Les boulettes du nouvel an aux pompes funèbres

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La nouvelle année est toujours une période délicate, propice à des erreurs minuscules mais parfois lourdes. Petit rappel des écueils à destination des professionnels fatigués par l’abus de chocolat.
En quelle année c’est ?

Il y en a toujours : les décès à cheval sur deux années, le trépas survenant en 2015 et les obsèques en 2016. La question qu’il faut alors poser est « en quelle année c’était ? ». Non, ne riez pas. Parce que la thanatopracteur, il a fait ses soins le 31 décembre 2015 au soir, ou le premier janvier 2016 au matin ? Lorsque vous renseignez votre déclaration, il est toujours intéressant de le savoir. Même s’il est vrai que, dans l’absolu, la question peu paraître bizarre…

Autre motif de vigilance, le réflexe. Explication : pendant 365 jours, vous avez inscrit « 2015 » sur vos documents, et soudain, vous devez perdre cette habitude, pour désormais écrire « 2016 ». C’est dur. Et, pardon de jouer aux oiseaux de mauvaise augure, l’an prochain, ce sera encore plus dur, puisque vous aurez gardé votre nouvelle habitude 366 jours.

LA boulette, inévitable, qui sera commise dans au moins une agence de pompes funèbres en France, elle est simple : un document sur lequel sera précisé que le défunt nous a quittés le 31 décembre 2015, et d’où on pourra déduire qu’il était à la fois prévoyant et endurant, puisque ses soins de conservation avaient eu lieu le premier janvier 2015. Toute une année avec autant de formol dans le corps, tout le monde ne pourrait pas le faire.

Et surtout, surtout, n’oubliez pas

Mais le détail à ne pas oublier, non plus, c’est… Allez, vous le savez, si, si. Même si vous êtes désormais un conseiller funéraire calé au chaud dans un bureau non loin de la machine à café, vous avez certainement déjà été au dépôt, glacial parce que mal isolé, pour… Graver une plaque de cercueil ou pour une croix de remarque.

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Et l’année est généralement la seule chose qu’on laisse en place dans le guide, partant du principe qu’elle y est pour un an. Mais là, il va falloir en changer. Et même, en changer plusieurs fois, s’il y a eu une forte activité dans votre agence et des décès survenus aussi bien en 2015 qu’en 2016.

C’est là qu’il convient d’être vigilant, parce que si la date n’est pas la bonne sur la plaque du cercueil, ça va se voir.

Et n’espérez pas d’indulgence. Certes, vous pourrez penser que la famille comprendra qu’il y ait eu beaucoup de décès, sur une période compliquée pleine de ponts, à cheval entre deux années, et qu’il est humain de se tromper. Ca, c’est le point de vue du professionnel. Mais la famille, elle, comprendra juste que son défunt est pour vous un parmi d’autre, et que leur cher disparu n’a pas bénéficié de toute votre attention.

Pour conclure, la période est délicate, parce qu’à cheval entre deux années, que les jours fériés sont propices à une accumulation de dossiers à traiter, il y a trois jours, vous étiez en train de faire la fête jusqu’à une heure avancée de la nuit pour la nouvelle année, même pas encore remis de la dinde de Noël, et s’il y a, subséquemment, une boulette à faire, c’est maintenant ou jamais.

Pour ces raisons, il nous a semblé indispensable :

  • De bien insister sur le fait que, dans notre métier, les boulettes sont par dessus tout à proscrire si elles sont évitables,
  • De vous rappeler que, oui, nous sommes bien en 2016,
  • De vous présenter tous nos vœux pour cette nouvelle année. Bonne année à vous, donc.
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Comme l’a dit une fois un responsable d’agences, à une galette des rois organisée par sa société, « Bonne santé à vous et à vos proches, mais pas aux gens, parce que sinon, on n’aura ps de travail ». Il a fait un flop.

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