Les Globe-Trotteurs de la Thanatopraxie

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Patricia et Philippe

Mon premier est né à Lille dans les années 70 et ses études auraient dues le mener vers les hautes sphères bancaires tandis que ma seconde naquit dans les années 60 non loin d’Orléans pour rejoindre le Royaume-Uni en 1969 afin d’y suivre un cursus basé sur le Management et le Marketing.

1000x450_banner_1-300x135 Les Globe-Trotteurs de la ThanatopraxieVoici donc les deux parcours de ce couple atypique, attachant, extrêmement professionnel et particulièrement renommé Outre Manche …. Mais qui sont-ils alors ?

L’histoire commence en 1989 pour l’un , date à laquelle l’une des premières entreprises en thanatopraxie voit le jour dans la région de la Corrèze tandis que celle qui deviendra sa femme en 2005, fait ses armes au sein de la société Dodge dont la branche Européenne se situe en Grande-Bretagne à Whitchurch précisément .

Chacun acquiert son expérience, ponctué pour lui par un stage de cinq mois au Canada dans l’une des plus grosses entreprises du Pays puisqu’elle générait environ 8.000 soins de conservation par an (en 1991).

Pendant ce temps, notre consœur devenait la Directrice pour l’Angleterre de Dodge avant d’obtenir son premier, si j’ose dire, diplôme d’ « embaumement » en 1999 auprès du célèbre British Institut of Embalming (BIE).

Les années passent, ponctuées pour l’un par la reconnaissance d’un diplôme en langue anglaise du fameux BIE (en 1994).

En 1995, notre homme retourne sur les bancs de la faculté pour y décrocher le Diplôme de Thanatopracteur du Collège International des Sciences Mortuaires de Liège crée par le Professeur Largefeuille quelques vingt cinq années plus tôt !

En 2000 il devient Président de la Division Belge du BIE tandis que celle qui deviendra son épouse se consacre pleinement à son activité pour les établissements Dodge, l’année 2005 constituera tout un lot de changement.

En effet, la « fusion » professionnelle dépasse quelque peu ce cadre, ils se marient et unissent non seulement leurs vies mais leurs compétences, les deux atomes ne font plus qu’un et lorsqu’ils voient leurs parcours respectifs reconnus par l’association américaine Academy of Professional Funeral Service Practise (APFSP), c’est un peu comme une consécration et une grande fierté pour les deux « jeunes » mariés!

C’est aussi en 2005 que notre homme devient le Responsable Commercial de Dodge Europe succédant ainsi à Adrian Haler tandis que son épouse devient Présidente de la Division Sud de l’Angleterre pour le BIE.

Non content de leur considérable expérience dans le milieu de l’embaumement, nos deux amis s’envolent alors en 2006 vers Springfield dans l’état du Missouri pour suivre et décrocher le précieux diplôme de reconstruction chirurgicale post mortem de la Fountain National Academy (FNA) , dirigée de main de maitre et c’est peu de le dire, par Vernie Fountain .

Ce domaine si particulier de la réhabilitation consacre la formation déjà très complète de nos confrères anglo-saxons afin d’accéder au Graal d’une spécialité quasi inexistante en France mais bien présente chez nos voisins d’Outre-Manche depuis des décennies déjà, l’Art Restauratif !

L’année 2007 est le synonyme de l’apogée professionnelle pour notre ami qui se voit nommer Directeur Européen des ventes pour Dodge, les invitations pleuvent et il répond aux nombreuses sollicitations en tant que conférencier sur les techniques d’embaumement à Keel (Grande-Bretagne) puis en Allemagne, en Pologne, en Russie, en Autriche, en Belgique, en Irlande du Nord et en Australie !

En 2010 il devient examinateur pour le Verband Dienstleistender Thanatologen (Association Allemande de thanatopraxie) et forme le premier groupe d’embaumeurs à Vilnius en Lituanie.

C’est aussi en 2010 que la société nouvellement créée par le couple Dubresson se fait reconnaître par la National Association of Funeral Directors (NAFD) qui a vu le jour en 1898 et dont le but est d’élever sans cesse le statut de la profession en proposant notamment un Code de Pratique et de Déontologie.

En 2011 il devient le représentant français de l’ European Embalming Association (EEA) et vient de co-créer avec Alain Koninckx cette année encore l’ European School of Embalming Skills (ESES) dans les locaux de la célèbre faculté de Médecine de Namur en Belgique.

La Belgique où fut enseignée l’Art Restauratif dans les locaux du Collège International de Sciences Mortuaires de Liège où le Professeur Charles Largefeuille enseigna et où d’autres thanatopracteurs comme Rolf Hummel (Le Président du VDT), Patrice Pauly, Philippe Bertin ou encore Philippe Dubresson ont suivi ces cours prestigieux et j’en oublie certainement…

C’est ce dernier pays qui sera l’élément déclencheur , le catalyseur en somme qui révèlera la société Eep-Co Limited que certains d’entre nous connaissent pour en avoir commandé les différents produits ou l’avoir déjà rencontré sur différents salons européens.

En effet, Philippe et Patricia Dubresson, vous les aurez reconnus je pense, mènent ensemble de main de maitre une vie consacrée à la thanatopraxie en la poussant toujours plus haut.

