L’intégration au cimetière, ou le cimetière de l’intégration

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Il y a de cela une dizaine de jours, le gouvernement présentait sa feuille de route issue du rapport sur l’intégration qui avait fait grand bruit début décembre. Une d’entre elles, la mesure 18, concerne le funéraire.

Jean-Marc-Ayrault-300x199 L'intégration au cimetière, ou le cimetière de l'intégrationUn contexte tendu

Quelques jours avant le référendum Suisse visant à imposer des quotas d’immigration, le gouvernement présentait sa « feuille de route pour l’intégration » dans un contexte tendu. En effet, le rapport initial avait fuité début décembre, provoquant une levée de boucliers à droite comme à gauche. En cause, le retour du voile à l’école, l’introduction de l’arabe en première langue et la suppression de personnages française de l’histoire de France au profit d’autres issus de l’immigration.

Force est de constater que le gouvernement a sérieusement fait volte-face sur nombre de ces questions, voulant sans doute limiter la débâcle électorale annoncée lors des élections municipales et européennes à venir.

Si l’analyse de l’ensemble de ces propositions tient à la fois de la politique, de l’économie, de la sociologie et des diverses idéologies, ce qui ne concerne en rien Funéraire Info, une question concerne néanmoins directement le funéraire, et nous ne pouvions pas ne pas la poser.

C’est la Mesure 18, qui indique « De nombreux immigrés ou descendants d’immigrés finissent leur vie sur le territoire français sans pouvoir obtenir de sépulture conforme au culte qu’ils ont pratiqué. En application de la liberté de conscience et de respect des croyances religieuses, il conviendra d’apporter des réponses pour des sépultures adaptées aux différentes confessions des personnes présentes sur le territoire, par le développement des  »carrés confessionnels » dans les cimetières ».

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Même pas votée et déjà inutile

Sans vouloir contester à chacun le droit d’avoir une sépulture digne, il semble que cette future loi vienne encombrer un arsenal législatif largement surchargé, en enfonçant une porte ouverte. En effet, les carrés confessionnels existent déjà. Et même les cimetières confessionnels, d’ailleurs.

Ces derniers ont souvent une origine historique. Lors de la renaissance, par exemple, de nombreuses cités ont vu leur prospérité grandement due aux marchands venus des quatre coins de l’Europe. Nombre de ces marchands étaient juifs, et si les autorités locales s’accommodaient fort bien de leur commerce, la question était tout autre lorsqu’il fallait les inhumer en terre consacrée, puisque les cimetières étaient alors monopole de l’église. Ils furent donc autorisés à ouvrir leurs propres cimetières. Les protestants bénéficièrent de la même « tolérance ».

Lorsque la France devint laïque, les cimetières furent déclarés lieux neutres. Devaient s’y côtoyer tous les français, dans la conception laïque, à savoir que chacun pouvait y trouver sépulture satisfaisant ses valeurs et croyances jouxtant celle de concitoyens partageant valeurs te croyances différentes.

Des voix s’élevèrent alors pour demander des carrés confessionnels, qui leur furent accordés. Ce qui fut une erreur.

Ne pas confondre cimetière et carré

L’objet ici n’est pas de vilipender les cimetières confessionnels : comme on l’a brièvement expliqué là haut, ils ont leur justification dans l’histoire, et leur existence encore aujourd’hui s’explique par le fait que de nombreuses familles y ont, du coup, leur propre histoire.

Mais, dans les cimetières français, on trouve des athées, des croyants, de diverses confessions, tous reposant côte à côte et mélangés pour l’éternité. Curieusement, c’est, à titre posthume, la définition de l’intégration républicaine.

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Comment alors interpréter la volonté d’une communauté de vouloir s’isoler, de vouloir conserver un « entre soi » par delà la mort ? Par extension, il est légitime de s’interroger sur sa volonté de s’intégrer de son vivant. L’intégration dans une France laïque signifierait que tous les Français se valent, dans la vie ou dans la mort. Estimer qu’un mort de telle ou telle communauté ne doit pas se mélanger aux autres, c’est considérer qu’il existe les uns et les autres, soit l’exact contraire de l’intégration.

