L’hommage virtuel rendu façon vidéo Youtube

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« Youtube, vaste cimetière virtuel » ? Le magazine L’Obs s’est promené parmi les vidéos du site, au fil des hommages postés par des proches de disparus, enfants, adultes. Et cet itinéraire virtuel intime s’avère aussi riche qu’émouvant.

Bien sûr, il faut écarter les premiers films, ceux des hommages qui ont suivi les attentats, et poursuivra la navigation au-delà. Bientôt, on y est. Des vidéos courtes, souvent des montages de photos, reflet de brèves existences. Celle d’un bébé de quelques jours mort à la maternité, trop fragile, célébré par ses jeunes parents. Celle d’une blonde adolescente de 15 ans percutée par un motard, d’une jeune femme qui s’est tuée dans une spirale dépressive, d’un ado harcelé au collège. Celle d’un père emporté par la maladie à l’hôpital, d’une compagne aimées.

A chaque fois « parti bien trop vite », comme le soulignent les sous-titres. « Sache qu’on oubliera jamais tous nos fous rires, toutes nos photos, nos moments passés ensemble », peut-on lire ailleurs, comme une plaque funéraire numérique. La vidéo est souvent annotée de commentaires attristés racontant d’autres histoires, d’autres destins brisés, d’autres disparus. Une chanson triste souligne le propos, entretient l’émotion.

L’Obs a ainsi repéré la chaine Youtube d’un peintre en bâtiment, alias lover8100, dont la fille de 16 ans a succombé à un accident de la route en 2015. Depuis un an, il poste régulièrement de courtes vidéos, photos ou films de l’absente, « poussé par le manque », « détruit à tout jamais », dans l’espoir incertain que « peut-être là-haut, elle ressente ce qu’on fait pour elle ». Il a déjà mis en ligne 30 vidéos.

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L’émergence de services en ligne mémoriaux, nouvelle tendance gratuite ou payante du funéraire, a trouvé ses fondements dans les diasporas. Notamment la dispersion dans le monde de la communauté chinoise, raconte au magazine la psychologue Marie-Frédérique Bacqué. « Une manière de construire la mémoire d’un défunt » de l’autre bout de la planète, explique-t-elle, qui passe par l’envoie sur le net de photos, de films, de poèmes, d’épitaphes. Encadré au sein de sites spécialisés ou ouvert sur les réseaux sociaux, l’hommage virtuel passe dans nos mœurs, et très souvent dans la dignité.

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