Les morts utiles, une publication de la Revue Terrain

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Comment les morts peuvent-ils être utiles aux vivants? Les anthropologues ont beaucoup traité des morts malfaisants, jaloux des vivants et les poursuivants de leur vindicte et de leurs méfaits. Ce dossier de la revue Terrain traite, au contraire, des morts utiles aux vivants. Il s’attache à décrire cette inventivité dont témoignent les vivants à l’égard des morts et de leur confiance dans la disponibilité de ces derniers, appelés pour reprendre du service auprès d’eux pour les projets les plus divers.

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La couverture de la revue Terrain

Qui n’a pas entendu de personnes affirmer que leurs proches défunts les ont aidées après leur disparition? Ce phénomène se retrouve dans de nombreuses cultures et connaît parfois une extension remarquable. Des carrières en tout genre sont offertes aux morts, qu’ils participent, selon leur volonté ou non, à ces échanges de services ou de biens, au réaménagement des solidarités, parfois même à des projets politiques.

Où se situe la frontière entre la vie et la mort? Le don d’organes situe ceux que l’on appelle des néo-morts dans ces brèches de l’opposition être/non être (Garcia et Maglio). La mort a été redéfinie du fait des avancées de techniques de la transplantation d’organe. Elle a été également redéfinie chez les adeptes du mouvement nord-américain des «funérailles à domicile». Investi d’un reste de subjectivité, le défunt contredit l’idée médicale selon laquelle le cadavre serait un objet inanimé.

Certains morts font d’excellents agents sociaux. Les indiens Warao du Venezuela utilisent les défunts comme des objets de peine servant le collectif, la manifestation de leur détresse garantissant leur moralité, leur attachement aux vivants et leur culpabilité de n’en faire jamais assez pour eux.  Au Bénin, le choix d’un type de funérailles s’avère cornélien. Cette difficulté rend compte de la double intransigeance catholique et traditionaliste, chacun «se disputant les morts» pour des raisons économiques et obligeant les vivants à rechercher des solutions de compromis.

Cuchet nous livre les secrets du purgatoire, atout maître de l’Eglise catholique dont la relance au XIXe siècle a permis de s’aligner avec le mouvement profane du «culte des morts» et l’émergence du spiritisme, tous trois favorisant une forme de communication entre les vivants et les morts. Cette communication est de nos jours encore exploitée, par exemple chez les paleros à Cuba (Kerestetzi). Ces adeptes du culte initiatique afro-cubain du palo monte s’occupent quotidiennement des affaires de cœur de leur clients, avec la mobilisation de morts tout-puissants qu’ils ont domestiqués.

Pour aller plus loin:

192 pages couleurs, 21×27 cm, 20 €

ISBN 978-2-7351-1650-8

http://terrain.revues.org

 

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