Les bons et les mauvais Thanatopracteurs, mythe ou réalité ?

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bon ou mauvais thanatopracteur
bon ou mauvais thanatopracteur ?

Y a-t-il des bons et des mauvais Thanatopracteurs ? Il ne nous appartient assurément pas d’en juger (sauf le jour de l’examen bien-sûr) mais il existe par contre avec certitude de bons et de mauvais soins.

La Thanatopraxie est une affaire de technique, certes, mais nous possédons tous le même Diplôme alors nous sommes tous capables d’effectuer un soin de conservation dans les règles de l’art. Qu’est-ce qui par la suite va différencier les « bons » des « mauvais » ?

Pour Mickaël, jeune padawan, « Le mauvais Thanato est celui qui considère sa formation terminée après l’obtention du Diplôme, ne se remet pas en question, ne maîtrise que sa propre technique, n’observe pas le corps en cours de soin, privilégie la présentation plutôt que la conservation ou l’inverse et travaille à la quantité et non à la qualité. »

Un Thanatopracteur de notre connaissance, plus expérimenté, pense en revanche que « Bon ou mauvais, tout dépend de la personne qui apprécie le soin. Aux yeux du Thanatopracteur, le meilleur soin est celui qu’il pratique, aux yeux d’un employeur, un Thanato est bon s’il a peu ou pas de retours et une bonne productivité et aux yeux des pompes funèbres, un bon Thanato est une personne réactive pouvant tout réaliser pour pas trop cher. »

Ces deux points de vue se défendent. Pour un Thanatopracteur débutant, le pire est sans doute de considérer qu’il n’a plus rien à apprendre. Cela lui ferme toute perspective d’évolution dans son art (car nous considérons que l’embaumement en est un). Répéter sans cesse les même gestes de manière machinale sans vraiment les comprendre, quelle tristesse… Alors qu’il y a tellement à découvrir, à commencer par d’autres techniques. La curiosité et l’ouverture d’esprit font sans aucun doute partie des qualités essentielles d’un « bon » Thanatopracteur.

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La rapidité, l’efficacité, la productivité, voilà en vérité ce qu’on nous demande. Nous sommes obligés de prendre en compte le fait que le Thanatopracteur se trouve bien malgré lui au cœur d’un système qui lui impose d’être rentable. Un bon Thanatopracteur se doit donc également d’être réactif, même s’il ne doit jamais perdre de vue qu’il travaille avant tout pour les familles.

Nous avons une obligation de moyens et il nous faut tous les mettre en œuvre avant de considérer que notre travail est terminé. Le résultat dépend bien-sûr pour partie de l’état du corps mais avant de jeter l’éponge, nous devons tout tenter, d’où l’importance d’acquérir un maximum de connaissances, quand le « mauvais » Thanato ne verra pas plus loin que le bout de son nez et sera incapable de faire face à des complications.

Qu’est-ce que la Thanatopraxie, un art ou un simple « taf » ? Le travail du thanatopracteur ne s’arrête pas une fois qu’il a terminé d’injecter et de ponctionner. Il y a un suivi des corps, qui nous permet de nous poser les bonnes questions et de continuer à évoluer dans notre technique. Nous ne sommes pas des fourmis ouvrières, nous pratiquons un vrai métier qui demande autant de dextérité que de réflexion.

Pour conclure, ce qui pourrait différencier le « bon » Thanatopracteur du « mauvais », tiendrait essentiellement à ses qualités humaines. Au-delà de l’habileté manuelle, il doit toujours continuer à apprendre, rester humble, garder son esprit ouvert et surtout savoir préserver la flamme de la passion qui l’anime.

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Par Claire Boukhalo et Sébastien Sarazin (ou l’inverse)

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