Lénaïc : Thanatosis Minuit Dix ou les méandres sombres de notre âme

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Thanatosis Minuit Dix

Catharsis. S’il n’y avait qu’un seul mot à retenir du travail de Lénaïc Noirot se serait celui-là.  3 ans après son premier ouvrage Thanatosis : Kill Yourself, le jeune auteur récidive en nous amenant dans les méandres sombres de notre âme avec Thanatosis : Minuit Dix.

À contre-courant

Il s’agit d’une autobiographie romancée. Lénaïc a perdu son frère lorsqu’il était encore très jeune. S’en est suivi des années de dépression où seul l’écriture à fait figure pour lui de thérapie.

Des termes crus, un langage épuré sans aucune vulgarité, voilà les maitres mots de son ouvrage.

« […] Me voilà devant une affiche, et je lis, je lis ce que j’ai fait, et relis… encore et encore. L’ai-je vraiment fait ? Je n’en sais rien. Mais, qui me croit, alors ? Qui sait ce que ça fait d’être comme moi ? Et ces cris, ces hurlements en moi. Comment m’y prendre ? Je ne le ferai pas… JE DOIS ! Et cette voix hurlante, je ne peux l’entendre… Aidez-moi… Je ne peux pas… Je ne peux pas… Je ne peux plus… »  –  Gabriel

Les maladies mentales sont mises en perspectives. Si l’on quitte la dépression c’est pour mieux s’engouffrer dans le labyrinthe de la schizophrénie. Sujet sensible pour moi, rappelez-vous je vous en avais parlé ici. D’ailleurs – sans dévoiler toute l’intrigue – l’auteur nous laisse sur une fin ouverte où l’on se demande si tout cela est bien réel.

Noir dessein ? Pas vraiment, ce que je vois surtout au travers des pages c’est que oui, l’ombre est présente mais elle sert surtout à mieux mettre en lumière la vie.

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Pour faire disparaître l’ombre, il faut parfois éteindre la lumière.

Thérapeutique et cathartique ne sont pas simplement des outils d’auteur. N’oublions pas que la vocation première de la catharsis est d’expier les passions – pathos en grec, qui signifie la souffrance – sur la scène des tragédies grecques. Elle est ici, tout aussi nécessaire à l’auteur qu’à son lectorat.

N’oublie pas de vivre

Le message ? Une sorte d’ode à l’instant présent, car tout peut nous échapper. Un carpe diem mesuré, véritable bulle d’espoir pour tous ceux et celles qui se reconnaitront à travers les mots de Lénaïc. Une sorte d’enveloppe chauffante, une couverture de survie pour ne surtout pas se sentir seul. L’objectif final étant de relativiser et d’apprendre à saisir les opportunités de la vie.

Sur le chemin de la rémission

Pas tout à fait perdu, pas tout à fait guéri. L’ouvrage de Lénaïc c’est surtout un trait d’union, un fil d’Ariane, une direction à suivre et à prendre pour tous ceux et celles qui sont en voie de guérison. D’ailleurs le langage médical est très présent pour l’auteur qui voit dans l’écriture un médicament et une béquille.

Genèse

Ce jeune homme de 27 ans originaire du Berry se sent perpétuellement agressé par la tristesse humaine. C’est pourtant elle qui nourrit le mieux ce mal être parfois nécessaire au travail créateur de l’écriture. Voilà pourquoi il met en général trois ou quatre ans entre chaque ouvrage. Il y a un dangereux équilibre à trouver entre le mal-être et la joie, avec des moments de solitude voire d’ermite très marqués et nécessaires.

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La mise en abime du deuil

« Uniquement une préoccupation des vivants » le véritable deuil ne se termine jamais. Dans ses ouvrages, il y a de son histoire, de son vécu, des morceaux de deuil parsemés sur le chemin de l’apaisement. « L’important est d’être à l’écoute de ses propres sentiments et de se sentir libre. Il faut laisser la liberté aux gens qui s’aiment ».

Finalement d’un roman qui paraît sombre, on parle surtout beaucoup de la vie, et entre les deux, il y a toujours…beaucoup d’amour.

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