L’UPFP s’échoue au Rivage à Boulogne-sur-Mer

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Le Rivage, le crématorium du Boulonnais

Fin juin avait lieu le congrès de l’Union du Pôle Funéraire Public (UPFP), et ce qui s’y est raconté était très instructif. Édifiant, même, comme son compte-rendu dans la presse.

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Le Rivage, le crématorium du Boulonnais

Presse sur invitation

Funéraire Info n’y était pas, sous prétexte que nous n’y étions pas conviés. Ce n’est ni un traumatisme, ni une grosse surprise : notre publication n’est pas le journal préféré de l’UPFP, loin de là. Plus encore que l’attachement à la liberté de la presse du directeur de la publication, c’est le fait que le rédacteur en chef adjoint, votre serviteur, ait travaillé dans le public et dans le privé, et ne cesse de souligner les atouts de ce dernier secteur, qui semble déplaire.

L’UPFP n’est pas une association passive. Lorsque dans l’article consacré à ce congrès dans La Semaine Dans le Boulonnais, il est écrit « la fédération se bat pour faire comprendre l’importance de l’engagement des différentes collectivités locales et territoriales dans le domaine funéraire », il nous semble observer, au-delà de ces mots, un lobbysme intensif pour le retour à un monopole de fait.

Aussi, c’est cet article qui nous servira de mètre étalon pour faire un petit contrepoids à l’UPFP, puisque nous n’avons pas directement accès à l’information. Bien entendu, l’UPFP, comme tout un chacun, dispose d’un droit de réponse si elle le souhaite.

Le crématorium Le Rivage

Le choix du crématorium Le Rivage n’est pas un hasard, mais pas forcément pour les raisons évoquées. Son directeur, Patrick Gomel, met un point d’honneur à assurer un service exemplaire en toute transparence. Nous l’avions rencontré en début d’année et nous avions écrit quelques lignes à lire ou à relire en suivant ce lien. La première raison de ce choix me semble être qu’il faut être proche du pouvoir pour amplifier ses idées, en effet Frédéric Cuvillier est le Maire de Boulogne-sur-Mer, mais aussi Secrétaire d’Etat aux Transports, à la Mer et à la Pêche, vive le cumul des mandats quand le mot « éthique » est conjugué par l’UPFP dans toute les communications. La seconde raison c’est que ce crématorium qui avait eu quelques problèmes d’allumage au démarrage à cause d’un problème de four, résolu aujourd’hui, mais ayant entrainé une fermeture entre le 4 et le 25 novembre 2013, avait besoin de redorer son blason. La troisième raison est que ce crématorium illustre parfaitement la volonté du législateur dans le cadre de son « schéma régional des crématoriums » que nous pourrions caricaturer en « Sauvons Le Rivage » ou comment protéger des établissements sans doute un peu dispendieux face à une concurrence venant du privé…

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La crémation selon l’UPFP

Déjà, bondissons sur nos pieds et offusquons nous ensemble : lorsque le journaliste parle d’incinération, il eût été de bon aloi que l’UPFP lui rappelle que l’incinération est bonne pour les ordures ménagères. Pour les gens, lorsqu’on est bien élevé, on parlera de crémation. Péché véniel, certes, mais qui a son importance lorsqu’on se veut chantre du respect.

La fin de l’article, néanmoins, est un exemple de désinformation absolument scandaleuse : « La qualité de l’accueil est un aspect primordial pour les services funéraires publics » ; Oui, c’est normal : c’est le minimum syndical, qui est une évidence partout. Qu’essaie de dire l’UPFP ? Que le privé s’en fiche ? « Peu de gens le savent, mais ceux qui le souhaitent peuvent faire une cérémonie civile au crématorium et retourner ensuite au cimetière » est un problème qui ne se pose pas en tant que crématorium privé ou public : c’est un souci qu’il faut traiter au niveau des pompes funèbres, et force est de constater que les pompes funèbres privées ont une offre de cérémonies personnalisées conséquente.

Sous-entendus pernicieux et allusions sont bel et bien au rendez-vous.

L’argument du prix

C’est le dernier paragraphe, que nous reproduisons in extenso, qui nous a fait hésiter entre rire et pleurer « Autre aspect loin d’être négligeable, la différence de prix. À Saint-Martin, le coût total (traitement du dossier, cérémonie, recueillement, crémation) est de 687 euros, alors qu’il atteint souvent plusieurs milliers d’euros pour une inhumation. »

687 euros contre plusieurs milliers pour une inhumation. Oui, vous avez bien lu. 687 euros, tout compris, cercueil etc… ? Non, juste la taxe de crémation. C’est ce qu’on appelle un mensonge par omission. Un ENORME mensonge par omission.

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Vous le savez, je le sais, l’UPFP aussi le sait pertinemment, mais les familles ne le savent pas, et lorsqu’elles seront assises dans le bureau avec un commercial armé d’arguments tels que « Vous savez, nous sommes un service public, dans le privé, vous paierez beaucoup plus cher » (véridique), il sera trop tard.

L’argument du prix prend un coup dans l’aile, néanmoins, lorsqu’on le compare à la moyenne française : il est au tarif moyen, ni plus, ni moins.

Que Madame Loiodice fasse son travail en défendant le secteur public, rien de plus normal. Qu’elle dénigre le secteur privé l’est moins, surtout lorsqu’on compare l’état de nos services funéraires avec des pays ou le secteur public n’existe plus, et qui sont infiniment plus en pointe, ou que l’on rappelle les raisons qui ont poussé le gouvernement de l’époque à mettre fin au monopole. Il est peut être temps aujourd’hui de se demander s’il n’aurait pas fallu aller plus loin.

L’article original est ici

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