L’étape suivante sera-t-elle de dispenser certaines communautés de cercueils, par exemple, pour respecter ses coutumes ? Ce serait alors une concession communautariste sans précédent en droit français, qui passerait sans doute totalement inaperçue.

Mais la question que pose l’existence de ces carrés confessionnaux et al volonté de les étendre, est toute simple : quelle intégration voulons nous ? Celle qui consiste à dire « Il n’y a plus d’étrangers, il y a des français parmi les français » d’une république unie ou celle qui consiste à dire « Faites de la place aux étrangers et ne leur demandez surtout pas de devenir français » d’une république communautariste ? Cela peut sembler futile, comme question. Mais les précédents exemples, du Rwanda en Bosnie, se sont toujours finis en guerre civile et en « nettoyage ethnique ».

La France a supprimé les fosses communes, faisons en sorte de ne pas les rouvrir.

La feuille de route est ici

3 COMMENTAIRES

  1. Jusqu’à la Révolution, il existait les « cimetières des mécréants », c’est à dire des espaces dédiés aux inhumations des non chrétiens ou réputés excommuniés par l’Église Catholique, c’est à dire les juifs, les protestants, les apostats, les athées, les comédiens, les schismatiques, les sorcières, etc…

    En ce qui concerne les carrés et cimetières confessionnels, ce phénomène en pleine expansion dans certaines grandes villes de France inquiète très fortement le Ministère de l’Intérieur en charge des affaires liées au Funéraire dans notre pays, car ces lieux d’inhumation des défunts vont à l’encontre du principe de laïcité de notre République.

    Le cimetière étant un espace public, quelles solutions pour le respect des convictions de chacun, puisque l’on peut pratiquer ses croyances de son vivant, dans l’intimité de nos vies, tout en respectant les autres citoyens ?

    • les lieux d’inhumations pour les carrés confessionnels ne va pas à l’encontre de la laicité de notre République, Puisque devant la mort nous sommes tous égaux. C’est dont l’interprétation qu’il en est faite et on ne va pas recommencer la guerre des religions. Nos racines il s’agit bien de cela comme les arbres, elles en emmerdent quelques un, elles défoncent les trottoirs. Et pourtant si on veut aller loin, il faut savoir d’ou nous venons et conserver les fameuses racines que nos parents nous ont laissées.
      je me bat pour la conservation de mon cimetière privé de puis plus de 10 ans contre des requins sur l’hotel des profits. en voici actuellement un exemple
      Objet du message : vol dans le tribunal de ROCHEFORT; protections des cimetières publics et privés
      historique
      Message : Publié le 16/08/2013 à 06h00 Par kharinne charov © http://www.facebook.com/l/7AQE7nnfoAQH-lGcgqcdxaZCHWjvntYxi3d65I8B0VmSAfA/www.sudouest.fr 2013 Le cimetière privé amputé en douce ? Les propriétaires du cimetière protestant saisissent la justice. Ce cimetière privé protestant appartient à la famille Vincens, des descendants de pasteurs depuis le XVIe siècle. Déjà en 2009, ce cimetière privé protestant avait été sur le devant de la scène pour avoir subi des actes de vandalisme. Aujourd’hui, on reparle de ce joli clos, restauré depuis, car selon les propriétaires, il aurait été amputé d’un quart de sa surface à l’occasion du remembrement de 1994. L’affaire devait passer à la barre du tribunal d’instance de Rochefort ce mercredi, mais elle a été renvoyée (1). Un quart en moins L’histoire est simple, même si elle empoisonne les services de l’État, tel que le cadastre ou la commune de Nieulle-sur-Seudre incriminée. Selon Jacky Lefèvre, époux de Lily née Vincens , propriétaire des lieux avec son frère Jean-Claude, ‘ à l’origine, le cimetière mesurait 1 700 mètres carrés. Aujourd’hui, il se réduit à 1 245 mètres carrés, amputé qu’il est de ses chemins latéraux et d’un terrain à l’arrière, accessoire du cimetière, prévu en cas d’agrandissement. ‘ Le remembrement de 1994 est passé par là dirait-on. Aujourd’hui, un lotissement a pris corps sur les champs qui entouraient alors ce cimetière privé protestant, le seul sur la rive droite de la Seudre. Mais pourquoi des faits vieux de dix-huit ans remontent-ils à la surface aujourd’hui ? ‘ Nous habitons Marseille et ne venons ici que de temps en temps ‘, racontent les époux Lefèvre. Pas ordinaire En outre, parce que selon la jurisprudence de 1938, un cimetière est inaliénable et incessible, jamais au grand jamais, les propriétaires ne pensaient être concernés par un remembrement, quel qu’il soit. ‘ On a d’ailleurs essayé de nous intimider en nous expliquant qu’on avait quatre ans et pas p lus, pour contester un remembrement. Sauf que cette règle s’applique à des propriétés classiques, ce qui n’est pas franchement le cas d’un cimetière… ‘, argue Jacky Lefèvre. Conseillé par un avocat marseillais, il ne baisse pas les bras et pense pouvoir obtenir gain de cause. Pour bien rappeler l’existence de ce lieu de sépulture, connu de tous dans cette région de protestantisme, le propriétaire a même restauré l’endroit en 2011 et 2012. Désormais, les lieux sont recouverts de pelouse et plantés d’arbres, ceints d’un mur ravalé et fermé par un magnifique portail de fonte. Fini ce qui ressemblait à un bois autrefois. Certes, cela ne permet pas de livrer les mystères du cimetière où gisent visiblement 200 corps dont on ignore l’identité, puisque seules deux pierres tombales affleurent. Mais une fois l’affaire jugée en instance à Rochefort, Jacky Lefèvre, qui compte récupérer l’intégralité de la parcelle, aimerait ouvrir ici un chantier de fouille archéologique pour mieu x connaître l’histoire huguenote de Charente-Maritime. ‘ Nous ne faisons pas ça pour de l’argent, mais pour le symbole car il en va de notre histoire. ‘ Il faudra attendre une prochaine audience au tribunal de Rochefort pour savoir comment la justice dit le droit dans cette affaire. jacky.lefevre5@free.fr

