sociaux

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Depuis l’émergence des réseaux sociaux, de nombreuses études ont eu lieu afin de mesurer l’impact des relations interpersonnelles, sociales, sentimentales, économiques, commerciales, etc. Pour la première fois une étude a mesuré l’impact des relations sociales suite au décès soudain d’une personne et met en évidence le rapprochement durable des amis au sein d’un groupe.

Cette étude est vaste et porte sur 15 000 cercles d’amis, elle a été réalisée par un chercheur de la Northeastern University de Boston et une chercheur de Facebook. Elle cherchait à mettre en évidence la réaction des groupes d’amis après la mort soudaine d’un des membres de ce groupe. Les résultats sont parus le lundi 24 avril 2017 dans la revue Nature humain Behaviour. Une mort bouleverse tout notre monde, surtout si elle est inattendue ou brutale. Sur Facebook plus particulièrement, les relations tendent à se resserrer suite à un décès. De quelles manières ?

Les amitiés préexistantes ont eu tendance à se renforcer. Le lien d’amitié vient en ce sens compenser le vide laissé par la personne décédée. Par renforcement du lien, l’on entend ici une discussion plus soutenue, et des échanges plus actifs. Il en est de même pour les relations dites de connaissances, où les interactions sont elles aussi en augmentation.

Une corrélation est également à noter entre la violence du décès et l’intensité des échanges. Plus le décès est brutal, particulièrement dans le cadre d’un décès accidentel, plus les interactions sont nombreuses et les amitiés nouées. Cette même remarque est applicable pour les décès chez les moins de 25 ans.

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Le suicide… Je vous en ai parlé ici. Phénomène total, sociétal comme le décrit Durkheim, il est encore considéré comme un stigmate – au sens du sociologue Goffman qui met en évidence les stigmates sociétaux desquels découlent les interactions sociales comme marques dévalorisantes. En ce sens, le stigmate vu comme culpabilisant a tendance, au contraire, à délier les amitiés. Les accidents sont vus comme des faits externes et qui invitent à la compassion tandis que le suicide est vu comme un fait interne – le contraire de Durkheim qui le voyait comme un fait collectif– dû entre autre à la dépression, aux drogues… et provoque un système de rejet.

Une meilleure approche des étapes du deuil ?

Le postulat de ces chercheurs est d’utiliser ces données afin de mieux appréhender le deuil en dehors de la sphère des réseaux sociaux. Mais néanmoins cette étude a ses limites dans la mesure où même si c’est la plus grande étude jamais réalisée sur ce sujet, elle reste focalisée sur un groupe d’individus dans une culture précise –ici la Californie-. Or on le sait, même si les grandes lignes des étapes du deuil sont universelles, la manière de les gérer diffère non seulement d’une personne à une autre mais également d’une culture à une autre.

 

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