Loi funéraire : le Québec veut rattraper son retard

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Cimetière de l'Hôpital-général, à Québec

Moderniser les règles pour mieux coller aux nouvelles pratiques, aux nouveaux rituels, tout en préservant la dignité des défunts : c’est le sens de la loi funéraire qui est en discussion à l’Assemblée du Québec. La précédente datait du début des années 70. Tous les aspects du travail des pompes funèbres est en cause.

Texte trop libéral ? Trop restrictif ? Trop avant-gardiste ? Déjà dépassé ? Les professionnels locaux de la mort discutent vivement autour de la conservation des corps, de la dispersion des cendres, des règles d’inhumation, des rites non conventionnels, de la gestion des cimetières, des limites à mettre. Eviter que cela parte dans tous les sens, le tout sur fond de possibles dérives commerciales.

Dans la Belle province aussi, le poids de l’Eglise est amoindri. Ici, la crémation représente 70% des décès. Comme le rapportait Le Devoir de Montréal début février, on voit aujourd’hui des urnes funéraires abandonnées, une tendance écologique forte, des dispersions de cendres dans des « endroits inappropriés » et des particuliers s’affranchir parfois des professionnels.

Dans ce projet de loi, la partie consacrée au devenir des cendres fait le plus polémique, avec en arrière-plan l’éventail de nouvelles pratiques. Celles-ci ne doivent pas constituer une nuisance, avance la loi, et la manière dont on procède doit respecter la dignité du défunt. Mais qu’est-ce qu’une nuisance et qu’est-ce qu’un affront à la dignité ? Le texte omet de le définir.

Il est vrai que des entreprises rivalisent d’imagination en matière d’urnes inhabituelles. En glaçon pour disperser dans un cours d’eau. En coton, ou biodégradable comportant une pousse d’arbre. Ce qui fait réagir l’Eglise et une partie des professionnels, pour qui un columbarium et un cimetière sont des endroits « plus appropriés ». Au Québec, une grande partie des cimetières sont contrôlés parles paroisses. L’Eglise refuserait-elle de s’adapter ?

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Une première version du texte, retirée depuis, exigeait même des « contenants rigides », écartant de fait des produits plus novateurs. Des sociologues s’invitent dans ce débat, spécifiant eux aussi que la place des morts doit être… avec les morts. Le deuil, expliquent-ils, ne doit pas être banalisé, gommé, dévoyé.

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