      pour information
      Madame LEFEVRE LILY née VINCENS (propriétaire avec son frère du cimetière) MARSEILLE LE 14 AVRIL 2014 156 BOULEVARD CHAVE 13005 MARSEILLE 2 pages Monsieur LEFEVRE Jacky, mandataire par signature
      . OBJET : disfonctionnement du service du greffe du Tribunal de ROCHEFORT 17300 Vol du dossier à l’intérieur du Greffe du Tribunal de Rochefort . Les faits : demande d’un bornage judiciaire, pour la première fois relevant d’un cimetière Protestant du 16ème siècle et de son sentier historique, d’un terrain de sépulture du 15ème siècle sur l’arière du cimetière à NIEULLE SUR SEUDRE 17300, contre la Municipalité de cette ville et monsieur COUNIL

      Madame le Garde Des Sceaux ; Ministre de la justice Madame Christiane TAUBIRA, 13 Place VENDOME, 75042 PARIS

      A mon grand regret, j’ai l’honneur de vous saisir de ces dysfonctionnements dans l’enceinte du tribunal de ROCHEFORT. Particulièrement auprès du greffe où mon dossier a fait l’objet de disparition. Il a tout simplement été volé. Le Vice-Président de ce Tribunal a reconnu les faits de la disparition du dossier par les différents courriers remis ci-joint. Le jugement du 9 janvier 2014 n’a jamais été remis à notre avocat, ni à nous mêmes! Ni d’ailleurs le dossier de plaidoirie en retour, qui devait être remis à notre avocat. Ce jugement devait être remis par lettre recommandé avec AR. La décision n’a jamais été signifiée et nous avons été dans l’ignorance du délai d’appel encou ru ! En voulant aliéner nos droits de recourt en nous laissant dans une totale ignorance. Cela rappelle bien le réalignement frauduleux de ce cimetière avec le terrain sur l’arrière et son sentier, en 1994, et d’un bornage que nous n’avons jamais participé, reconnu par ce jugement. (sic) -le Vice-président du tribunal D’INSTANCE de ROCHEFORT n’a aucun pouvoir sur le greffe et le Directeur du greffe. -Le Vice Président définit comme des erreurs de disfonctionnements mais les écrits relèvent de légitimes interrogations. Celui-ci s’est ‘* trompé ‘ mais nous pensons que ces erreurs sont en définitive voulues. Attendu que la Mairie de NIEULLE SUR SEUDRE refuse de verser les 700euro demandés par le Vice-président. A moins que le jugement n’a pas été remis par courrier à son destinataire ???? 4éme page du jugement : *’dit qu’a défaut de consignation dans le délai prescrit la désignation de l’expert deviendra caduque ‘ ‘ Dit que l’affaire sera rappelée à l’audience du 19 juin 20 14 à 9H 15 ‘ (sic) Dans ses conditions, selon notre avocat, l’audience ne peut être appelé le 19 juin, car nous serions, selon nous, réellement dans ‘ l’ancien régime ‘ relevant d’un abus de pouvoir. Avec l’aval de notre avocat : Nous venons de verser un chèque de consignation de1400euro le 14 avril 2014 (700eurox2) devant l’immobilisme de la mairie!
