Les associations de crématistes adressent des griefs aux médecins

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C’est une histoire à la fois banale et terrible dont l’association de crématistes du Berry, membre de la FFC, nous a fait part. Le point de départ, le décès d’une adhérente.

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Carte de France des crématoriums – Source: FFC

Un décès

Lorsque cette dame a manqué un rendez-vous avec une amie avec qui elle devait travailler pour le club du troisième âge dont elle était également membre, et dans laquelle elle était très impliquée. Son amie a donc décidé d’aller voir sur place et, devant la porte close et les store fermés, a prévenu le fils, puis les pompiers. Enfonçant la porte, ces derniers ont trouvé la dame dans son lit, paisiblement décédée pendant son sommeil.

Prévenue, la famille a donc décidé de transporter le corps à une maison funéraire, pour pouvoir s’y recueillir en toute sérénité. Mais avant toute chose, il faut faire constater le décès et établir un constat.

Un certificat de décès

Le premier réflexe des proches est de contacter SOS Médecins. Pour cela, pas d’effort extraordinaire à fournir, puisqu’il suffisait de sortir sur le palier et de frapper à une porte qui s’y trouvait : la défunte et les médecins étaient voisins de palier. Mais, pour une raison incompréhensible, impossible de faire franchir au praticien les quelques mètres qui le séparaient de l’appartement.

Les proches décident alors de contacter le médecin traitant, qui oppose un problème : celui-ci est à court de certificats de décès vierges.

Les proches continuent leur quête d’un médecin dans les alentours, essuyant de multiples refus, jusqu’à ce qu’un docteur, membre de l’Association Crématiste, n’écoute le message sur sa boîte vocale. Il propose une solution : il ne peut se déplacer, la salle d’attente de son cabinet étant pleine de patients requérants ses services, mais il peut en revanche donner un certificat vierge au médecin traitant. Et ainsi fut fait.

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La défunte put ainsi être transportée à la maison funéraire et sa famille s’y recueillir, en fin d’après-midi, plusieurs heures après le décès.

carte_Berry-300x264 Les associations de crématistes adressent des griefs aux médecinsUn problème, quelle solution ?

On serait tenté de se dire « tout est bien qui finit bien », sauf que rien de tout cela n’aurait dû commencer. Nous avons déjà parlé ici du véritable problème qui se pose lorsqu’il s’agit de faire établir un certificat de décès (et ici, une question posée par un sénateur et la réponse du ministère). Loin de se résoudre, celui-ci ne fait que s’accentuer. La constatation médicale de la mort semble être un secteur en voie d’abandon par les praticiens. Problème, le certificat est obligatoire, et, pour des raisons évidente, l’abandonner n’est pas une option.

Ce sont encore et toujours les familles qui en pâtissent, ajoutant stress et agitation à un moment ou il serait particulièrement adéquat de ne proposer que sérénité et recueillement.

Il serait important de rappeler mesdames et messieurs les médecins à leurs obligations. Certes, il est aisé de comprendre qu’il préfèrent consacrer leurs efforts à soigner les vivants plutôt que de s’occuper des morts, mais permettre à une famille, des amis, des proches, de pourvoir commencer sereinement leur deuil est aussi une façon de prendre soin d’eux.

Les crématistes remontés contre les médecins

D’autant que ce n’est pas le seul grief que les Associations de crématistes ont à porter au crédit du corps médical. Monsieur Simon, de l’Association Crématiste du Berry, en lien avec la Fédération Française des Crématistes, a tenu a soulever un autre point, sur une autre affaire. « Pourquoi le cardiologue chef de service, les médecins de ce service ayant constaté le décès d’un patient à l’hôpital, muni d’un pace maker n’ont pas voulu le retirer, comme la loi le prévoit, et ont obligé la famille du défunt à faire appel à un thanatopracteur pour un coût de plus de 90 € ? » Monsieur Simon nous a précisé que ce cas n’était pas unique, et qu’une question avait officiellement été adressée par l’Association au Ministre concerné par l’intermédiaire de leur député.

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Les associations départementales et la Fédération Française de crématistes s’engagent en tout cas à être présent aux côtés des familles lors de ce moment difficile, lorsque des problèmes surviennent. Si nous pouvons les aider en les médiatisant, ce sera toujours avec joie.

3 COMMENTAIRES

  1. Le déplacement d’un médecin pour la signature du certificat de décès semble effectivement devenir compliqué, et au-delà le problème des médecins de garde. À mon niveau local lorsque je travaillais encore dans les pompes funèbres, mais confirmé par des collègues d’autres régions, ces tâches sont de plus en plus « réservées » aux médecins dont les salles d’attente se vident. Faute de clientèle, il faut bien vivre tout de même, on accepte ceux que les autres refusent de faire. Mais si la clientèle disparaît, ce n’est jamais un hasard, les médecins ainsi « désignés » signent des certificats de décès sans connaître le défunt, son état de santé avant le décès, la présence ou non de pacemaker, etc etc… J’ai même longtemps dû composer avec un médecin qui refusait tout bonnement de cocher les cases pour lesquelles il n’avait pas de réponse (cf pacemaker), ou carrément qui gardait avec lui le fameux sésame jusqu’à obtenir le règlement des pompes funèbres…

  2. Quelle est le texte de loi qui précise que le service de l’hôpital où décède le patient doit enlever le pace-maker? (Je n’en ai jamais entendu parlé!)

  3. Le texte ne mentionne pas que c’est le médecin où le patient décès qui doit le retirer. Mais qu’il doit être retiré par un médecin ou un thanato. En effet, si cela était fait, ça éviterais des frais aux familles et des fois des déplacements de plus de 50km juste pour retirer un pace au Thanato.

    Article R2213-15 du CGCT

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