Le noir est en deuil… Hafed Benotman n’écrira plus.

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Il est des rencontres inoubliables, des gens, lorsqu’on les croise pour la première fois, on sait que l’on va apprendre d’eux, car ils ont tant à dire, ou à écrire dans le cas ci-présent…

C’était en juin 2013, polar à la plage, je discute avec Richard Contin, critique littéraire plus connu sous le blase du concierge masqué, qui me dit :

—Quoi ? Tu dis aimer le roman noir et tu n’as pas lu Benotman ? Viens je vais te présenter Hafed, je suis sûr que tu vas aimer, ce mec est génial…

Et Richard m’a présenté Hafed… Et Hafed est génial,

Un putain de bonhomme le Hafed, toujours un grand sourire aux lèvres, des discours, où même moi grande gueule comme je suis, je ne le coupais pas, parce qu’il savait me captiver.

Éboueur-192x300 Le noir est en deuil… Hafed Benotman n’écrira plus.J’ai donc lu les livres d’Hafed, j’ai particulièrement apprécié son roman autobiographique Eboueur sur échaffaud.

Une véritable plume noire et réaliste, un auteur profondément humain, et tous ceux qui ont croisé sa route ne peuvent l’oublier, le cœur sur la main, ouvert aux autres.

Hafed Benotman était aussi un auteur totalement différent des autres, en 1979, à l’âge de 19 piges, Hafed est condamné à faire de la prison suite à un braquage. En centre pénitentiaire il refuse le travail obligatoire, mais participe à des ateliers théâtre, libéré en 1984 il continue dans le théâtre avec la compagnie de la pierre noire.

En 1990, il récidive, Hafed retourne en prison. En 1993, alors qu’il est toujours à l’ombre, est édité les forcenés, son premier recueil de nouvelles.

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C’est en prison, lors d’atelier d’écriture, qu’il croisera la route de Jean-Hugues Oppel, grande plume noire aussi. Jean-Hugues l’encourage dans la voix de l’écriture.

A partir des années 2 000, François Guérif, éditeur chez Rivage Noir soutient son travail et édite pratiquement toutes ses œuvres.

Hafed a vécu la prison, la cavale, pour éviter la double peine, une vie mouvementée. Rangé des voitures depuis quelques années, après dix-sept d’enfermement, il se consacrait essentiellement à l’écriture, et quelle écriture.

Un homme engagé dans divers combats, surtout la cause carcérale pour plus d’humanité dans les prisons, un homme au charisme exceptionnel. Un homme qui ne voulait pas témoigner mais convaincre.

J’ai recroisé Hafed en juin dernier, toujours au Havre, nous avions discuté longuement d’un projet.

Je n’ai pu aller le voir en décembre chez l’ami David Coulon, j’aurai pu le revoir une dernière fois…

Hafed s’est éteint, la littérature noire perd l’une de ses plus grandes plumes.

Bon voyage mon ami…

Sébastien Mousse
L’atelier Mosésu

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