Le livre de la mort, Guillaume Bailly déshabille la faucheuse

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Salut, bienvenue, je me présente, Sarah Funéraire Info heu… ah mais on se connaît non ? tu nous reviens avec un troisième opus, le Livre de la Mort, qui était très attendu par tes lecteurs, petit retour sur la genèse de tout ça.

Guillaume Bailly : Oui, je crois qu’on s’est déjà croisés, à peu près cent fois par jours, tous les jours, quand on travaillait ensemble à Funéraire Info ! Bah, la genèse, elle est simple, c’est Stéphane, éditeur, qui appelle Eric, patron du Funéraire Info, pour se renseigner un peu sur l’univers du funéraire, parce qu’il a envie de sortir un livre dessus. Et au moment de raccrocher, Stéphane demande à Eric « Vous ne connaissez personne qui pourrait écrire un livre là dessus ? » et Eric répond « Je crois qu’il faudrait que vous parliez à Guillaume, il a un manuscrit dans un tiroir ». Et voilà.

Nous sommes trois ans après la sortie de mes sincères condoléances, -m erci de nous faire prendre un coup de vieux – qui a connu un vif et franc succès quelles sont les premières retombées ? Aurais-tu gagné le prix Renaudot sans que je le sache ?

GB : Euh, non… Aucun prix. Enfin, je crois, je suis à peu près certain que j’en aurai entendu parler. Ceci dit, je ne crois pas faire partie du genre de livres qui reçoit des prix.

Le Livre de la Mort démarre bien, mon éditeur a quelques chiffres sur les réapprovisionnements, et il est content. Du côté des lecteurs, les premières retombées aussi sont bonnes, même si certains s’avouent désarçonnés dans les premières pages par le changement de thème par rapport à Mes Sincères Condoléances, au final, ils disent passer un bon moment de lecture et apprendre au passage un truc ou deux. Donc, je suis content.

Mes sincères condoléances 1, puis 2, ici tout change, le nom, la maquette, pourquoi ? Avoue tout, c’était pour nous le faire payer plus cher ?

GB : Ouaip, c’est exactement ça : on gagne deux euros de plus par livres, et on a immédiatement dépensé cette fortune en dessinant autour de chaque page un joli liseré noir du plus bel effet.

Plus sérieusement, on a voulu changer pour bien marquer la différence entre Le Livre de la Mort et Mes Sincères Condoléances. Pour que le lecteur voie que ce n’est pas le même livre, qu’il n’y trouvera pas tout à fait le même chose. C’était à la fois pour que le lecteur habitué à MSC soit prévenu que là, ce n’est pas un MSC, et peut être inconsciemment pour dire que je ne raconterai pas des histoires de croque-morts toute ma vie, marquer la transition avec la suite, quelque part. Ce ne sont pas des histoires de croque-morts, même si ils font quelques apparitions en guest-star.

Ceci dit, c’est vrai qu’il est un peu plus cher que MSC, mais moins de 12 euros pour un livre de 380 pages, plein d’histoires incroyables et avec un joli liseré noir autour de chaque page, c’est une affaire. On a pu maintenir un tarif aussi bas grâce au squelette en couverture, qui a posé bénévolement.

Nous ne sommes pas sur un roman, ni non plus sur de toutes petites anecdotes, le style change au fur et à mesure, dans quelle catégorie pourrait-on le ranger ?

GB : Mes Sincères Condoléances, c’est la Mort en bleu de travail. Le Livre de la Mort, c’est la Mort en tenue de soirée, en quelques sortes. Dans un smoking impeccable, à regarder mélancoliquement l’horizon pendant qu’un quatuor à cordes joue « Plus près de toi mon Dieu » et que le Titanic coule. Ceux qui ont déjà lu le livre comprendrons de quoi je parle.

Pour la catégorie… Je viens d’apprendre que j’étais numéro un dans deux classements de livres par genre sur un site de ventes en ligne sur le web, en sociologie et en ethnologie. Deux matières où je n’ai strictement aucune compétence. Un autre site me classe en humour. Une façon de dire qu’on ne sait pas trop ou le ranger, et c’est rigolo !

Ça reste un livre d’anecdotes, simplement, comme elles se situent un peu partout dans la chronologie de la grande Histoire, elle sont un peu plus longues parce qu’il faut poser le contexte. Brièvement, parce qu’il faut à la fois expliquer les invasions du Japon par l’empire Mongol du petit-fils de Gengis Khan pour que le lecteur sache de quoi il est question, par exemple, ou la guerre de la France contre le Mexique, mais en moins de dix lignes parce que ce n’est pas le sujet premier.

Mais ça se retourne aussi contre moi. Quand on me demande « C’est quel genre ? » et « De quoi ça parle ? », ce n’est pas facile de répondre à ces questions.

le-livre-de-la-mort-de-Guillaume-Bailly Le livre de la mort, Guillaume Bailly déshabille la faucheuseOn attend le roman, oui rho moi j’attends le roman, alors, ça vient ?

GB : Ah, le roman… Longue histoire. Je n’ai pas de contrat ou d’engagement pour le roman, ce qui est convenu avec mon éditeur, c’est que je le lui proposerai quand il sera fini. Et je prend mon temps, parce que j’ai envie de faire les choses bien.

La problématique des livres d’anecdotes, c’est d’être efficace, tu fais du joli si tu as de la place, ce qui n’arrive pas souvent. Un roman, tu as toute la place que tu veux. Donc, j’essaie de faire avec lui ce que je ne peux pas faire dans le Livre de la Mort ou MSC : du style. Il y a des choses que je changerai avec le recul, dans MSC et LLDLM, parce que je n’ai pas eu le temps de faire ce que je voulais, mon rêve et mon luxe, avec le roman, c’est de prendre mon temps pour publier exactement ce que j’ai en tête. Du style, donc, avec de belles phrases bien tournées, du rythme, un champ lexical bien travaillé. Par exemple, il y a quatre pages en particulier, je travaille dessus depuis un an. C’est une longue description, et il n’y a rien de plus pénible à lire qu’une looooongue description, donc je veux que le lecteur rigole à chacune de ces quatre pages, et ça, c’est pas facile.

