Les crématoriums et les riverains, je t’aime, mais de loin

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Trouver un terrain pour un crématorium, un casse-tête.
Auch n’est que le dernier exemple : les français veulent des crématoriums, oui, mais pas près de chez eux. Mais pas loin non plus… Casse-tête insoluble ?
C’était un petit jardin…

Tout est résumé dans l’article de La Depêche qui rends compte des réticences riveraines de la zone ou doit être construit le futur crématorium du Grand Auch. Tout est même dit dans le première phrase « S’ils ne contestent pas la création d’un crématorium, des riverains du futur site refusent de le voir se construire au bout de leur jardin. ».

Les histoires sont presque identiques, peu importe où elle se situent. Dans un premier temps, la municipalité annonce un projet de crématorium. La population dans son ensemble approuve. Dans un second temps, l’emplacement retenu pour l’emplacement de cet équipement est dévoilé, et les riverains font part de leur opposition : crématorium, je t’aime, mais de loin. Le crématorium finit par se faire, à l’emplacement choisi ou un autre, largement après le délai et au delà du coût annoncés.

Quid du reste des habitants ?

La plupart observent un silence prudent : soutenir un crématorium n’est pas une bonne idée, selon eux, puisque si soudainement le projet était modifié, et que le nouveau terrain se situait dans leur quartier, il serait compliqué de s’opposer à un projet qu’ils ont soutenu quand il se faisait « chez les autres ». Et soutenir les riverains concernés, c’est courir le risque de faire capoter le projet… Et d’en voir un nouveau sortir de terre devant chez soi.

D’une manière générale, l’attitude de la population se partage entre la franche opposition pour les riverains, et silence prudent pour les autres, tout le monde, néanmoins, s’accordant à dire que « oui, un crématorium est nécessaire, l’opposition à ce projet n’est pas une opposition à l’équipement ». Il est vrai qu’un abandon complet du crématorium, obligeant les familles à faire plusieurs dizaines de kilomètres à chaque deuil pour se rendre au plus proche, n’aide pas ceux qui en sont la cause à gagner des concours de popularité.

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Ou faire un crématorium ?

Il est vrai que les riverains ne sont pas le premier élément pris en compte dans le choix d’un emplacement. Le crématorium devra d’abord être placé à proximité d’une voie rapide. Ceci, pour en faciliter l’accès, mais également, parce que ces dernières sont souvent construites en parallèle avec les réseaux, d’électricité et surtout de gaz, par exemple. Oui, construire un crématorium au beau milieu de la cambrousse éviterait de déranger qui que ce soit (quoique…) mais ferait exploser les coûts rien que pour l’alimenter en gaz.

Ceci dit, la cambrousse n’est pas non plus une bonne idée, pour l’accessibilité. Un crématorium difficile à trouver, les usagers n’apprécieront pas. Enfin, il y a le cadre : certes, construire un crématorium dans une zone industrielle peut être tentant, mais aller crématiser un être cher entre un haut fourneau et une centrale nucléaire risque de déplaire aux familles.

Pourtant…

Pourtant, avoir un crématorium en face de chez soi, c’est bien. C’est bien, parce que les bâtiments sont souvent d’une architecture à la fois soignée et discrète, le sujet ne prêtant pas aux fantaisies baroques. Les alentours sont soignés, paysagers, arborés, afin d’inspirer de la quiétude.

Les émissions ? Quelles émissions ? A des normes strictes ont succédé des normes encore plus strictes, sur lesquelles les crématoriums sont tous bâtis.

C’est surtout bien, parce qu’avoir un crématorium en face de chez soi, ou à proximité, c’est l’assurance de ne pas avoir autre chose. Il faut garder en tête que le terrain sur lequel est construit le crématorium est à bâtir, que le foncier disponible est rare, et que les croque-morts sont des voisins autrement plus paisibles qu’une grande surface de bricolage ou une cimenterie, par exemple.

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[quote_box_center]Pour aller plus loin, vous pouvez relire l’interview que nous avions réalisée de Thomas Beaucourt, bâtisseur de crématoriums, à trouver ici. [/quote_box_center]

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