Les épaves, gisants de la mer-cimetière

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L’océan est un cimetière liquide recouvrant les corps des marins victimes de « fortunes de mer » et des fiers vaisseaux qui les transportaient. Mais au fait, une épave, c’est quoi ?

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Recherche du Britannic par l'équipage du Commandant Cousteau

Des épaves par millier…

Vous êtes vous déjà demandé combien d’épaves jonchaient ainsi les océans ? L’UNESCO, oui. Se basant sur des recherches historiques, une équipe est parvenu à une estimation de 3 millions d’épaves en mer. On ne se demandera même pas combien sont ceux qui y ont perdu la vie : il y aurait de quoi repeupler un pays.

La plus grande épave est récente : c’est celle du Costa Concordia. Elle a détrôné en 2012 celle du Britannic, détenteur du record depuis 1916. Ce navire était un jumeau du Titanic, plus long de cinq mètres, et qui avait heurté une mine Allemande en 1916. Pour l’anecdote, le Britannic coula deux fois plus vite que le Titanic, soit en 55 minutes, et l’épave fut découverte en 1975 par le Commandant Cousteau.

L’épave la plus célèbre est bien entendu celle du Titanic, qui a causé le plus de victimes, 1520.

Parmi ces millions d’épaves, seules un millier présenteraient un intérêt économique. Les autres sont soit inintéressantes, soit trop dégradées, ou leur remise en état reviendrait trop cher pour l’intérêt ainsi dégagé.

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Le Titanic

Mais, une épave, c’est quoi ?

Selon la définition juridique la plus communément admise, une épave est soit un navire en état de non flottabilité qui est abandonné par son équipage, soit un navire abandonné, mais l’on considère également comme épave tout objet perdu en mer, notamment des marchandises.

Il existe des règles bien précises concernant les épaves : ainsi, la légende selon laquelle une épave découverte serait la propriété de son découvreur est fausse… ou du moins à nuancer. En réalité, trois cas de figure se posent : soit l’épave a un propriétaire légitime, soit elle est dans les eaux territoriales, soit elle est couverte par l’UNESCO.

L’épave du Titanic a des propriétaires : il s’agit des compagnies d’assurance qui ont indemnisé la White Star Line après le naufrage. Ces compagnies n’ont pas réclamé leur droit, tout simplement. En réalité, un découvreur d’épave ne se contente pas de la trouver : ils doit la sécuriser et s’assurer de la mettre à l’abri de la nature, si possible, et de la convoitise. Il doit déclarer la découverte 48 heures après l’avoir faite, ou, en cas de force majeure, 48 heures après être rentré au port. Le propriétaire légitime a alors trois mois pour revendiquer la propriété, mais devra, s’il le fait, s’acquitter des frais liés à l’épave, et indemniser le découvreur selon un barème impliquant les frais engagés, mais aussi l’ingéniosité ayant présidé à la découverte et la valeur de la cargaison.

Si l’épave est découverte dans des eaux territoriale, l’état peut en revendiquer la propriété s’il s’agit de matériel militaire. Sinon, le droit s’applique de manière standard, à la différence que l’épave est revendue par l’administrateur maritime, et que le fruit de la vente se partage entre le découvreur et… le Trésor Public.

Enfin, toute épave âgée de cent ans ou plus est couverte par l’UNESCO, qui doit veiller à la préserver des pillages. Cette date automatique couvre ainsi depuis 2001 l’épave du Titanic. James Cameron ne peut plus aujourd’hui y retourner sans autorisation.

Ce qui n’est pas une épave

Enfin, il y a les cas particuliers. L’avion disparu de la Malaysia Airlines n’est pas une épave : les opérations de recherche sont toujours en cours, il s’agit donc d’un aéronef en détresse. Un éventuel découvreur ne pourra espérer aucune récompense.

Il serait d’ailleurs assez cynique d’espérer quoi que ce soit si cet avion était retrouvé. Une règle non écrite sur les « fortunes de mer » veut qu’avant d’être une épave, du moins à notre époque, le deuil de son équipage ait été fait par ses proches.

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