Pour le reste, ce serait une saga ambitieuse et profonde, un peu entre Le Seigneur des Anneaux et Madame Bovary, mais avec des croque-morts.

Ton livre, c’est un peu comme la saga X-Men, y a des films à côté et ensuite on revient à l’original pour en faire une suite, est-ce qu’un Mes sincères condoléances 3 est possible ?

Gb : Je suis en train de l’écrire. Ensuite, je le proposerai à mon éditeur qui aura assez de recul pour voir si il est bon, parce que quand tu passes un an à écrire un livre, à la fin tu as des cernes, une sérieuse addiction à la caféine et plus aucun recul sur ce que ça vaut.

Ce sera, dans tous les cas de figure, le dernier, parce qu’après, on tournera en rond. Et ce sera celui où on se permettra des choses qu’on ne s’était pas permises dans le premier. Son sous-titre : « Les irracontables ».

D’autres projets ? Le cinéma peut-être ? je postule pour un rôle, n’importe lequel.

GB : On avait eu un contact avec le cinéma, et puis au final, ça ne s’est pas fait. Je suis ouvert à toute proposition. Mais, plus qu’un film, je verrais bien une mini-série à sketches. Une série télé, en fait, peu importe le format. Comme Game of Thrones, mais avec des croque-morts. Ou The Walking Dead, mais où les morts se tiennent tranquilles.

Je voudrais bien avoir un acteur comme Sean Bean dedans. Je veux dire : dans la plupart des films et des séries où il joue, il se fait tuer. Dans Le Seigneur des Anneaux, couic ! Dans Games of Thrones, couic ! Dans Black Death, couic ! Presque un collègue de travail, tellement il est habitué à la mort.

Mais si tu veux un rôle, pas de soucis, j’en parlerai au producteur le jour où j’en trouverai un. Un truc de composition, style une journaliste dans le numéro un des médias du funéraire. Je sais pas pourquoi, mais je crois que tu t’en sortiras très bien. Un rôle à Oscar, ça !

Et si le livre pouvait également inspirer une attraction dans un parc d’attraction de chez Disney, ça serait bien, parce qu’il faut aussi que je pense à ma retraite.

Après, d’autres projets, oui, plein. Le roman, donc, j’aide aussi un ami à écrire un livre d’anecdotes sur un tout autre sujet, Mes Sincères Condoléances 3 bien sûr, et puis un projet pour succéder au Livre de la Mort, qui porte le nom de code de « Livres des larmes et de la peur ». On va probablement changer de titre, bien sûr, parce que pour l’instant, c’est pas sexy.

Bientôt Noël, j’imagine qu’il est sur la liste de pas mal de monde, un package avec tes deux autres titres est-il prévu ?

GB : Non, rien de prévu en ce sens.

Mais l’idée de mon livre tout noir avec un squelette en couverture au pied du sapin à Noël me fait toujours sourire. Ça apporte un côté Tim Burton, je trouve.

Pourrait-on en avoir un extrait ?

GB : J’allais te répondre oui, mais en fait, je n’arrive pas à choisir. Le naufrage du Titanic, la gare des morts, les dentiers de Waterloo, le pont maudit des chiens, la voiture de James Dean, la bataille de Camerone, l’invention de la chaise électrique par un opposant à la peine de mort, l’origine des Kamikazes… J’arrive pas à choisir !

Allez, un court extrait, pour mettre l’eau à la bouche :

« Le 8 décembre 1976, on tourne un épisode de la série l’Homme qui Valait Trois Milliards, avec Lee Majors, alors au faîte de sa gloire. L’épisode est intitulé « Le carnaval des espions ».

            Durant une pause, alors qu’on réarrange un décor, un technicien est gêné par un mannequin suspendu à une potence, un accessoire de tournage qui a l’air assez ancien. Naturellement, il essaie de la déplacer, et, ce faisant, fait tomber l’appareil. Jurant entre ses dents, le technicien est sur le point de ramasser le mannequin, lorsqu’il s’aperçoit qu’un bras est cassé. Mais, au lieu de plastique, le bras est constitué de chairs momifiées et d’os.

            Branle-bas de combat, la police est prévenue, et les policiers, interloqués, envoient le cadavre à la morgue, pour qu’une autopsie soit pratiquée.

            Le médecin légiste entame donc la procédure : un examen externe montre que l’inconnu est mort par balles. Sa momification n’est pas naturelle, mais n’a pas été provoquée par du formol classique. Plus curieux, dans sa bouche, on trouve un penny de 1924 et un billet d’entrée pour le musée du crime à Los Angeles. »

Si vous voulez savoir qui était le défunt, la réponse est dans Le Livre de la Mort !


Retrouvez Guillaume Bailly au Salon Funéraire, Paris, le Bourget du 23 au 25 novembre prochain au stand de FunérArts.

Je serais présent au Salon du Funéraire à Paris le Bourget du 23 au 25 novembre, sur le stand de FunérArts, en F06. 
Les trois livres dont le tout dernier, le livre de la mort, seront disponibles pour ceux qui le souhaitent, et je serais pas très loin, au besoin. Je pense qu’on devrait parvenir à trouver un stylo si vous voulez une bafouille. 
C’est un plaisir et un honneur d’avoir été invité par mes amis Cristelle et David !


Vous souhaitez vous procurer le livre de la mort ?  C’est par ici.

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