Les femmes et le funéraire, un monde à réinventer

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femmes et le funéraire

8 mars, Journée internationale de la femme. Inscrite dans une longue lignée de luttes ouvrières à travers différents pays, cette journée, capturée par certaines, insultée par d’autres a au moins le mérite d’une chose très importante : revendiquer.

Oui, mais revendiquer quoi ? Compter le nombre de couches changées par papa contre celles changées par maman ? Et si la revendication était bien plus qu’une simple augmentation de salaire ? Et si toute la question tournait autour de la place des femmes dans la société ?

C’est la femme complète qui vous écrit aujourd’hui, la maman, la chef d’entreprise, la voisine, la pote, la casse-pied.

Et si aujourd’hui je mettais en lumière ces femmes d’aujourd’hui qui m’inspirent dans le milieu du funéraire ?

On l’entend depuis des années « le milieu du funéraire tend à se féminiser ». Certes, c’est un fait, mais si vous remplacez « milieu du funéraire » par un autre domaine ça marche aussi. Les femmes constituent un marché en elle-même, on les veut sur tous les fronts, maman parfaite, employée ou chef d’entreprise accomplie, amante au top, épouse aimante, et elles doivent même avoir le temps pour elle et pour les sorties entres ami(e)s, le mythe de Wonder Woman n’a jamais été aussi présent.

En observant à la loupe le secteur, on se rend compte que cette « nouvelle » place des « nouvelles » femmes dans ce secteur est la même qu’ailleurs, c’est-à-dire très peu à la place du chef mais souvent à celle de l’assistante funéraire. On les trouve plus « compatissante », plus « douce », plus à l’ « écoute ». Le discours tend à se formaliser pour les futures aspirantes assistantes funéraires qui parlent désormais de « vocation ». Le problème avec la vocation c’est que c’est difficilement quantifiable et donc difficilement bien rémunérée.

Le poste d’assistant(e) funéraire est un poste important, un poste clé, mais il ne tient pas au fait d’être une femme.

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Comme dans d’autres secteurs, si les femmes n’ont pas de place à elles, elles vont en créer une de toute pièce qui correspond à la fois à ce qu’elles sont mais aussi aux valeurs qu’elles veulent transmettre.

Rapide tour d’horizon de ces femmes survoltées, pleines de ressources et d’ambitions :

Celles de la personnalisation : la magie du sourire

Aliette Frangi de la société Elicci et Fabienne Hilmoine pour l’entreprise A tout jamais sont de celles qui offrent des prestations sur mesure pour des familles qui recherchent de plus en plus à rendre hommage à leur défunt de manière personnalisée. La cérémonie ouvre la première porte du deuil et elles l’ont bien compris que ça soit par la musique ou l’hommage personnalisé. Elles ont le pouvoir de faire sourire des familles entières dans un moment douloureux.

Celles des Start-up : l’innovation en ligne de mire

Manuela Gourmaud et Virginie Thiéron pour choix obsèques et Gwénaëlle Brémilts pour En Hommage sont de celles qui grâce à leur expérience voient demain. Ne leur parlez pas du passé ou des lenteurs administratives, ce qui compte c’est s’adapter aux nouvelles demandes des familles dans une époque qui va toujours plus vite. La mort est dématérialisée, comparée, célébrée numériquement. Leur travail ? Aider les familles à trouver les bonnes offres sans tomber dans la précipitation.

Celles qui réinventent le parcours familial : Du savoir-faire au savoir-être

Dans la famille ambulancier, je demande : la fille pompe funèbre ! Chez moi dans l’Est, c’est plutôt une belle réussite. Soit elles continuent les ambulances tout en ouvrant une pompe funèbre, soit elles se détachent complètement de l’affaire familiale pour ouvrir sa propre entreprise. C’est le cas des pompes funèbres Weber à Metz. Si je vous parle d’elle c’est qu’elle est un petit ovni dans la ville et son agglomération distribuée en grande partie par les deux ténors du funéraire : OGF et Funécap. Pourtant, là depuis quatre ans elle suit son bonhomme de chemin et finit par être un acteur incontournable. Très appréciée par la population juive, lorsqu’on entre dans son agence on est toujours très bien accueilli. Chaleureuse et patiente elle n’a rien à envier aux grands.

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Celles qui viennent après : La douceur du réconfort

Elles ne sont pas dans le funéraire mais elles côtoient la mort. Une fois la porte de l’agence refermée, une fois le marbrier passé, une fois l’urne remise, il ne reste plus rien, plus personne. Seulement le temps et les larmes. Mais il y en a de celles qui sont là pour écouter, consoler, aiguiller. C’est le cas de Sabrina Tacconi présidente de l’association aux noms des petits anges, qui vient d’ouvrir sa deuxième antenne après le Nord-Est dans le Sud-Ouest. Elle-même touchée par le deuil périnatal, elle se donne corps et âme dans son association afin de ne pas laisser les parents dans un état de détresse et de solitude comme elle a pu le vivre.

C’est également le cas de Laurence Brun et son entreprise En deuil et. Son expérience d’assistante sociale auprès des victimes d’infractions pénales lui permet aujourd’hui d’être à l’écoute lors d’atelier pour aider à vaincre l’indicible douleur suite à la mort d’un être cher.

Toutes, sont d’habiles chef d’entreprises. Certaines ont remportés des prix comme Aliette ou le duo féminin de Choix Obsèques. Toutes se battent pour leurs valeurs, leurs entreprises et les familles qu’elles accueillent.

Et si finalement la lutte ouvrière débutée au tout début du XXème siècle était la plus grande lutte jamais entreprise et surtout jamais terminée ?

Par Sarah Paquentin

La petite gomme est une maison d’édition qui accompagne l’enfant dans des périodes complexes de sa vie, comme le décès d’un proche ou le divorce de ses parents.

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