Marche républicaine, de Charles de Gaulle à Charlie Hebdo

1
556
La boucle est bouclées : commencée sur une marche, c’est une nouvelle marche qui dira au revoir à Charlie Hebdo tel que nous le connaissons.
De Charles à Charlie

L’histoire commence en novembre 1970. Le premier Novembre, un incendie dans une discothèque fait 146 morts. Le neuf novembre, le général de Gaulle meurt à son domicile, quelques mois après sa démission. Le 12 novembre 1970, un jour de deuil national avait été décrété en hommage au général de Gaulle, trois jours après sa mort.

François Cavanna, directeur de la publication de Hara-kiri, un mensuel de dessin satirique, demande à ses collègues du journal de réfléchir à un titre pour la mort du général. Suite à deux interdictions provisoires du titre, Cavanna a créé, l’année précédente, un second mensuel : Charlie. Hara-Kiri se décline depuis quelques mois en hebdo.

Dans l’équipe, Wolinski et Cabu, entre autres.

Hara-Kiri hebdo sort avec un titre qui fera date, et scandale : « Bal tragique à Colombey : 1 mort », imaginée par le Professeur Choron.

Trois jours après l’annonce de la mort de Charles de Gaulle, un jour de deuil national est décrété. Ce jour là, un demi million de parisiens remontent les Champs-Elysées pour déposer une fleur place de l’étoile, en hommage au Plus Grand Français de Tous Les Temps.

Le titre du journal satirique ne passe pas parmi la majorité de la population. Hara-kiri est alors interdit pour une période indéfinie. Pas dégonflé, Cavanna décide de se rabattre sur son plan B, et sort, la semaine suivante, le premier numéro de Charlie Hebdo, avec pour slogan « Charlie, l’Hebdo qui profite du malheur des autres ».

Lire aussi :  AdVitam, comment se faire rembourser les frais d’obsèques ?

On passera sur les avanies qui pleuvront sur les deux titres, Hara-Kiri disparaissant et reparaissant au gré de leurs avanies financières.

De Charlie à Charlie

L’histoire ne se finit pas le 7 janvier 2015. Ce jour là, deux hommes vêtus de noir et lourdement armés entrent dans le siège du journal Charlie Hebdo à Paris et y ouvrent le feu à la kalachnikov, tuant douze personnes dont deux policiers, et blessant grièvement au moins quatre personnes selon le parquet de Paris, ce qui constitue le bilan le plus meurtrier d’un attentat depuis au moins quarante ans en France. Cette attaque est désignée comme un « attentat terroriste » par le président de la République François Hollande.

Parmi les victimes se trouvent les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski et l’économiste Bernard Maris, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, Michel Renaud, invité de la rédaction, le correcteur Mustapha Ourad ainsi que deux policiers, Ahmed Merabet et Franck Brinsolaro, qui était chargé de la protection de Charb, et un agent de maintenance, Frédéric Boisseau.

Le lendemain, les « survivants » de Charlie hebdo, comme ils se surnomment eux-même, annoncent que le journal paraîtra la semaine suivante. Il pourrait titrer : « Balles tragiques à Charlie Hebdo : 12 morts ». Ca ferait marrer Cavanna, Wolinski et Cabu.

Dimanche aura lieu une marche républicaine et silencieuse à Paris, et samedi dans de nombreuses villes françaises, en mémoire des morts de Charlie hebdo, alors qu’un deuil national a été décrété.

Comme un écho de l’histoire, après que les Français aient marché, il y a 45 ans, pour la mémoire de celui qui avait incarné la résistance contre l’ennemi d’hier, ils marcheront pour ses détracteurs, eux aussi morts, qui incarnent désormais la résistance à l’ennemi d’aujourd’hui.

Lire aussi :  Bernier Probis vient d’acquérir F.A.M.A. en région parisienne

De Charles à Charlie : la boucle est bouclée.

Guillaume Bailly

charly Marche républicaine, de Charles de Gaulle à Charlie Hebdo

1 commentaire

  1. Une semaine après la mort de jean-marc Reiser, ils avaient titré, avec un dessin d’un cercueil debout ayant des pieds qui dépassent : Reiser va mieux, il est allé au cimetière à pied…
    Il y a toujours eu cette culture de l’humour noir, toujours pour le même Reiser, le jour de la cérémonie il y avait une couronne au pied de la bière avec un ruban : Offert par Hara Kiri, en vente tous les jeudis 10Frs…
    C’est morts là, comme celle du général, étaient naturelles, là, c’est la folie de l’intégrisme qui a parlé…

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.