« L’enfant des cimetières » de Sire Cédric

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Lors du salon Quai du Polar (QDP pour les intimes) de l’an dernier à Lyon, Gaëlle Perrin, auteure de son état me fait la morale comme quoi je devrai avoir honte de n’avoir jamais lu Sire Cédric !

enfant-cimetieres-191x300 "L'enfant des cimetières" de Sire CédricEn un on ne peut pas tout lire, en deux, moi, je suis plus roman noir et polar, que fantaisy.

Là, la leçon continue, comme quoi ce n’est pas vraiment de la fantaisy, mais plus du thriller fantastique, que si j’aime le noir, je ne vais pas être déçu du voyage et que Sire Cédric faut le lire, basta !

Vu que Sire Cédric est là, qu’il arbore un magnifique tee shirt Albator du plus bel effet, je me suis senti obligé de m’offrir une de ses œuvres, premier titre à me faire de l’œil : l’enfant du cimetière, logique pour un croque-mort, je prends le bouquin en main et là, ce n’est plus de l’œil que me fait le quatrième de couverture, mais carrément du racolage :

Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avec un fusil à pompe avant de se suicider. Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre. Plongé dans cette épidémie meurtrière, David, photojournaliste et compagnon de Kristel, décide de mener l’enquête. Avec l’aide d’Aurore, une jeune collègue ambitieuse, et du commandant de police Vauvert, ils vont être bientôt confrontés à l’inimaginable. Meurtres sordides et suicides pour le moins étranges s’enchaînent sous les yeux terrifiés des trois enquêteurs. Nathaniel, aussi insaisissable que maléfique, n’est pas un jeune homme ordinaire… L’enfant des cimetières prend un plaisir manifeste à tuer, à prolonger l’agonie douloureuse de ses victimes. Homme ou démon ? Rien ne semble pouvoir l’arrêter dans son abominable quête. David, qui n’a plus rien à perdre, est prêt à tout pour venger Kristel, quitte à suivre Nathaniel jusqu’en enfer.

J’ai donc décidé d’écouter Gaëlle et de m’offrir le livre ; noté qu’elle aurait pu me l’offrir, mais bon…

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Sire Cédric

Sire Cédric a une écriture très fluide, magnifiquement bien construite, faite pour le genre du thriller, oserai-je dire thriller gothique ?

Partant d’une légende urbaine comme quoi certains soir, lorsqu’on se promène dans un cimetière, (si on se promène le soir dans les cimetières !), il arrive d’apercevoir un étrange garçon, dont la seule vision vous met très mal à l’aise. Il s’agit en réalité d’un spectre, et on raconte que si cet enfant croise votre regard, alors les cauchemars vont s’emparer de vous, jusqu’à vous faire sombrer dans la folie et vous pousser au suicide, précédé parfois de meurtres.

Selon certains témoignages, l’apparition est dotée d’une chevelure blanche de vieillard. On peut donc penser que cette légende est à l’origine une déclinaison du mythe de la Dame blanche.

Cet enfant fantôme aurait également été aperçu dans des salles d’opération ou dans les morgues des hôpitaux. Bref voir l’enfant des cimetières est considéré comme une prémonition de l’annonce de sa propre mort, imminente qui plus est. Cela rapproche donc aussi cette légende de celle de Bloody Mary, qui, elle, apparaît dans les miroirs, pour une conclusion identique (la mort de celui qui l’a vue).

C’est une légende récente, qui est apparue ces dernières années. En outre, elle semble être propre à la région Sud, le pendant masculin de la dame blanche des bretons. Donc partant de cette légende, Sire Cédric tisse sa toile, sa trame et vous entraine dans une lecture haletante, des personnages biens construits et surtout une ambiance légèrement horrifique de toute beauté. Le surnaturelle est présent à chaque page, mais sans en faire de trop, juste assez pour vous emmener dans l’aventure, pour faire douter de temps à autre votre esprit cartésien, L’écriture est visuelle, j’entends par là que vous n’avez nullement à imaginer, Sire Cédric a scénariser son roman, même dans les scènes les plus gores, car telle est la marque de fabrique de l’écrivain, des scène avec du sang, de la cervelle et des tripes, un peu comme dans la regrettée série Gore du fleuve noir des années 80.

C’est violent, sanguinolent, noir à souhait, mais sans jamais sombrer dans le cliché, sans en faire des caisses, si vous êtes amateur de littérature fantastique, si des films comme la maison du cimetière, la Malédiction, Amythiville et autres vous ont plu, n’hésitez pas une seule seconde, par contre si vous ne lisez que Barbara Cartland et la collection Harlequin, oubliez tout de suite cette chronique, merci …

Citation du livre :

Aux premières lueurs de l’aube, elle perd les eaux – rouge profond – et l’enfant glisse enfin hors de son corps, sans le moindre son, tel un mort lui-même. Il ne crie pas, ni ne pleure. Il ouvre seulement ses grands yeux bleus, et la dévisage en silence. Ses cheveux sont déjà assez longs, et blancs, à l’image de ceux de sa mère. Souillés par les sécrétions du placenta.
Naemah arrache le cordon ombilical de ses entrailles, et le tranche d’un coup de dent à la base du ventre de son enfant. Un chagrin infini brille dans les yeux du nouveau-né. Elle le serre contre elle, l’embrasse une unique fois sur la bouche, puis elle le dépose dans les bras d’un gisant de marbre à l’air circonspect.
Alors qu’elle se tient ainsi penchée sur lui, une ultime larme roule sur sa joue, une goutte de parfaite noirceur.
Une larme pour le pardon.
Elle éclate sur le front de l’enfant, y imprimant la forme d’une étoile noire.

L’enfant des cimetières de Sire CEDRIC

Éditions Pocket ISBN 978-2-266-20365-4 7,60€

MOUSSE Sébastien

L’atelier Mosésu

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Sébastien MOUSSE ©SELEN-DE-CONDAT

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