Les pompes funèbres sont avant tout un métier de service

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Funéraire service

Que sont les pompes funèbres ? Plus précisément, de quoi sont elles le métier ? Cette question saugrenue nous est venue suite à une coïncidence dans plusieurs interviews, où l’on nous expliquait que les pompes funèbres étaient un métier de service. C’est vrai… Mais ça ne l’a pas toujours été.

C’est une coïncidence comme il en arrive parfois. Trois fois en une semaine, en réalisant des interviews, j’ai entendu la même phrase, au mot près : « Les pompes funèbres sont avant tout un métier de service ». Par opposition aux métiers de biens, donc. C’est, aujourd’hui, absolument vrai – mais il n’en a pas toujours été ainsi, et cette évolution en dit peut être long sur le futur de notre profession…

Une fonction sociale et religieuse

Au temps jadis, qui date d’à peu près auparavant, les pompes funèbres n’étaient pas, à proprement parler, un métier. La famille et les proches portaient le cercueil, ce dernier avait été fabriqué par le menuisier, le curé était Maître de Cérémonie, et un homme pauvre comme Job faisait office de fossoyeur. L’assistant funéraire ? Le bedeau de la paroisse.

Puis vint le concordat, ou Napoléon donna à l’église le monopole des obsèques. Celles-ci organisèrent des services extérieurs des pompes funèbres. Lorsque l’état se laïcisa, et notamment lors du vote de la loi de 1905, les communes récupérèrent ce monopole. Les pompes funèbres s’organisèrent en régies municipales, ou bien se virent déléguées à des sociétés, comme l’église le faisait déjà.

De la logistique au service

Les pompes funèbres étaient alors devenues principalement un métier de logistique. La tâche essentielle des pompes funèbres était de fournir personnels, véhicules, tentures et articles funéraires, et le cercueil.

Le bureau du conseiller funéraire restait, encore, principalement la chambre d’enregistrement des achats de la famille en terme de biens et de prestations.

La mutation essentielle est intervenue ces trente dernières années, et à été causée par trois phénomènes majeurs : la sécularisation des esprits (la déchristianisation de la société), la fin du monopole et l’essor de la crémation. Soudain, des pompes funèbres se mirent à proposer des choses différentes, pour se distinguer de la concurrence, et les familles virent s’ouvrir à elles un océan de possibilités insoupçonnées.

Tout à coup, les cérémonies civiles n’étaient plus confidentielles, presque exclusivement pratiquées par des cercles d’initiés, mais devenaient une alternative au religieux. Ce n’était plus « L’église ou rien » mais « Religieux ou civil ? Inhumation ou crémation ? ». Avec tout ce qui se mettaient en place, prévoyance, démarches après obsèques, etc.

La mutation d’un métier

Mettons-nous d’accord sur les termes : la logistique est primordiale, dans le funéraire, mais ce n’est pourtant pas un métier de logistique, dans ce sens qu’elle accompagne l’accomplissement des obsèques, mais n’en est plus l’essence. Ce n’est plus non plus un métier de biens, parce que le temps où la famille venait acheter un cercueil est révolu, s’il a jamais existé.

Quel est le métier d’un assistant funéraire aujourd’hui ? C’est un professionnel de l’écoute active, formé au droit, à la psychologie, au commercial, et pouvant proposer tout un panel de services (on y vient) qui vont au-delà du convoi : prévoyance funéraire, accompagnement administratif après décès, conception d’un hommage personnalisé, et pouvant, devant même, offrir d’autres possibilités, comme la mise en relation, dans certains cas, avec des associations d’aide au deuil.

La logistique est certes primordiale, elle est assurée, généralement, par le chef de dépôt. Mais, et c’est le point essentiel, la logistique est perçue comme une évidence, et non pas comme la base de la relation entre la famille et la pompe funèbre. La famille attend plus, une vraie proposition créative, surtout avec l’émergence de la personnalisation, et une aide véritable sur beaucoup de points qui vont bien au-delà du convoi.

Que seront les pompes funèbres demain ? Uberisées, dématérialisées, « Do it yourself » ? La question est permise : n’oublions pas qu’il y a deux cents ans, les pompes funèbres, c’était un menuisier qui fabriquait un cercueil le soir, après le travail.

Une chose est sûre, ce costume de métier de services sied à ravir aux pompes funèbres.

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