Les passagers de la Foudre, Erik Larson

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Erik Larson n’est ni un romancier, ni un historien, mais emprunte le meilleur des deux pour raconter avec brio des petites histoires dans la grande, méconnues et pourtant importantes. Son dernier livre en est, encore une fois, la preuve.

les-passagers-de-la-foudre-191x300 Les passagers de la Foudre, Erik LarsonL’histoire dans l’Histoire

Juillet 1910. Harvey Crippen, un très respectable médecin d’origine américaine, discret et réservé, décide de mettre fin à un mariage insupportable en assassinant sa femme, une flamboyante chanteuse d’opéra dominatrice et volubile. Faisant croire à leurs amis qu’elle est partie en voyage, il enterre le corps dans la cave. Lorsque naissent les premiers soupçons, Crippen prend avec sa maîtresse un bateau, le SS Montrose, à destination du Québec. À la même époque, un jeune chercheur, Guglielmo Marconi, en dépit des railleries de la communauté scientifique, voit enfin se réaliser le rêve qu’il poursuit obsessionnellement : il met au point à Londres une invention qui va révolutionner le monde, la communication sans fil. Scotland Yard ayant découvert la vérité sur la disparition de Miss Crippen, un inspecteur prend en chasse le SS Montrose dans les eaux de l’Atlantique nord. Grâce à l’invention de Marconi, qui pour la première fois permet aux bateaux de communiquer en direct entre eux et avec la terre, il va permettre au grand public de suivre, par l’intermédiaire des médias, cette incroyable poursuite en haute mer. Une invention qui va révolutionner le monde Une des plus grandes poursuites criminelles de l’histoire.

Erik Larson

Comment définir Erik Larson si ce n’est en utilisant le terme d’écrivain ? Débarqué incognito en France avec Le Diable dans la Ville Blanche, très remarqué, il remporte un succès mérité avec Dans le jardin de la bête, récit mêlant thriller et espionnage sur la montée de l’Allemagne nazie.

La méthode Larson est simple : utiliser les méthodes des page turners les plus rodés du marché, style efficace, sens du suspense, chapitres courts, pour dispenser des cours d’histoire abondamment documentés. C’est le point fort de l’auteur : tout ce qu’il raconte est vrai, et se rapproche sans doute très près de la façon dont ça s’est exactement passé. Larson n’essaie pas de combler les vides avec son imagination, mais considère le lecteur comme un complice, faisant des clins d’œils sans jamais en abuser.

Encore plus fort, Larson nous attire dans ses rets avec une histoire fascinante et un brin racoleuse, et, l’air de rien, nous passionne plus pour l’intrigue secondaire, celle sur laquelle il voulait vraiment se pencher. Le diable dans la ville blanche déjà utilisait ce procédé : censé raconter l’histoire du Dr Holmes, un tueur en série, dans le décor intriguant de l’Exposition Universelle de Chicago, il finit par nous passionner pour l’histoire de celle-ci, le sérial killer passant à l’arrière plan. « Finalement, il y a plus intéressant, non ? » semble demander, goguenard, l’auteur.

Il réitère cette fois-ci, l’histoire de ce malheureux médecin qui trucide son épouse passant au second plan, pour se focaliser sur l’invention de la communication par ondes radio. Aussi improbable que cela puisse paraître, à moins que vous ne soyez un spécialiste, l’histoire de Marconi peut se lire comme un grand roman à suspense.

Bref…

En conclusion de tout ceci, je poserai juste une question : vous n’êtes pas encore en train de le lire ?

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