Ces trublions, agitateurs d’idées, qui, à leur manière, ont su s’entourer des meilleurs pour développer et commercialiser leurs produits novateurs et révolutionnaires n’en sont qu’à leurs débuts….

patricia__and_philippe_use-300x211 Les Globe-Trotteurs de la Thanatopraxie
Patricia et Philippe

Que dire d’EEP-CO Ltd ?

Cette marque est née en 2009 , elle signifie European Embalming Product Corporation et se veut la seule et unique société de distribution des produits Genelyn mis au point en Australie une quinzaine d’année plus tôt à la demande de la Faculté de Médecine d’Adélaïde qui souhaitait développer une nouvelle gamme de produits pour la conservation des corps.

Un scientifique connu pour avoir participé aux recherches sur la fission de l’atome s’est donc penché sur le problème , notamment au sujet de la volatilité et de l’exposition au formol et des conséquences induites par ce dernier pour laquelle la loi Biocide tente d’apporter des réponses pour chacune des substances notifiées et en attente d’une évaluation.

C’est ainsi que fut trouvé dans un premier temps un nouveau fluide de conservation qui s’utilisait pur et qui était davantage destiné aux facultés de médecine et aux Écoles Vétérinaires.

Après quelques mises au point, une première série de produit fut conçue spécifiquement pour les thanatopracteurs et des échantillons furent envoyés un peu partout en Europe.

C’est alors que Philippe et Patricia contactèrent le fabricant en lui expliquant la situation particulière de l’Europe qui visait , à terme, à remplacer le formol par une molécule moins volatile pour l’utilisation qui était la notre.

L’enregistrement de la substance active « formol » auprès des instances Européennes étant juste faite à l’époque, il restait donc à trouver un produit qui sorte du lot et qui n’apporterai pas les désagréments que tout le monde connait !

Après avoir reçu le mail de nos deux confrères, le fabricant les rappela à 6h30 du matin et au terme d’une conversation de près de 2h30, ils furent invités à se rendre en Australie afin de réaliser tous les tests possibles tant les résultats obtenus jusqu’alors avaient été jugés comme « révolutionnaires » et « miraculeux » en terme de volatilité par leur concepteur australien !

Les essais qui suivirent s’annoncèrent intéressant puisque leur arrivée en Australie coïncidait juste avant le week-end de Pâques, ce qui signifiait que les corps traités lors de cette fin de semaine ne seraient présentés, qu’une semaine dans le meilleur des cas, après les avoir réalisés !

Toutes les « expériences » furent faites que ce soit en faible, en forte ou en très forte concentration….AUCUNE odeur, aucun picotement, aucune irritation, aucune rigidité alors même que les tissus étaient fort bien fixés, aucun brunissement ni déshydratation n’étaient à déplorer sur les corps , aucun larmoiement non plus y compris lors de l’injection du fluide cavité utilisé pur et dosé à 24 % !!!

Philippe et Patricia s’étonnent également de l’absence d’odeur au sein même des laboratoires de la faculté de médecine, rien ne pouvait laisser penser que les corps étaient bel et bien traités avec un fluide dont le principe actif (le biocide) soit du formol.

De ce constat ; il était évident que Genelyn allait être une marque qui s’imposerait alors en Europe vu l’intérêt qu’elle suscite pour son faible taux de ppm (particules par million), sa volatilité quasi nulle et son rendu « naturel » aussi bluffant qu’improbable !

Dans l’avion qui les ramenait vers le Royaume-Uni, Philippe et Patricia décidèrent alors de tout lâcher pour se consacrer à leur nouvelle société et à ce défi complétement fou qui venait défier les plus grands sur un terrain qu’ils connaissaient par coeur et pour lequel ils ont investit énormément de temps et de deniers.

Trois semaines après avoir été livré du premier container de 18.000 litres et les avoir mis en bouteilles et étiquetés une à une à la main, les premiers clients sont livrés et les réactions s’enchainent les unes après les autres !

Ce fluide ne sent rien, le confort de travail est alors inégalé, les opérateurs de Pompes Funèbres reçoivent des félicitations de la part de familles endeuillées qui trouvent leurs défunts « reposés » ou « naturels » , « sans décoloration » , sans odeur surtout !

Terminés les laboratoires de soin où l’odeur suffocante submergeait l’atmosphère et rendait la respiration difficile, terminés les corps qui à grand coup de surdosage pour les longues conservations, grisonnent ou se durcissent comme de la pierre !

Simultanément à la commercialisation de la marque Genelyn, le couple adopte un partenariat avec des fournisseurs en matériel de thanatopraxie qui garantissent à vie les instruments de recherche artérielle notamment, ce qui reste une exception dans le domaine funéraire, une gamme complète d’instrumentation et de mallettes de transport voit le jour rapidement créant un engouement sans précédent.

Aujourd’hui, Eep-Co Ltd est représenté dans 9 pays et est devenue une marque à part entière.

Et comme l’avenir de la thanatopraxie passe forcément par la valorisation de la profession et l’assurance d’une utilisation conforme aux standards de la santé publique voulue par la Communauté Européenne, il est fort appréciable que de tels produits arrivent sur le marché car ils sont assurément les gages d’une thanatopraxie juste, raisonnée et respectueuse de ses utilisateurs….

R. Narabutin, Thanatopracteur et Secrétaire Général du SPTIS

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