Les cimetières intercommunaux, acteurs de la Métropole parisienne

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colloque SIFUREP

Le colloque annuel du SIFUREP, le 13 octobre, à Paris, a permis de dresser un état des lieux de la situation et des enjeux des cimetières intercommunaux dans la Métropole parisienne.

Alors que des millions de Français iront à l’occasion de la Toussaint, le 1er novembre, fleurir les tombes de leurs proches, le Syndicat Intercommunal Funéraire de  la  Région  Parisienne (SIFUREP) a rendu public le 13 octobre, lors de son colloque annuel, une étude menée conjointement avec l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) qui montre la place déterminante des cimetières intercommunaux dans la Métropole parisienne.

Depuis la création des cimetières modernes au XIXème siècle se pose la question de l’évolution de la mortalité et de la place à réserver aux morts. Les variations démographiques, l’exposition aux risques (canicule, épidémie, pandémie…), l’accroissement de la durée de vie et l’évolution des pratiques funéraires avec la  crémation sont autant de phénomènes sociétaux qui rendent complexes la prospective en la matière.

Les cimetières intercommunaux, acteurs incontournables de la Métropole parisienne

Créés en 1956 pour faire face à la saturation des cimetières communaux, à une époque où il y avait peu de crémation, peu de reprises de sépultures et où les concessions perpétuelles étaient encore fortement délivrées, les cimetières intercommunaux ne cessent depuis de se développer.
« Ils assurent toujours une partie importante de l’activité funéraire, tant dans les inhumations de cercueils (caveaux et pleine terre) que dans l’offre cinéraire (dispersions et inhumations d’urnes), explique Frédéric Bertrand, Architecte urbaniste à l’APUR. Ils proposent une importante diversité de grands équipements (crématoriums, funérariums, salles de cérémonie …), d’offres de sépulture (ossuaires, jardins du souvenir, columbariums, enfeus). Tous possèdent désormais des carrés confessionnaux (israélite, musulman, orthodoxe) ».
« Plus de soixante ans après leur création, les cimetières intercommunaux gardent un potentiel de développement funéraire important. Il convient d’intégrer les résultats de cette étude dans l’aménagement des communes, des intercommunalités, de la Métropole, tout en gardant comme objectif l’amélioration de la qualité du service public », déclare Jacques Kossowski, le président du SIFUREP.

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Jacques Kossowski, le président du SIFUREP

Lieux du souvenir pour les familles des défunts, les cimetières intercommunaux sont aussi des sanctuaires patrimoniaux et artistiques. Certains accueillent de véritables œuvres d’art : le cippe monumental de Maurice Calka au cimetière du Parc à Clamart, « La lanterne des morts » de Henri-Jean Calsat à La Courneuve ou « Les âges de la vie » de Pierre Székely à Valenton. Pour cinq d’entre eux, ce sont aussi des arboretums à ciel ouvert. « Ils contribuent de manière importante au patrimoine du XXème siècle en matière d’art, d’architecture, de paysages et d’arts appliqués », souligne Jacques Kossowski.
Le cimetière des Joncherolles est à cet égard exemplaire. Conçu par le célèbre architecte et urbaniste Robert Auzelle (1913-1983), il accueille une des œuvres phares du sculpteur Maurice Calka, « Les Trois Parques ». Les mosaïques de la grande salle du crématorium ont été réalisées par le peintre et architecte Atila Biro (1931-1987). Quant aux magnifiques portes d’entrées monumentales rouge en lave émaillée, elles sont l’œuvre du sculpteur Pierre Sabatier (1925-2003).

A la croisée de deux communes Pierrefitte-sur-Seine et Villetaneuse, le site des Joncherolles est aussi l’un des plus grands cimetières paysagers de la région parisienne. Les aménagements réalisés ces dernières années (nouvelles entrées, mobilités douces, accessibilité handicapés, gestion écologique, etc.) en ont fait aussi un lieu de promenade pour les habitants.

A l’instar des parcs et jardins, les cimetières intercommunaux sont devenus des îlots de nature dans la ville. « Ce sont de véritables parcs. Ils contribuent à la trame verte et au rafraichissement », estiment les auteurs de l’étude, qui notent que « les règlements d’urbanisme des communes (PLU) protègent généralement les cimetières intercommunaux tant pour leur vocation que pour leur valeur paysagère ».

En sus de cette gestion au quotidien, les cimetières intercommunaux, avec leur réserve foncière, peuvent constituer une réponse au nouveau défi de la gestion de décès massifs dans le cadre du plan ORSEC (organisation de réponse de Sécurité civile). « Les récents événements nous ont montré qu’il convient maintenant de faire face à ces situations qu’il faut savoir traiter avec dignité et souvent dans l’urgence », note Jacques Kossowski.

Les cimetières intercommunaux peuvent être des outils de mutualisation de compétences, estiment les auteurs de l’étude et le SIFUREP. Une démarche de valorisation de ces équipements mériterait d’être poursuivie, tant du point de vue culturel (Journées du patrimoine) que dans le cadre d’un observatoire plus large (échange de savoir-faire entre cimetières intercommunaux et communaux, évolution de l’activité, des offres funéraires et des modalités de gestion…). Telle est la conclusion de cette journée d’étude qui a rassemblé plus d’une centaine de professionnels du funéraire.

* Les 7 cimetières intercommunaux étudiés sont : le Cimetière du Parc à Clamart (92), le cimetière de la Fontaine Saint Martin à Valenton (94), le Cimetière de Chevilly Larue ( 92), le cimetière des Joncherolles à Villetaneuse ( 93), le cimetière intercommunal de Tremblay-en-France (93), le cimetière de Bondy-Pré-Saint-Gervais (93), le cimetière de la Courneuve (93). Étude disponible sur le site APUR http://www.apur.org/etude/situation-enjeux-cimetieres-intercommunaux

SIFUREP Les cimetières intercommunaux, acteurs de la Métropole parisienneA PROPOS DU SIFUREP – www.sifurep.com

Créé en 1905, le SIFUREP (Syndicat Intercommunal Funéraire de la  Région  Parisienne)  assure  la  gestion  et  le  contrôle  du  service public funéraire pour le compte de 96 collectivités, soit un territoire de plus de 3 800 000 habitants. Il gère le service extérieur des pompes funèbres et 7 équipements funéraires par gestion déléguée : 6 crématoriums (Mont-Valérien à Nanterre, Val de Bièvre à Arcueil, Parc à Clamart, Champigny-sur-Marne,  Montfermeil et Tremblay-en-France) et 2 chambres funéraires (Nanterre, Montreuil).
Le SIFUREP est présidé depuis le 23 mai 2014, par Jacques Kossowski, député-maire de Courbevoie, Président de Paris Ouest La Défense.

A PROPOS DE L’APUR – www.apur.org
L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a été créé en 1967 par le Conseil de Paris. Il réalise des données, des cartes de références et des études au service des politiques publiques d’aménagement à l’échelle parisienne et métropolitaine.
Une étude sur les cimetières communaux du SIFUREP a déjà été conduite en 2010

Source: COMMUNIQUE DE  PRESSE – PARIS, LE 17 OCTOBRE 2016

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