      -Le vol du dossier étant un fait grave, relevant du Pénal, et seul la partie adverse avait intérêt à le faire disparaitre avec une possible complicité interne relevant de la responsabilité du Directeur du greffe, Stéphane LOEB. Celui-ci accuse abusivement les Services de la Poste alors que : Monsieur et madame LEFEVRE LILY, monsieur VINCENS Jean-Claude, Me LAFORET n’ont jamais reçu de courrier, ni le dossier par retour. (Et peut -être même la mairie de NIEULLE SUR SEUDRE ? Le greffier écrit dans son courrier qu’il a envoyé les courriers en lettre simple (sic). Surprenant !!-Des originaux étaient dans ce dossier. – Beaucoup de personnes avaient intérêts à faire disparaitre ce dossier. Particulièrement l’Administration Publique par des comportements scandaleux et abusifs depuis des années. En validant des réalignements ‘ frauduleux ‘ dénoncés par la preuve sur lecture de plans par superposition, sur documents officiels . – Notre préjudice financier de cette affaire relève de plusieurs dizaines de milliers euros -Pour finir, le tribunal de ROCHEFORT nous a accordé le bornage ce qui mettra en difficulté ces mêmes services (suite page 2) administratifs de cette affaire relevant par la suite celui de la cour d’appel de Bordeaux. J’estime être victime de faits dolosifs et financiers dans le vol de ce dossier, dans le non envoi du jugement, et de certaines formes d’écriture abusive de l’administration judiciaire. Il vous appartient d’éclairer cette disparition du dossier en informant le Procureur de la République et d’y faire toutes investigations. Car nous pensons qu’il s’agit de faits, sauf erreur, relevant de corruption. Merci de faire parvenir ce courrier au Ministre de l’Intérieur, Monsieur Bernard CASENEUVE Dans l’attente de vous lire, Veuillez agréer, madame la garde des seaux, l’expression de ma parfaite considération
      Lily LEFEVRE
      Ce courrier sera remis aux différents médias, car cette affaire dépasse très largement le caractère privé de ce lieu historique relevant de la mémoire collective
      Mes conclusions; ce gouvernement actuel est un gouvernement de cimetière car les morts n’ont besoin de rien , sauf du respect de leurs croyances et de leur convictions. Pauvre taré!!! lily

  2. bonsoir,
    sachez qu’en Alsace/Moselle, le Droit Local permet de disposer de cimetières confessionnels et de cimetières municipaux.
    y a t’il pour autant un soucis d’integration en Alsace/Moselle ?
    Au contraire, cette marque de respect des croyances de chacun est plutôt un respect face à la douleur des familles endeuillées.

    De plus, je vous invite à relire l’article 9 de la Convention des Droits de l’Homme : Liberté de pensée, de conscience et de religion

    Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

    La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

    Ainsi, je vous invite à lire la question 19 située page 8 du courrier des Maires de Janvier 2008 « Le maire et la laïcité » sur le lien suivant:
    http://www.courrierdesmaires.fr/wp-content/uploads/2013/02/50q-maire-laicite2008.pdf

    l’interdiction d’établir des cimetières confessionnels en France (en dehors de l’exception de l’Alsace/Moselle) serait en contradiction avec cet article de la convention des droits de l’homme

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