L’hommage devant une salle de cérémonie vide

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Nous avons tous à connaître un jour cette situation : la salle de cérémonie est vide, ou presque. Un cauchemar qu’il faut se préparer à gérer au mieux pour la famille.
Une histoire vraie

C’était rétrospectivement couru d’avance : la dame était seule, âgée, ne fréquentait plus personne depuis le décès de son mari quelques vingt années auparavant, et son neveu, seule famille qui lui restait, avait pourtant tenu à faire les choses en grand pour sa tante, seul membre survivant de sa famille.

Dans l’immense salle de cérémonie, donc, un Maître de Cérémonies affligé et quatre personnes : le neveu, son épouse, l’aide ménagère et l’infirmière à domicile de la vieille dame. Et quatre porteurs que le Maître de Cérémonies avait convoqué pour meubler.

Ne pas nier l’évidence

Quand la salle est vide, l’explication est souvent simple : la famille a surestimé les relations sociales que le défunt entretenait. Et, malgré le renfort éventuel des porteurs, il est inutile de nier l’évidence : il y a deux, trois, quatre personnes seulement dans une salle prévue pour deux cent.

Les solutions ? Ne poursuivez pas plus loin si vous espérez trouver ici la solution miracle : il n’y en a pas. Du moins, pour remplir la salle. Les deux seules choses à garder en tête sont :

1 – Vous n’y êtes pour rien. Vous avez correctement fait votre travail, passé l’avis de presse dans le journal, ou non si la famille ne le souhaitait pas, indiqué à la familles les médias d’information les plus efficaces dans votre secteur : si vous êtes dans le Finistère, il vaut mieux passer un avis dans le Télégramme que dans Le Monde, par exemple. A aucun moment, n’ayez l’air de vous excuser. Par contre, vous pouvez dire à la famille que vous comprenez leur déception.

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2 – Ce n’est pas parce que la salle est vide que les rares présents n’auront pas l’opportunité de rendre au défunt l’hommage qu’ils souhaitaient. Ne changez pas vos plans (nous y reviendrons).

Rendre la cérémonie intime

L’objectif des proches qui se rendent à un hommage est de se sentir entouré. Disposez donc la maigre assistance dans un seul et unique secteur, regroupés. Proposez une salle plus petite, mais ne l’imposez pas : certains pourraient le percevoir comme une humiliation.

Enfin, rapprochez vous de l’assistance. Si il y a dix personnes dans la salle, inutile de vous mettre sur un pupitre à cinq mètres, rapprochez vous et débranchez le micro.

Enfin, le point essentiel : ne pas confondre cérémonie et recueillement. Un recueillement, c’est un quart d’heure, une cérémonie trois quart d’heure. Si la famille a choisi une cérémonie, faites vos trois quart d’heure, sans oublier aucun texte, aucune musique, aucune transition. Si les proches ont opté pour un recueillement, en revanche, sauf si vous sentez que l’inverse est souhaité, sortez le grand jeu, n’hésitez pas à prolonger.

En conclusion, la famille sera en train de vivre un double choc, le premier étant le décès, le second étant la prise de conscience de la solitude de leur cher disparu, matérialisée par des chaises vides. Vous ne pouvez pas nier cette évidence, ni la combler. Attachez vous à souligner auprès des proches que le défunt n’est pas parti seul, mais entouré de l’affection d’une assistance réellement impliquée.

1 commentaire

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