Les différentes catégories de deuil : apprendre à les repérer

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2028

Le deuil. Non les deuils. Il y a autant de deuil qu’il y a de personnes sur terre… et en-dessous. Les apprendre et les considérer c’est savoir mieux les détecter et mieux les accompagner.

On nomme « deuil pathologique » un trouble qui surviendrait un an après l’année qui suit le décès, y compris chez des personnes qui jusque là ne présentaient aucun antécédent. Ces manifestations psychologiques et pathologiques apparaissent par des troubles de l’humeur et des troubles anxieux. Ces deuils touchent plus fortement les personnes jeunes à mesure que le deuil est non résolu dit aussi « deuil inachevé » mais nous reviendrons dessus.

Le plus commun des troubles est un syndrome dépressif qui va de la culpabilité par rapport à des manquements lors de la vie de la personne décédée, jusqu’à des idées morbides chez le survivant ou des sentiments de dévalorisation intense. Les conséquences sont un isolement profond, un ralentissement psychomoteur, et parfois des hallucinations.

Lors des Assises du funéraire organisées par la Chambre Syndicale Nationale de l’Art Funéraire – CSNAF- nous avons pu voir les conséquences du deuil. Dans le deuil pathologique, le décès par suicide du survivant dans le cas d’un veuvage n’est pas à exclure.

Le deuil retardé

On peut l’appeler aussi le deuil absent. C’est une sorte de déni prolongé où la personne ignore totalement la douleur de l’absence que cela soit conscient ou non. Le problème de ce genre de déni c’est qu’il conduit à une émergence de la douleur beaucoup plus tard, à un moment qui peut paraître tout à fait anodin. Il entrera ainsi dans un deuil pathologique. Différentes raisons peuvent expliquer un deuil retardé, une douleur trop forte refoulée ou parfois le contexte dans lequel survient le décès n’est absolument pas favorable à un deuil normal, comme une carrière professionnelle très exigeante ou encore, comme cela arrive fréquemment, lors d’une grossesse.

Le deuil non autorisé

C’est le deuil normé, le deuil sociétal, celui dans lequel vous vous sentez honteux parce que vous n’avez pas le droit aux yeux de la société d’exprimer votre douleur. Des cas précis peuvent favoriser l’émergence de ce type de deuil, par exemple dans une société où faire son deuil est mal perçu. Cela peut être aussi en rapport avec la personne décédée, par exemple si c’était un criminel, il y a une notion honteuse derrière la douleur éprouvée.

Autre cas d’apparition du deuil non autorisé, c’est par exemple une ex-femme, ou un amant qui ne peut pas faire le deuil correctement de l’homme ou la femme qu’il/elle aimait parce que cela paraîtrait inconvenant aux yeux des autres.

Un cas particulier que j’ai traité avec le carnet « Je ne t’oublie pas » c’est le deuil animalier, encore mal perçu dans la société qui affecte pourtant de manière très profonde les personnes qui vivent le décès d’un animal de compagnie.

Le deuil inhibé

Là encore c’est un deuil sur lequel je me suis penchée avec le carnet « Je veux te dire » qui place l’enfant au cœur du souvenir. Car le deuil inhibé concerne les personnes qui ont du mal à exprimer leurs émotions, et ce sont souvent les enfants qui sont dans cette configuration. Non pas qu’ils en sont incapables, mais suivant l’âge, soit parce qu’ils s’expriment différemment de nous, soit parce que nous, adultes, nous ne leurs donnons pas la parole.

Le deuil anticipé

Comme son nom l’indique, il apparaît en pleine conscience de la fin de quelque chose, et cela ne concerne pas toujours la mort, mais par exemple peut parfaitement apparaître dans le cas d’un divorce. Ce deuil apparaît également souvent dans le cadre du palliatif lorsque la « perte » est anticipée, envisagée et ressentie. Dans ce deuil très particulier qui survient avant ou pendant une séparation, il y a toujours un sentiment double entre la douleur et le soulagement qui crée un déséquilibre dans les étapes du deuil.

Le deuil histrionique

C’est un deuil dont on ne parle que très peu et qui est directement la conséquence liée au syndrome d’abandon causé par le décès. La personne survivante va finir par adopter les mêmes postures, gestes, et surtout les mêmes symptômes que la personne décédée. Elle peut aller jusqu’à développer les mêmes maladies, tels qu’un cancer ou encore une addiction.

Il existe une multitude de deuils qui relèvent de cas très particuliers, le deuil maniaque de celui qui nie toutes les conséquences du décès, le deuil traumatique, qui fixe la personne à un moment donné, bloquée totalement dans sa mémoire. Le deuil abortif, dont je vous parlais ici, sur le deuil lié à l’avortement et à la fausse couche, le deuil périnatal également.

C’est pour cela que je ne parle jamais d’un deuil, mais des deuils, car nous sommes tous différents face à la mort, et lorsqu’elle survient et emporte avec elle une personne que nous aimons, nous sommes incapables de prédire la manière dont nous réagirons. Si des traitements médicamenteux sont prescrits, ils soulagent les symptômes mais pas la douleur du deuil, seule la parole, la compréhension, l’écoute peuvent permettre de soulager la peine.

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