Les causes de décès en France

Evolution des principales causes de décès en France :

Depuis les années 50, l’espérance de vie n’a cessé de progresser en France. De 1950 à 2005, elle est passée de 66,4 à 80,3 ans (chiffres tirés de la synthèse de France Meslé, chercheure à l’Ined dans la revue Population n°4 de 2006). Une telle augmentation est d’abord due à la baisse de la mortalité infectieuse qui a permis un recul de la mortalité à tous les àges (notamment chez les jeunes enfants) mais également à la baisse de la mortalité à des àges de plus en plus élevés, principalement grâce à la réduction de la mortalité due aux maladies cardio-vasculaires. Ainsi, la progression de l’espérance de vie s’est poursuivie à la fin du XXe siécle. Dans le détail, pendant les quinze dernières années, la mortalité a baissé pour les maladies cardio-vasculaires, les tumeurs, les morts violentes et les affections digestives et elle est restée quasi stable pour les maladies de l’appareil respiratoire. Toutefois, les évolutions ont été moins favorables à la fois pour les maladies infectieuses et les autres maladies. Déjà, il est important de rappeler que les cancers représentent encore la première cause de décès pour les hommes comme pour les femmes. De plus, l’apparition du sida au début des années 1980 a provoqué une nette augmentation des infections mortelles. Néanmoins, grâce à la prévention et à l’évolution des recherches comme des traitements, cette augmentation n’a que peu duré et au bout de quelques années la mortalité infectieuse a recommencé à baisser légèrement aux niveaux qui prévalaient avant l’arrivée du sida. Enfin, la canicule de 2003 est également un des facteurs qui a contribué à interrompre la baisse de la mortalité dans notre pays pendant quelques mois avant qu’elle ne raparte vers 2005.

 

Aujourd’hui, grâce à l’allongement de la durée de la vie aux âges élevés, l’espérance de vie française continue sur sa lancée soit 84,4 ans à la naissance pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes (en 2007), (chiffres issus du rapport de la Drees réalisé en 2008). Mais là ou le bas blesse c’est que la mortalité prématurée, à savoir survenant avant l’àge de 65 ans, reste dans notre pays l’une des plus élevées de l’UE. Ces types de décés représentent ainsi environ 20% de l’ensemble des décés et concernent pour 70% d’entre eux des hommes. Environ un tiers d’entre eux sont de surcroît associés à des causes de décés évitables par la réduction des comportements

à risque (comme le tabagisme, l’alcoolisme, les conduites dangereuses, les suicides, etc.). En 2005, parmi les 27 pays de l’Union européenne, la France enregistre pour les hommes un taux de mortalité évitable élevé et se place alors aprés les nouveaux adhérents d’Europe centrale, les Pays Baltes et la Belgique. Face à un tel constat les autorités françaises ont indiqué vouloir améliorer à la fois la prévention et la prise en charge des séniors afin d’endiguer le phénomène.